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MANO NEGRA - King Of Bongo (1991)
Par JOVIAL le 5 Septembre 2010          Consultée 2388 fois

Après l’excellent Puta’s Fever, le succès de la MANO NEGRA va grandissant. Si le groupe est depuis longtemps une référence en France, il commence également à se faire un nom aux Pays-Bas, en Belgique et en Suisse. L’Angleterre reste assez distante, surtout après la désastreuse tournée en première partie d’Iggy Pop. La tournée française étant sans cesse rallongée, aucun disque ne sortira en 1990, et il faudra attendre l’année suivante pour voir la MANO NEGRA accoucher d’un nouvel album plus qu’attendu, King of Bongo.

Encore une fois, la bande à CHAO nous sert un véritable melting-pot, peut-être encore plus poussé que sur les albums précédents. Étrangement, c’est également l’album le plus homogène du groupe, aucun morceau n’a la prétention d’être meilleur qu’un autre, mis à part les hits « Out of Time Man » et « King of Bongo », qui s’intègrent cependant très bien à l’œuvre. La production a été très soignée, les compositions aussi, mais au dépend d’une certaine spontanéité dont les musiciens faisaient preuve auparavant. Leur musique ne s’est pas pour autant assagie, et King of Bongo démarre sur les chapeaux de roue avec « Bring the Fire », épique morceau reggae/rock, qu’enfonce un chant brûlant et une basse bourdonnante. « The Fool », chanson quasiment jumelle du point de vue composition, reprend plus tard le même chemin, cependant de façon plus décontractée, plus posée. La MANO NEGRA reprend d’ailleurs plusieurs fois cette initiative de calmer le jeu dans ses morceaux, en particulier avec « Don’t Want You No More », petit rock tranquille que seuls les refrains viennent pimenter, et bien entendu avec « Out of Time Man », où l’émotion est au rendez-vous. Mais la quintessence se trouve dans « Le Bruit du Frigo », la perle méconnue de l’album, sorte de valse moderne, d’une mélancolie pesante.

Le sommet artistique de la MANO NEGRA reste indubitablement le morceau éponyme. Mélange de punk-rock, de reggae et de musique africaine, d’une saveur inégalée dans la carrière du groupe, elle reste une des meilleures chansons que le groupe ait écrite. Il est certain que le groupe l’a longuement mûri, tant sa composition est réussie. Au départ, rien de très compliqué : guitare, basse et claviers suivent le même schéma, imposant un groove magistral, qui vient compléter le chant et un ensemble de percussions, apportant à lui seul l’aspect ethnique du morceau, fantastique de bout en bout. La MANO NEGRA continue ses explorations stylistiques : salsa (« El Jako »), ska (It’s my Heart »), punk-rock énervé (« Welcome in Occident », « Mad Man‘s Dead »), folie furieuse (« Furious Fiesta) hard rock (« Letter to the Censors ») ou encore java urbaine (« Mme Oscar »). Et comme à son habitude, le groupe termine son œuvre par un morceau complètement inattendu, « Paris la Nuit », reprise de la fameuse « Ronde de Nuit » du 1er album, accommodée pour l’occasion à la sauce bal musette.

Si King of Bongo a été très soigné du point de vue musical, il l’est tout autant au niveau des textes. Finies les paroles parfois naïves des albums précédents, Manu CHAO a réellement gagné en maturité. On retiendra notamment la gravité « Bruit du Frigo » ou au contraire l’humour de « Mme Oscar », la poésie moderne de « Out of Time Man » ou le court pamphlet « Welcome to the Occident ».

Je ne donnerai cependant pas la note maximale à cet album. La raison en est simple, je déplore le fait que le groupe ait délaissé cette spontanéité dont j’avais parlé plus haut. J’appréciais énormément ces compositions enflammées, d’une rare énergie. Ici, la MANO NEGRA a choisi de prendre son temps dans l’écriture, de contenir ses envies. L’album paraît cependant bien moins bordélique. L’album idéal serait-il donc un compromis entre Puta’s Fever et cet album ? Difficile à dire, surtout que le groupe n’a pas trop dû se poser la question en composant l’affreux « Casa Babylon » trois ans plus tard. En tous les cas, King of Bongo reste l’album le plus abouti de la MANO NEGRA, qui aura une fois de plus réussie à écrire un très bon album, surprenant et splendide.

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- Manu Chao Dit Oscar Tramor (chant/guitare/accordéon/claviers)
- Antoine Chao Dit Tonio Del Borno (trompette/chant)
- Santiago 'el Aguila' Casariego (batterie/chant)
- Daniel Jamet Dit Roger Cageot (guitare/chant/kazoo)
- Philippe Teboul Dit Garbancito (percussions/chant/guitare)
- Jo Dahan (basse/chant/synthé/guitare)
- Thomas Darnal Dit Helmut Krumar (claviers/chant/guitare/triangle)
- Anouk Khelifa Dit Mme Oscar (chant)


1. Bring The Fire
2. King Of Bongo
3. Don't Want You No More
4. Le Bruit Du Frigo
5. Letter To The Censors
6. El Jako
7. It's My Heart
8. Mad Man's Dead
9. Out Of Time Man
10. Mme Oscar
11. Welcome To The Occident
12. Furious Fiesta
13. The Fool
14. Paris La Nuit



             



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