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BEASTIE BOYS - Check Your Head (1992)
Par SASKATCHEWAN le 4 Avril 2011          Consultée 1853 fois

Qui n’a jamais rêvé d’être un chimpanzé ? Je me plais parfois, quand l’horizon est sombre, à me représenter les plaisirs d’une existence simiesque. C’est un monde merveilleux où la chasse à la banane et la fornication tiennent lieu de déclaration d’impôt et de pause-café. On se balade dans la jungle en émettant quelques « ouh ouh ouh » approbateurs de temps en temps. On grimpe aux arbres, on grimace, on défèque sur des feuilles grandes comme soi-même et douces comme un vieux chiffon. Et surtout, surtout, on passe son temps à écouter les BEASTIE BOYS.

Parce que, oui, les chimpanzés aiment les BEASTIE BOYS. Des scientifiques allemands ont démontré qu’il suffisait de jouer la mélodie de « Brass Monkey » au kazoo pour provoquer l’extase chez le singe. Combien de fois a-t-on aperçu de petits macaques caquetants se glisser entre les mailles de la sécurité pendant un concert du groupe ? Il faut voir un primate se faire entraîner de force par des vigiles, il y a là matière à poésie. Après cela, il y en a encore qui viennent vous dire que Check Your Head est un album raté. Non. Allez donc faire un tour dans les forêts d’Afrique ! Les chimpanzés s’y trémoussent encore au son de « Pass the Mic » et « So watcha Want ».

Les singes l’ont bien compris : Check Your Head est comme une annonce d’Ill Communication. Ill Communication est génial, donc Check Your Head, en quelque sorte, annonce le génie. Peut-on être mauvais en annonçant le génie ? Non. Un cheval bon marché est-il cher ? Oui. Check Your Head est un bon album, mois bon qu’Ill Communication, mais un album honnête quand même… ça vous fera 10€.
En fait Check Your Head, c’est comme un laboratoire. AD-ROCK, MCA et MIKE D y expérimentent un peu dans tous les sens, et quand on sait à quel point ces trois-là sont de grands malades, on voit jusqu’où cela peut nous mener. On raconte même qu’un chimpanzé du zoo de Maubeuge a perdu l’esprit après avoir écouté l’album. On le comprend.

Les BEASTIE BOYS commencent d’abord par rassurer les plus conservateurs d’entre nous. Je ne dis pas que les inconditionnels de chants liturgiques y trouveront leur compte, mais il y a fort à parier que ceux qui ne peuvent pas sentir le rap lui trouve soudain comme une odeur de sainteté. Nos trois larrons ont en effet décidé de reprendre leurs instruments et de compléter leur art du sample par quelques bœufs chaotiques. Funk, hip-hop, rock, hardcore, les genres se mêlent et se renversent à chaque morceau. La gouaille légendaire du trio est là et bien là ; l’effet chant-mégaphone, parfois utilisé avec excès, a au moins le mérite de rendre l’album vivant. On ajoute quelques références américaines de-ci de-là (Jimi HENDRIX sur « Mark on the Bus », Bob DYLAN sur « Finger Licking Good » et Ted NUGENT sur « The Biz vs. The Nuge »), pour montrer qu’on sait de quoi on parle.

Certains morceaux sont franchement excellents, et mériteraient d’être plus connus. C’est le cas de « Gratitude », avec une basse démentielle et un retour percutant aux racines des BEASTIE BOYS, accompagnés de quelques grigris à la guitare pas désagréables. Au rayon des bandes sons d’émeutes, un titre comme « Time for Livin’ » n’a rien à envier à « Sabotage ». Le trio new-yorkais démontre une fois de plus que hip-hop peut (doit) être synonyme de richesse, comme sur « Finger Licking Good », « Pass the Mic » et « Jimmy James », avec du scratch en veux-tu en voilà.
Les morceaux instrumentaux ou quasi ne sont pas en reste. « Lighten Up » redéfinit le son des BEASTIE BOYS pour la décennie à venir : le funk est omniprésent et Mark NISHITA aux claviers montre qu’il est plus qu’un simple invité (ce que l’on a un peu tendance à oublier parfois).

Le gros défaut de Check Your Head, c’est sa principale qualité. L’album part dans tous les sens, d’accord, mais parfois le tout manque cruellement de cohérence. On saute d’une influence à l’autre sans transition, comme si le groupe avait décidé de faire enfler sa musique jusqu’à l’éclatement. Et celui-ci n’est pas loin de se produire. En plus, la profusion des morceaux (une vingtaine) fatigue un peu sur la longueur. Malgré tout, on a quand même affaire à un très bon album. Il faudra néanmoins attendre Ill Communication pour que ce joyeux bordel sonore trouve sa plus juste expression. Pour patienter, mangez une banane.

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   SASKATCHEWAN

 
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- Adam 'ad-rock' Horovitz (guitare, rap)
- Adam 'mca' Yauch (basse, rap)
- Michael 'mike D' Diamond (batterie, rap)
- Mark Ramos Nishita (claviers)


1. Jimmy James
2. Funky Boss
3. Pass The Mic
4. Gratitude
5. Lighten Up
6. Finger Lickin' Good
7. So Wat'cha Want
8. The Biz Vs. The Nuge
9. Time For Livin'
10. Something's Got To Give
11. The Blue Num
12. Stand Together
13. Pow
14. The Maestro
15. Grrove Holmes
16. Live At P.j.'s
17. Mark On The Bus
18. Professor Booty
19. In 3's
20. Namasté



             



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