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Ian GILLAN - Child In Time (1976)
Par RED ONE le 21 Avril 2012          Consultée 2230 fois

Avant propos : la carrière solo de Ian GILLAN, le légendaire chanteur de DEEP PURPLE, présente plusieurs facettes qu'il faut prendre le temps de décortiquer si l'on ne veut pas se perdre dans un foisonnement de noms et d'appellations de projets divers et variés ...Le premier album réellement sorti sous le nom seul de Ian Gillan est Naked Thunder (1990). Mais auparavant, entre 1975 et 1982, Ian Gillan a fondé deux groupes qui portent tous les deux son nom. Ce furent le IAN GILLAN BAND (1975-1978), groupe officiant plus ou moins dans un registre proche du jazz rock/fusion fortement teinté de hard rock, puis le groupe GILLAN (1978-1982), au registre ouvertement plus proche du heavy metal, et au sein duquel on retrouvera un certain Janick Gers (futur guitariste d'IRON MAIDEN). Dans cette série de chroniques consacrée à Ian Gillan et à sa très riche discographie solo, nous avons volontairement choisi de chroniquer tous ces disques sous le nom de "Ian GILLAN". Dans le même ordre d'idées, nous considérerons aussi l'album Accidentally On Purpose (1988), signé du double nom de GILLAN & GLOVER, comme un album solo de Ian Gillan. Sur ce, petit retour aux origines, en 1976 ...

En 1976, quand sort le premier album du IAN GILLAN BAND, ce Child In Time à la pochette étrange et dérangeante, Ian Gillan n'a rien sorti depuis trois ans déjà. Il est même, pour ainsi dire, quasiment has been depuis son départ fracassant de DEEP PURPLE en 1973, en compagnie du bassiste Roger Glover. En 1976, DEEP PURPLE, qui vient d'enregistrer le génial Come Taste The Band (1975) en compagnie de Tommy Bolin, met un point final à la première partie de sa carrière en décidant de splitter définitivement pour plusieurs années. De son côté, Ritchie Blackmore vient de fonder le légendaire groupe RAINBOW en compagnie de Ronnie James Dio et en est déjà à son deuxième méfait, le génialissime Rising (1976). Roger Glover s'occupe pour sa part assez bien depuis deux ans déjà, avec son projet d'opera rock BUTTERFLY BALL (au sein duquel on retrouvera Coverdale, Hughes et bien sûr Dio). Ian Gillan est alors le seul dans toute cette histoire qui ne fait rien ...

Si Ian Gillan ne fait pas partie des guest stars invitées sur l'album studio Butterfly Ball (sorti en 1974), en revanche Roger Glover pense à lui lorsqu'est monté un spectacle basé sur l'oeuvre, en 1975. La participation de Gillan au concert du spectacle Butterfly Ball signera son grand retour sur scène après deux ans de silence et l'incitera à vouloir reprendre le chemin des studios d'enregistrement et à vouloir fonder un nouveau groupe, entreprise bien évidemment encouragée et soutenue par Roger Glover qui joue ici les musiciens de session de luxe. Le line-up du tout jeune IAN GILLAN BAND est quasiment déjà fixé ici, puisqu'on retrouve déjà John Gustafson à la basse, Ray Fenwick à la guitare et le mercenaire Mark Nauseef (ELF, THIN LIZZY, Gary MOORE ...) à la batterie. Seul Mike Moran, aux claviers, ne sera pas reconduit pour l'album suivant.

Child In Time, premier album du IAN GILLAN BAND, est cependant un album peu facile d'accès. Ce constat est surtout du au fait que Ian Gillan n'est pas encore réellement sûr de la voix qu'il désire emprunter pour sa carrière solo. Si les deux albums suivants du IAN GILLAN BAND (Clear Air Turbulence et Scarabus) seront deux magnifiques chefs-d'oeuvre de jazz rock punchy, funky et réellement très bien travaillés, ce premier effort en solo est encore trop marqué par la présence du son DEEP PURPLE et par la présence de Roger Glover qui signe ici les arrangements et les pistes de synthétiseur. Par certains moments, on s'approche du son funkisant de Burn et de Stormbringer (1974), même si le feeling de Ritchie Blackmore n'est pas là, et que Gillan ne chante évidemment pas comme le duo Hughes/Coverdale. Les influences stylistiques sont ici nombreuses, et font de cet album un melting pot assez chaotique de plusieurs styles musicaux différents : funk, hard rock, blues, pop, mais aussi et surtout jazz rock. Quoi qu'il en soit, on ne peut que constater une chose : l'expérimentation est déjà là.

Les chansons de la première face sont assez déconcertantes : autant de nombreux passages sont forts réussis, autant le reste peut paraître baclé et manquer de maîtrise. C'est le cas notamment sur "Down The Road", slow sirupeux dégoulinant qui part dans tous les sens et sur la première chanson de l'album, "Lay Me Down", qui peine sérieusement à convaincre. Mais d'autres passages rattrapent fortement ce manque de pêche, tels que "You Make Me Feel So Good", avec ses riffs quasiment heavy et son groove rythmique impeccable, agrémentés de percussions intéressantes. "My Baby Loves Me" et "Shame" sont également de bons titres rock de facture classique mais assez sympathique au demeurant, malgré quelques imperfections flagrantes (tels ces choeurs dissonnants sur "Shame").

La deuxième face est en revanche beaucoup plus travaillée même si elle peut sembler manquer d'inspiration : Gillan y revisite complètement son titre préféré de sa première période chez DEEP PURPLE, à savoir "Child In Time". Inutile d'y aller par quatre chemins, il s'agit d'une version entièrement revue et corrigée de A à Z, et rien que pour celà elle vaut le coup d'oreille. Car Gillan ne l'interprête pas du tout comme autrefois et laisse énormément de liberté à ses musiciens, qui revisitent la chanson façon jazz rock cool, avec énormément de classe et de feeling. Roger Glover, derrière ses synthétiseurs, dépose de subtiles nappes d'émotion qui valorisent grandement les arrangements jazz et rendent cette chanson reposante et douce, à des années-lumières de la hargne qui habitait la version originellement présente sur l'album In Rock (1970).

Mais la deuxième face ne comporte pas que cette nouvelle version de "Child In Time". Elle comporte également une autre pièce fort étrange : "Let It Slide", morceau-fleuve progressif de près de 11 minutes, évolutif et riche en ambiances fusion en veux-tu en voilà, sur lequel la basse de John Gustafson est énormément mise en valeur. Les expérimentations sont légions sur ce morceau, et visiblement Gillan laisse ses musiciens s'exprimer. En témoigne ce long solo de clavier, dont j'ignore s'il est dû à Mike Moran ou à Roger Glover lui-même ... Les ruptures funk sont nombreuses ici et rien ne sonne de façon évidente. Mine de rien, ce dernier morceau préfigure quand même assez sérieusement de ce que sera la suite des expérimentations du groupe ...

Child In Time décevra malheureusement tous les fans de Gillan qui s'attendaient à un premier album solo flamboyant et furieusement rock, avec tout plein de tubes. Ils devront repasser dans quelques années pour cela ... Malgré tout, Child In Time reste dans la lignée des travaux de Ian Gillan avec DEEP PURPLE entre 1970 et 1973, et demeure un album de rock expérimental et jazzy fort sympathique dans nombre de ses aspects, mais un peu laborieux à l'écoute par certains moments, à cause de cette difficulté d'accès flagrante. Il faudra attendre encore un an et le génialissime Clear Air Turbulence pour voir le génie du IAN GILLAN BAND exploser.

Un bon 3/5.

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   RED ONE

 
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- Ian Gillan (chant, harmonica)
- Ray Fenwick (guitare, choeurs)
- John Gustafson (basse, choeurs)
- Mark Nauseef (batterie, percussions)
- Mike Moran (claviers)
- Roger Glover (synthétiseurs, kalimba, choeurs)


1. Lay Me Down
2. You Make Me Feel So Good
3. Shame
4. My Baby Loves Me
5. Down The Road
6. Child In Time
7. Let It Slide



             



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