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- Membre : Chet Atkins & Tommy Emmanuel

Tommy EMMANUEL - Little By Little (2010)
Par ERWIN le 7 Janvier 2011          Consultée 1478 fois

C’est la fête, un nouvel album du virtuose australien est forcément une joie. D’autant que ce n’est pas une galette mais deux qui vous tendent les bras dans ce package inodore. Mais ne vous y trompez pas car l’opus est gorgé de pépites. Ma foi, c’est un sacerdoce d’aimer Tommy Emmanuel. Je l’ai vu en mars dernier en concert à Marseille, et il m’a bien fallu deux ou trois mois pour oser ré-aborder une guitare après la performance extraterrestre à laquelle j‘ai assisté.

24 titres composent un album plus « open minded » que d’ordinaire. D’emblée, on constate qu’il y a plusieurs titres chantés. En particulier, nous avons là la présence de la fabuleuse « Moon river » par HENRY MANCINI que Tommy reprend en live depuis des années. Il lui fallait un écrin de choix, c’est fait. La version instrumentale est surprenante, c’est d’ailleurs la première fois que je l’entends ainsi, de quoi choquer les puristes, mais rien d’étonnant quand on connait l’animal. Très smooth, avec une quasi identité sud américaine, et un solo de basse presque incongru. La version chantée est en revanche plus classique.

« Locomotivation » renoue avec les trademarks du grand finger picker, la difficulté est présente dans tous les aspects techniques du titre, mais ne gâche en rien son éxtrème mélodicité. Attention, ceci doit plaire à tout le monde, c’est de la vraie « world music » pas ramenarde pour un sou, avec toujours ce zeste d’amusement qui branche l’auditeur, on ne sait pourquoi… Tommy est un entertainer, la preuve!
L’identité plus traditionnelle de « The Jolly Swagman » nous renvoie aux influences celtiques du bonhomme, avec bonheur. Et quel toucher sur les portions calmes ou « Waltzing Mathilda » résonne comme dans une lande écossaise… « The Welch Tornado » est une autre excuse pour un thème à tendance galloise cette fois, et des bridges rythmiques d‘une difficulté hallucinante, ça a pourtant « l’air » facile. Avec « Half way home », c’est l’influence de son maitre Chet Atkins qui s’exprime, nette et sans ornementation particulière. Chet qu’on retrouve ensuite sur « Smokey Mountain Lullabye », une de ses compositions. Tommy aura toujours à cœur d’honorer la mémoire de son mentor et ami. J’apprécie aussi particulièrement la course enlevée qu’est « The Fingerlakes », alors que la ballade « He’s Not Heavy, He’s My Brother » est un thème plus tranquille, qui fait la part belle à l’émotion.

Un autre aspect de l’aussie est sa propension toute personnelle à mettre en musique des endroits : aujourd’hui, il nous propose la ville sainte avec « Tears for Jérusalem », point n’est besoin de paroles pour stigmatiser l’étendue du désastre, la gratte du prodige le fera mieux que tous les discours du monde. Sa passion pour l’Afrique rejaillit sur « Haba na haba », j’y suis moins sensible, mais c’est tribal et joli, la version chantée à la gloire du seringeti me semble cependant déplacée dans un tel espace.
Puis il se lance dans des descriptions évocatrices sur la mignonne « Mountains of Illinois » puis sur la surprenante « The Tennessee Waltz », l‘état de Davy Crockett n‘est que peu propice aux valses, même lentes, et pourtant c‘est toujours la même réussite.

« Mighty mouse » est forcément une ode à sa guitare préférée, la Maton prénommée « souris », compagne des jours de gloire, cassée, sur-utilisée, déformée, mutilée, maltraitée presque par son possesseur -on se souvient des improbables séances de percussions sur le bois de cette guitare durant « initiation », énorme titre à la complexité dévorante-.
La magnifique « Ruby’s eyes » apporte ensuite une touche de sérénité féminine, sans aucun doute le morceau le plus abouti de l’album, ce qui n’est pas peu dire. Nul besoin d’en rajouter, je vous invite simplement à son écoute. Mais que il est aussi triste de savoir qu’on ne sera jamais capable d’effleurer sa guitare de manière si subtile, si raffinée… Pardonne-moi d’être si médiocre, chère compagne de tant d’années.

« Jack Magic » sonne plus agressive, comme un petit bluegrass à tendance jazzy- je sais c’est n’importe quoi, c’est à y perdre son latin- qu’il aurait emprunté au répertoire de STEVE MORSE, ce toucher me rend fou. Avec « Papa Georges » on aborde des thèmes tantôt manouches, tantôt traditionnels, ah ces petits coups de patte rythmiques, c’est à mourir d’admiration. Sur « Countryride », les aspects métronomiques et la virtuosité ne sont pas les moindres qualités à rajouter à l’ensemble des éléments qui font de TOMMY EMMANUEL le plus grand guitariste de ce monde -à mon humble avis-.
« Willie’s shades » est chantée, on croirait CALVIN RUSSEL, mais il s’agit d’une autre voix alcoolisée : en l’occurrence celle de Anthony Snape.
Il nous refait le coup de "Guitar boogie", comme lors de toutes ses prestations, en la rendant inexpugnable, je vous encourage pas à la refaire ainsi, sous peine de devoir racheter un jeu complet de cordes après cette folie…
Enfin « The Trails » achève ce skeud monumental, avec son ton désertique et enfiévré. Ecoutez ce bridge, c’est beau, tout simplement.

La dernière œuvre en date de l’australien TOMMY EMMANUEL est à la hauteur de sa légende. Il n’en fait jamais trop, n’oublie aucune de ses influences et ne nous trompe à aucun moment sur la marchandise. Malgré une poignée de titres légèrement moins forts, l’opus est tellement blindé que seule la note maximale peut lui être attribuée.

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   ERWIN

 
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- cd 1
1. Half Way Home
2. The Jolly Swagman
3. Locomotivation
4. Haba Na Haba
5. Tears For Jérusalem
6. Waiting For A Plane
7. The Fingerlakes
8. The Welch Tornado
9. He Ain’t Heavy He’s My Brother
10. Mighty House
11. Ruby’s Eyes
12. Moon River
- cd 2
13. Jack Magic
14. Papa Georges
15. Haba Na Haba
16. Tapestry
17. Mountains Of Illinois
18. The Tennessee Waltz
19. Countrywide
20. Moon River
21. Willie’s Shade
22. Smokey Mountain Lullabye
23. Guitar Boogie
24. The Trails



             



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