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- Membre : Oysterband
- Style + Membre : Seth Lakeman

John JONES - Rising Road (2010)
Par GEGERS le 2 Août 2010          Consultée 1169 fois

Le chien est, dit-on, le meilleur ami de l'homme. Fidèle, joueur, il est le compagnon idéal pour combattre la solitude et l'anxiété. Le mien est, en plus, mélomane. Quelques notes de black metal, et le voici transformé en molosse sanguinolent, la bave pointant aux commissures des babines et le regard inquiétant. Un peu de jazz, et le le voilà cerbère tranquille, un cigare collé dans le museau et un verre de mon meilleur whisky écossais bien calé entre ses deux pattes avant. Du punk rock celtique, et voilà le cabot devenir clébard, dodelinant de la caboche et hurlant à la mort dans un beuglement enroué qu'un interprète canin traduirait certainement par « Guinness is good for you » (oui, mon clebs se fait un peu lourdaud en état d'ébriété...). Il reste néanmoins un indicateur extrêmement fiable de la qualité ou de l'indigence des albums que j'insère dans mon mange disque.

Ainsi, c'est avec une certaine fébrilité que j'ai soumis mon chien à l'écoute de ce premier album solo de John JONES. Non pas que la bête ne connaisse pas la voix du bonhomme, l'artiste tenant depuis plus de trente ans le micro au sein du formidable groupe de folk rock britannique Oysterband. Mais s'il se décide aujourd'hui à sortir un album solo, c'est sans doute pour nous proposer des compositions différentes de celles proposées régulièrement par son groupe. C'est donc main dans la patte que nous avons attentivement écouté les 12 titres de ce Rising Road. Le clébard a d'abord fait le dos rond, surpris par un premier titre lent et solennel (« Let Me Fall »), dépouillé de toute instrumentation et permettant à John JONES de présenter une démonstration vocale à la fois puissante et toute en nuances. Claire et grave, la voix de l'artiste prend ici une dimension nouvelle, rappelant par certains instants Sting lorsqu'il était encore en forme.

M'attendant à ce que la bête à poils mette en pièce tout ce qui pourrait passer à portée de ses crocs, quelle ne fut pas ma stupeur de la voir faire oreilles basses, puis commencer à battre à l'aide de sa queue le rythme sur « Polly on the Shore » traditionnel britannique repris notamment par les Fairport Convention, transfiguré ici par la présence d'imposantes harmonies vocales et de quelques percussions en guise d'instruments. Il devenait de plus en plus clair que ce Rising Road allait être un terrain de jeu pour la voix de John JONES, une cour de récréation permettant à l'artiste de démontrer ses talents exceptionnels de vocaliste dans un contexte folk intimiste et moins rock que celui des albums d'Oysterband.

Et lorsque débute « Walking Through Ithonside », deuxième des quatre titres originaux qui composent l'opus, le molosse commence à tourner dans sa couche puis à se coucher, l'œil satisfait. Il faut dire que la bestiole a bon goût. Rappelant les ambiances distillées par Eddie Vedder sur la Bande Originale du formidable film Into the Wild, le titre développe une atmosphère grandiloquente et organique, illustrant parfaitement la pochette champêtre de l'album et permettant à John JONES de démontrer l'étendue de son coffre et de son panel vocal. Au contraire de « Rocks of Bawn », ballade antimilitariste intimiste et invitant à la méditation, sur laquelle les ronflements satisfaits du clebs se font de plus en plus imposants.

Le reste de l'album répète ces ambiances, mais l'ennui reste étranger à l'écoute, grâce aux interventions successives d'un piano (la magnifique ballade « Litten Tree », « Newlyn Town »), d'un violon (« One Morning in the Spring », « Fire Marengo » et ses chœurs virils) ainsi que d'une harpe celtique (« One Night as I Lay on My Bed ») permettant au chien-chien de rester éveillé, l'œil hagard de satisfaction. Rien de véritablement transcendant, se dit-il sans doute, mais voici un artiste complet, qui parvient à maintenir l'intérêt de l'auditeur tout au long de l'opus, chose rare en ces temps où l'indigence musicale se fait la règle.

Et lorsque l'opus se termine, c'est avec un aboiement sec et plaintif que le clébard, visiblement émoustillé par une écoute captivante, soumet l'envie de repartir pour un tour. Et alors que les notes de « Let me Fall » résonnent à nouveau dans les enceintes, le constat s'impose de lui-même : c'est désormais du nom de Didier, rottweiler de 18 mois, que seront signées mes prochaines chroniques. Un flair infaillible, vous dis-je !

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   GEGERS

 
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- John Jones (chant)
- Seth Lakeman (guitare, violon)
- Benji Kirkpatrick (guitare, mandoline, bouzouki, piano)
- Ian Kearey (banjo)
- Sophie Walsh (harpe)
- Dil Davies (batterie, percussions)
- François Deville (steel guitar)
- Alan Prosser (guitare)


1. Let Me Fall
2. Polly On The Shore
3. Walking Through Ithonside
4. Rocks Of Bawn
5. Litten Tree
6. Searching For Lambs
7. One Morning In The Spring
8. Henry Martin
9. Fire Marengo
10. One Night As I Lay On My Bed
11. Boy In The Window
12. Newlyn Town



             



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