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MUSIQUES FOLKLORIQUES  |  STUDIO

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ÍON - Immaculada (2010)
Par MR. AMEFORGEE le 14 Novembre 2011          Consultée 784 fois

Il y a quelque temps, je m’en souviens c’était un lundi, car lundi c’est raviolis, j’avais les joues qui grattaient car j’aime bien ne pas me raser le week-end, ça me donne un air sombre comme un journaliste alcoolique qui noie sa déception d’avoir loupé le Pulitzer dans une bouteille d’Auchentoshan dix-huit ans d’âge et les pieds enflés tel Oedipe car je venais juste de rentrer d’un harassant footing où j’avais croisé une horde de rugbymen qui jouaient à promenons-nous-dans-les-bois-en-slip-dégoulinant-de-sueur. La vie ne vous fait vraiment pas de cadeau parfois. Ce jour-là donc, je suis tombé sur un livre. Enfin plutôt sur un parpaing déguisé en livre. Huit cents pages de douleur, remarquables de par leur manque d’originalité, de style, de pertinence, ou bien tout simplement de finesse. Une grosse boursouflure purulente qui laisse comme un arrière-goût de crime contre l’humanité dans la bouche. A la fin, comme les héros de Melville, je voulais soit me suicider soit prendre la mer. Mais on ne se suicide pas un jour de raviolis, donc… j’ai revisionné un épisode de feu commandant Cousteau, ce qui est pire.

Quand on parle d’art, au sens large, on se prend souvent la tête, il faut ceci, il faut cela, mais quand on y songe, parvenir à un résultat juste satisfaisant, ça n’est pas si compliqué que ça. Prenez Immaculada. C’est un album qui ne paye pas de mine, vous n’avez jamais entendu parler de ce groupe, Ion, dont le leader est pourtant le célèbre Duncan Patterson, ancien bassiste d’Anathema dans les années 90, à ne pas confondre avec un quelconque acteur d’une série de films pour adolescents en efflorescence, c’est un album donc, qui ne cherche pas à bouleverser le monde de la musique en rejouant la genèse ou en précipitant l’apocalypse, mais qui parvient sans forcer à être agréable, tout simplement.

Il s’agit de folk un peu mystique, avec quelques influences gothiques, heavenly voices et néo-classiques, mais très diffuses. Une balade de ballades, entre la Grèce et l’Irlande, comme jadis Loreena McKennitt, en plus zen encore. Il y a un certain nombre d’invités à l’affiche, pourtant on ne se prend rien en pleine face, c’est la sobriété qui prime, un jeu de chat avec le silence, la création d’ambiances, la distillation de langoureuses mélodies, le chant, féminin, très à l’honneur, qui vous caresse le creux de l’oreille avec onctuosité, une mandoline qui gratouille ses arpèges, du violon, différents types de guitare, quelques nappes de clavier, de la cornemuse mais en sourdine, et une flûte qui prend tous ses aises pour dessiner des arabesques dans l’air. Et le groupe songe même aux jeunes en intégrant du djembé.

On n’en fait donc pas des tonnes. Pas d’orchestration grandiloquente, pas de remplissage à n’en plus finir, si l’album assume une certaine lenteur, c’est pour établir une atmosphère un peu mystérieuse. C’est délicat, on en ressort rasséréné comme après un bain lustral parfumé aux amandes. Des titres comme « The Silent Stars » ou « Invidia », se goûtent pour leurs mélodies et ces belles voix, « Temptation » sait se faire capiteux, une fragrance un peu gothique, mais aérée, sans l’odeur de voûte moisie propre au genre. On fait le plein d’ondes positives avec « Adoration », son introduction à la flûte nitescente et un enchaînement presque a capella qui charme. Et puis « Damhsa Na Gceithre Ghaoth », qui pourrait se traduire par « Je t’emmerde cher correcteur d’orthographe », bel instrumental enflûté, à la rythmique tribale et pulsations de basse ronde, qui donne envie de partir en voyage. Que serait un album de folk si l’on n’avait pas envie de prendre la route ? La recette apparaît donc fort simple, en vérité, je vous le dis.

Certains parpaings imitent la forme de livres, et de disques aussi, je suis sûr que vous avez plein d’exemples en tête. Et puis certains disques imitent la brise printanière, le parfum des fleurs et le chant des bourrasques sur les sentiers poussiéreux et l’on a le sentiment de ne pas avoir perdu sa journée. On en arriverait presque à apprécier la vie. Si un jour vous détestez quelqu’un au point de vouloir sa mort ou bien si vous êtes membre de l’Inquisition ou du service pénitencier de Guantanamo, offrez-lui un volume de Stephenie Meyer. Par contre, pour les gens que vous aimez, vous pouvez toujours tenter cet Immaculada, blancheur pleine de douceur, qui se déguste un bon verre à la main. Cela fait du bien parfois, un peu de bonne musique.

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   MR. AMEFORGEE

 
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- Duncan Patterson (guitare, madoline, etc.)
- + Invités


1. Immaculada
2. Temptation
3. Adoration
4. Damhsa Na Gceithre Ghaoth
5. Invidia
6. Cetatea Cisnadioara
7. The Silent Stars
8. Return To Spirit



             



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