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 The Eternal (279)

JOY DIVISION - Closer (1980)
Par ONCLE VIANDE le 23 Novembre 2009          Consultée 3969 fois

Les saintes femmes prosternées devant le tombeau du Christ, une pochette couleur crème, pas de nom de groupe, pas de nom de musiciens, pas de date... le ton est donné.

Ce deuxième et dernier album de JOY DIVISION n’est que solennité. Au noir uniforme d’Unknown Pleasures a déjà succédé autre chose. Plus diffus, plus éthéré, plus pop aussi, Closer porte en lui quelque chose de liturgique. La plupart des chansons évoquent des litanies. Les lignes de chant descendent, échouent invariablement sur la même note et expriment une résignation implacable. Cette technique que Ian Curtis a probablement intégrée inconsciemment joue pour beaucoup dans la personnalité du disque.

Tous les titres sont différents et chacun possède une empreinte forte chargée de sens ; les torsions de guitare d’« Atrocity Exhibition », les riffs hachés de « Colony », la voix noyée d’« Isolation » ou les vapeurs irréelles de « The Eternal ». Malgré cette diversité, l’unité du disque n’est jamais rompue et une progression se dessine. La première face porte un dernier regard sur la réalité et dresse la liste des horreurs et des souffrances. La seconde regarde à la fois vers le passé et l’avenir (« Le passé fait désormais partie de mon avenir » dit Curtis dans « Heart and Soul ») et se détache du réel. Les métaphores sont nombreuses (l’âme, le soleil, un voyage…), évoquent une fin ou un commencement, et laissent penser à une introspection, une recherche. « The Eternal » et « Decades » qui ferment le disque sont inséparables et semblent annoncer sinon l’apaisement, du moins l’acceptation.

On a souvent reproché à Closer ses claviers et ses percussions électroniques datés, reproche exagéré puisque cela ne concerne finalement qu’« Isolation », « Decades » et dans une moindre mesure « The Eternal ». Basse, batterie et guitare restent les instruments dominants et si l’on ferme les yeux sur quelques effets (le fameux feedback made in 80’) on se rend compte que le disque résiste bien aux années. Closer est une œuvre austère, sans fioriture ni raffinement, qui vise l’essentiel et n'a recours qu'à quelques idées simples en guise d’arrangements. La production n’en demeure pas moins soignée, plus aérée, plus contrastée, et rend son écoute plus confortable que le précédent.

Si l'implication des musiciens est totale, le chanteur épileptique vit ses textes jusque dans son corps et ses gestes convulsifs. Closer est le chemin de croix de Ian Curtis. Parolier et âme du groupe, son tragique destin a malheureusement braqué sur lui tous les projecteurs et plongé ses trois complices dans l’ombre. Rappelons donc que le quatuor qui joue ici pour la dernière fois forme une entité indivisible, produit une musique terminale où chaque élément trouve parfaitement sa place, sans manque ni excès.

Si la musique de JOY DIVISION peut laisser indifférent, nul ne pourra nier l’étrange force que le groupe dégageait. Ses disques, ses concerts et même ses photos attestent d’une aura indescriptible, et plus que les livres ou films qui lui ont été consacrés, c’est bien son œuvre qui parle le mieux de lui… et son œuvre ne s’arrête pas la.

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   (4 chroniques)



- Ian Curtis (chant)
- Bernard Albrecht/sumner (guitares, claviers)
- Peter Hook (basse)
- Steve Morris (batterie)


1. Atrocity Exhibition
2. Isolation
3. Passover
4. Colony
5. A Means To An End
6. Heart And Soul
7. Twenty Four Hours
8. The Eternal
9. Decades



             



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