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- Style : Sergueï Prokofiev

Igor STRAVINSKY - Capriccio Pour Piano Et Orchestre (esa-pekka Salonen) (1929)
Par ONCLE VIANDE le 3 Mai 2012          Consultée 1311 fois

Le Capriccio Pour Piano et Orchestre est une œuvre alimentaire et nous rappelle qu’après MOZART ou BARTÓK, STRAVINSKY eut à noircir des portées pour remplir les placards. C’est dans les vieilles marmites qu’on fait la meilleure soupe. Le compositeur opère un retour aux formes classiques et offre ici une pièce divertissante.

Œuvre alimentaire donc, et du capriccio au carpaccio, il n’y a qu’un pas que je franchis allegro. La pièce se fond dans le moule du concerto, c'est-à-dire qu’elle oppose un instrument soliste – ici le piano – à l’orchestre. Parfois bavarde mais ne parlant jamais la bouche pleine, cette partition est un plat de fin gourmet. Le piano est remis sur le grill. Plus question de saupoudrage, l’heure est à l’assaisonnement décomplexé et à l’explosion des saveurs.

Le plat n’est pas pour autant roboratif, plutôt une séance de dégustation où le chef propose à une clientèle modeste ses recettes les plus raffinées. Le menu se compose d’une entrée pesto, d’un plat de résistance al dente et d’un dessert allégé.

L’introduction du « Presto » est une belle mise en bouche. Le motif est tranchant, un rien solennel. Avec un thème qui ne manque pas de sel et un tempo des plus relevés, la sauce ne tarde pas à prendre. L’« Andante » par contre est plus frugal. Ce mouvement a la sévérité d’un régime Weight Watcher. On craint une certaine fadeur mais le frémissement des cors vers 1’34 lui redonne du piquant. L’« Allegro » sera la cerise sur le gâteau. Le rythme est porté à ébullition et nous réserve un final épicé. Le maître y déploie toute sa science sans jamais se faire mousser. Toque basse.

STRAVINSKY incorpore avec maestria les éléments classiques au langage de son temps. Le piano n’attache pas, l’orchestre est parfaitement huilé et le London Sinfonietta est au sommet de sa forme. Esa-Pekka Salonen est à la baguette ; un jeune chef un peu mielleux mais pétri de talent. La direction est carrée comme un colin Findus, on peut presque entendre les bars de mesures défiler. Bar et mesure ne faisaient pourtant pas bon ménage chez STRAVINSKY, mais notre homme avait suffisamment de bouteille pour dissocier travail et vie privée.

Voici en tout cas une œuvre parfaitement équilibrée, peu calorifique et très digeste. On regrettera un manque de profondeur ainsi que des quantités un peu chiches nous laissant sur notre faim. Mais ne faisons pas la fine bouche. S’il ne fait pas partie de la crème de son répertoire, cet opus reste une belle truffe du père Igor.

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   ONCLE VIANDE

 
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- Le London Sinfonietta
- Esa-pekka Salonen (direction)
- Paul Crossley (piano)


1. Presto
2. Andante Rapsodico
3. Allegro Cappriccioso Ma Tempo Giusto



             



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