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JOY DIVISION - Unknown Pleasures (1979)
Par ONCLE VIANDE le 6 Décembre 2009          Consultée 3923 fois

En 1977, rien ne distingue WARSAW des formations nées de l'euphorie punk. L’EP An ideal for living montre un jeune groupe se plier aux canons du moment, sans élément significatif permettant de lui prédire ce son, encore moins cet avenir. En moins de deux ans, le groupe rebaptisé JOY DIVISION a changé sa rage en désolation, maté sa fraîcheur et créé une musique essentielle qui influencera des générations de musiciens.

La batterie est propulsée au premier plan. Les caisses grasses de l’époque prennent chez eux un sens cardiaque dont Steve Morris usera judicieusement. La basse de Peter Hook devient lourde et imprime cette inertie caractéristique, surtout sur ce premier disque. Bernard Albrecht est l’élément dynamique du groupe et développe un jeu varié, économique et efficace (le solo de « Shadowplay »), mais c’est surtout la voix de Ian Curtis qui a changé. On dirait qu’il a vieilli de trente ans. Son timbre n’a plus d’âge ; profond, fermé, chaud et rond, à la fois solennel et fatigué. Il ne chante plus, il habite la musique.

Ce premier album est souvent le plus apprécié en raison de son tempérament rock et de la rareté des claviers. Homogène, pour ne pas dire monolithique, il extrait dix pièces d’un minerai sans lumière dont les quelques sons ajoutés ne parviennent pas à masquer la provenance. Le disque baigne dans une légère réverbération qui crée une ambiance claustrophobe réussie. La production de Martin HANNETT est un parti pris esthétique à elle seule et fait plus que s’adapter au propos du groupe mais le parachève.

Les deux faces du LP portent respectivement les noms « outside » et « inside », et dressent un constat résigné, va-et-vient entre la réalité de la vie (au-dehors) et ses conséquences psychologiques (au-dedans). L’artwork de Peter SAVILLE (qui signera toutes leurs pochettes ainsi que les premières de NEW ORDER) prolonge fidèlement l’identité d’un groupe au look sobre et élégant. Austère et épurée, elle sacre un disque historique, pionnier d’un rock nouveau ; sombre, froid, aux préoccupations essentielles et aux réponses sincères, mais que je me refuse à qualifier d’« adulte ».

« She lost control », « Shadow play », « Wilderness » et surtout « New dawn fades » sont d’une très grande qualité, mais l'intensité inégalable de « Day of the lords » m'oblige à relativiser le niveau du reste. Le disque tire davantage sa force de ses atmosphères que de ses idées de compositions. Toutes les chansons ne se valent pas et certaines seraient restées quelconques si elles n’avaient été transcendées par un groupe littéralement habité.

Unknown pleasures reste malgré tout un disque puissant qui livre sa valeur véritable sur la durée. Pour beaucoup c’est déjà l’aboutissement du style JOY DIVISION. Pour ma part, c’est une étape vers cette forme sublimée du désespoir qu’est Closer.

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   (3 chroniques)



- Ian Curtis (chant)
- Bernard Albrecht (guitares)
- Peter Hook (basse)
- Steve Morris (batterie)


1. Disorder
2. Day Of The Lords
3. Candidate
4. Insight
5. New Dawn Fades
6. She’s Lost Control
7. Shadowplay
8. Wilderness
9. Interzone
10. I Remember Nothing



             



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