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POST-ROCK  |  STUDIO

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- Style : The Mount Fuji Doomjazz Corp.
- Membre : A Silver Mt. Zion

GODSPEED YOU ! BLACK EMPEROR - Yanqui U.x.o. (2002)
Par SEIJITSU le 18 Mars 2011          Consultée 1836 fois

« - Hey Seijitsu ! Pourquoi, tu insiste tant à chroniquer le dernier album de GY!BE ? C’est leur moins bon. Et puis leur meilleur album est déjà sur Force Parallèle.
- Parce que je ne suis pas un mouton de Pitchfork, prêt à coller la note maximale au premier album venu sous prétexte qu’il y a un buzz dessus. Alors qu’il vient tout de juste de sortir il y a deux jours »

Je caricature au maximum mes propos, mais Yanqui U.X.O. est pourtant considéré comme le moins bon album des canadiens. Pourquoi ? Alors là, c’est un mystère pour moi.
Les changements restent inexistants sur cet album qui nous expose encore une fois un post rock fonctionnant sur des mouvements s’emboîtant les uns aux autres. Les instruments à cordes apportent toujours une dimension tragique à l’ensemble sans pour autant verser dans le larmoyant. C’est ce que je redoute principalement dans le genre.
L’arrivé de Steve Albini à la production reste surprenante, car c’est surtout le genre de producteur plus apte à capter l’énergie noisy d’un MOGWAI (des débuts évidemment) qu’un groupe tel que GY!BE. Plus contemplatif, et finalement assez peu doué lorsqu’il s’agit de s’aventurer sur le terrain des dissonances sonores, comme on a pu le constater sur leur précédent album.
Pourtant la présence de Albini se remarque à peine, ou du moins, il évite à tout prix de transformer le collectif en une entité bruyante et horriblement grinçante.

Néanmoins, si la musique reste globalement la même, quelques petites différences empêchent les canadiens de nous offrir un clone de leurs disques précédents.
La première chose que l’on remarque aisément est la disparition pure et simple des samples. Beaucoup s’en retrouveront attristés et c’est pourtant la meilleure idée qu’ils aient eue. Si ces derniers étaient terriblement bien choisis et utilisé sur F♯A♯∞, je ne peux en dire autant sur leur album le plus reconnu.
On regrettera malheureusement aussi l’importance amoindrie des nombreux passages ambient qui apportait une dimension intimiste encore plus importante à leurs œuvres. Surtout qu’il s’agit d’un des points forts du groupe, alors qu’on se focalise principalement sur leurs montées en puissance et leurs explosions instrumentales, ils n’ont jamais été aussi doués que lorsqu’il s’agissait de s’aventurer dans le minimaliste de l’ambient.

Certains artistes gagnent à épurer leur langages, c’est le cas de GY!BE. La musique devient plus légère qu’auparavant et souffre moins d’incohérence entre les différents genres visités. La ligne directrice devient plus claire et souffre beaucoup moins de longueurs injustifiées.
Nos amis s’appuient désormais sur des riffs marquants et se révèlent d’une efficacité grandiose. « Rockets Fall on Rocket Falls » enchaîne dès ses premières minutes en longue montée en puissance pour finalement exploser avant la première moitié du morceau. On pourrait croire que le reste du titre sera ennuyeux et le groupe nous surprend encore une fois avec un long passage plein de tension. Les cordes sont frappées avec rage, la trompette sonne au lointain. Les guitares grésillent avant de finalement exploser une seconde fois de manière impériale. Le schéma ne se sera pas répété de la même façon et évite donc la monotonie qui régnait sur Lift Your Skinny Fists Like Antennas to Heaven.
« Motherfucker=Redeemer » fait elle aussi partie des plus grands moment du disque (et du post-rock). Les riffs sont à nouveau aiguisés et les dissonances autrefois ridicules et grossières sont cette fois exploitées de manière plus musicale et rendent la musique plus… Epique!
Oui, GY!BE n’aura jamais autant sonné épique que sur cet album. Les riffs sont souvent excellents. Héroïques parfois mélancoliques, une certaine beauté se dégageant de l’ensemble. Un peu comme s’ils avaient décidé d’injecter plus d’émotion dans leur musique, alors que leur précédent album jouait la carte de la surenchère, quitte à paraître ridicule.

Ce dernier album avant le split inéluctable, reste le disque le plus lumineux de leur carrière malgré le propos pessimiste qui se cache derrière cette pochette. En effet, la troupe canadienne tiens à nous montrer les différentes ficelles reliant l’industrie de l’armement et musicale avec un schéma l’illustrant et visible sur le livret du disque. Effrayant…
Et si le post-rock n’était justement pas ça ? Une musique dépressive et planante cherchant à éloigner ses auditeurs de la dure réalité tout en les mettant face à ses propres démons ?
Si il s’agit bien de cet objectif, alors il est atteint. Le sommet de leur carrière est ici et ils réussissent à tirer le maximum de leur style en mariant minimalisme et furie rock.

Le groupe se perdra ensuite dans une multitude de projets beaucoup moins intéressants que ce qui fut accompli ici. Le post-rock atteint son point zéro au début des années 2000, et cela se vérifiera avec les autres grands noms du genre. Sur le déclin ou tout simplement disparus de la circulation.

Préparez-vous pour ce grand voyage, car si cette bande reste surestimée par beaucoup, elle fut malgré tout un des meilleurs représentants du genre. Leur premier album au titre mystérieux égalise dans mon cœur ce disque, mais celui-ci reste néanmoins leur bijou. A connaître absolument pour tout ceux qui s’intéressent à ce courant.

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   SEIJITSU

 
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- Thierry Amar (basse)
- David Bryant (guitare)
- Bruce Cawdron (batterie)
- Aidan Girt (batterie)
- Norsola Johnson (violoncelle)
- Efrim Menuck (guitare)
- Mauro Pezzente (basse)
- Roger Tellier-craig (guitare)
- Sophie Trudeau (violon)
- Josh Abrams (contrebasse, invité)
- Geof Bradfield (clarinette basse, invité)
- Rob Mazurek (trompette, invité)
- Matana Roberts (clarinette, invité)


1. 09-15-00
2. 09-15-00 (cont.)
3. Rockets Fall On Rocket Falls
4. Motherfucker=redeemer
5. Motherfucker=redeemer (cont.)



             



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