Recherche avancée       Liste groupes



      
KRAUTROCK/AMBIENT  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

- Style : Beak>, Minami Deutsch, Föllakzoid, Agitation Free, Camera
- Membre : Faust, Kraftwerk, La Düsseldorf, Harmonia
- Style + Membre : Guru Guru, Thomas Dinger , Klaus Dinger

NEU! - Neu! (1971)
Par JOVIAL le 16 Avril 2011          Consultée 2300 fois

1970, un petit groupe de musique électronique originaire de Düsseldorf, Kraftwerk, sort son premier album. Sa musique, très avant-gardiste et encore très expérimentale, ne rencontre alors qu'un succès mitigé, mais suffisant pour attirer l'attention de musiciens en quête de nouvelles sonorités, moins cloisonnées que celles du hard rock naissant et de la pop music en perte de vitesse. Parmi eux, le batteur Klaus Dinger, qui participe d'ailleurs à l'enregistrement du premier Kraftwerk, et le guitariste Michael Rother, recruté peu de temps après l'arrivée du premier. Nos deux musiciens ne tardent pas à sympathiser, et participent ensemble à quelques concerts du groupe allemand. Après l'échec de l'enregistrement d'un second album, dû à « une différence de tempéraments » selon Michael Rother, ce dernier et Klaus Dinger quittent Kraftwerk, et fondent leur propre projet, Neu! (« nouveau, neuf » en allemand). Un premier album est, selon la légende, enregistré en à peine 4 nuits de travail intensif, au studio du fameux producteur de krautrock, Conny Plank.

Certains disques portent la mention « Explicit Content », Neu! devrait porter celui de « Masterpiece Content ». Je ne me cacherai pas longtemps, ce disque est tout simplement à ranger aux côtés des Tago Mago et des Yeti, et peut prétendre sans aucun complexe à une place sur le podium des meilleurs disques de krautrock, voire de musique expérimentale jamais écrits. La performance est réelle, puisque le groupe inscrit lui-même sa musique au panthéon des musiques expérimentale, électronique, ambient et préfigure par certains aspects la musique industrielle.

Le disque en lui-même est de très haute volée. La mythique « Hallogallo » ouvre les hostilités : motorik entêtant, guitares planantes et enivrantes s'entremêlent pour un résultat incroyable. Très terre-à-terre, voire presque brutal dans ses rythmiques, mais du reste très atmosphérique dans ses sonorités, le morceau propose un contraste particulièrement saisissant, pour ensuite s'engouffrer dans la veine, pour le coup très aérienne, de « Sonderangebot ». Aussi minimaliste qu'inquiétant, il s'agit sans doute d'un des morceaux les plus étranges de Neu!, si ce n'est des plus dérangeants. L'ambiance est inhumaine de début jusqu'à la fin, jusqu'à un terrifiant râle mécanique, qui achève aussi bien le morceau que celui qui l'écoute. Le traumatisme est rapidement effacé par l'apaisant « Weißensee », d'un psychédélisme nonchalant sur lequel on se détend rapidement, porté par de douces effluves électriques, habilement construites par Michael Rother à la guitare. Neu! délaisse le krautrock des premiers moments de l'album pour une musique plus douce, tournant nettement la tête vers un ambient voulu et affirmé. « Im Glück » poursuit d'ailleurs dans la même voie, où l'auditeur, assis sur une barque délabrée, explore les rives calmes et glacées d'une mer imaginaire. Michael Rother y appose des sonorités très « organiques », bien loin de l'électronique froid que Kraftwerk pouvait pratiquer à la même époque.

Sans préavis, Neu! nous prend au dépourvu avec « Negativland », où un marteau-piqueur en guise de réveil nous emmène désormais dans les rues puantes et malsaines d'une ville industrielle de la Ruhr. Sans doute le meilleur morceau de l'album, il frappe par ses brusques changements d'humeurs, passant subitement de la nonchalance à une urgence folle et maladive. Neu! termine enfin une ballade névrosée, « Lieber Honig », très simple, presque humble, où pour la première fois un chant se fait entendre. Assez émouvante pour ma part, elle clot en beauté et en douceur ce remarquable album.

Pour un premier album, Neu! impressionne d'emblée. Des deux autres oeuvres (ou trois, si l'on compte Neu!'86), il s'agit sans aucun doute de la plus géniale. Pas forcément le plus aboutie dans les termes, mais sa qualité reste indiscutable. Neu ! est un disque intemporel, qui fait bon de réécouter de temps à autre, auquel d'ailleurs j'accroche toujours autant depuis la première écoute.

A lire aussi en MUSIQUE ELECTRONIQUE par JOVIAL :


TANGERINE DREAM
White Eagle (1982)
Aller simple pour l'espace

(+ 2 kros-express)



SILVER APPLES
Silver Apples (1968)
Le cauchemar du Flower Power


Marquez et partagez





 
   JOVIAL

 
   WALTERSMOKE

 
   (2 chroniques)



- Michael Rother (guitare/basse)
- Klaus Dinger (batterie/guitare/banjo japonais)


1. Hallogallo
2. Sonderangebot
3. Weißensee
4. Im Glück
5. Negativland
6. Lieber Honig



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod