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- Membre : Rockamovya
 

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GROUNDATION - Upon The Bridge (2006)
Par KLEMAN le 10 Avril 2012          Consultée 1183 fois

Après seulement deux ans d'absence, et alors que les tournées du groupe s'enchaînent en Europe, Groundation revient en studio pour enregistrer « Upon the Bridge » (Young Tree Records), album qui assiéra définitivement leur statut de « groupe reggae de la décennie ». L'album convainc sur tous les fronts : réalisation, production, composition, interprétation, pochette, le tout reposant sur un sens philosophique, spirituel et profond.

Le livret consacre quelques pages à l'histoire d'un voyageur s'aventurant sur un pont sans en apercevoir la fin, sur lequel le temps s'arrête puis reprend, et où le jour peut s'éterniser tout comme la nuit. Impossible de faire demi-tour, il faut continuer. L'aventurier rencontre alors d'autres quêteurs spirituels dans ce dédale de vie que constitue le pont, et qui l'aideront à y trouver les repères pour trouver sa voie. Un allégorie qui peut paraître simpliste et un peu cliché mais qui a le mérite de fixer l'univers décrit par le groupe à travers les thèmes abordés dans cet album et les précédents. On réalise alors que l’œuvre de Groundation s'étale sur l'ensemble des albums sortis, et de manière plus marquée de « Hebron Gate » à « Upon the Bridge ».

Le cheminement de ce cinquième opus peut être comparé à celui de notre voyageur, tantôt sûr de lui, tantôt en plein doutes … Groundation nous avait habitués à ces phases musicales très hétérogènes, notamment par la fusion reggae/jazz qu'affectionne tant le groupe. L'album, très reggae, était peut-être moins attendu que les précédents, du fait des quelques déceptions de « We free again » peut-être. La surprise accompagnant son écoute en est d'autant renforcée, en particulier sur certains titres vraiment exceptionnels, je pense à « Mighty Soul » ou « The Seesaw » sur lesquels je reviendrais.

L'album commence sur deux pistes très roots, très spirituelles, liées par une transition d'ambiance aux couleurs abyssales aux claviers, et très bien produite. « Down » (la deuxième) redonnant espoir après la chute relativement sombre de « What Could Have Been ».

« Me Na in De » propose un reggae frais, sur lequel on profite de la voix de Stafford, accompagnée des chœurs très présents, la wah-wah également, avec une fin cuivrée intelligente. « Ratant Crow » reste en retrait et ne trouve pas vraiment de groove particulier malgré l'énergie développée et la composition travaillée. On pardonne facilement lorsqu'on arrive au solo de sax final d'une minute, aux allures très jazzy, un des premiers de la discographie du groupe.

« Nonbelievers » quant à elle, a une véritable personnalité, avec ce tempo très lent, une ligne de basse reconnaissable, des montées, le mélodica, et la voix de Harisson Stafford, qui donnent une piste un peu dub, notamment par la prod'. L'explosion à 4'20 sur « Ayeh ! » est tout aussi superbe que les réguliers rebonds du morceau qui, malgré leur nombre important, ne donnent aucun sentiment de redondance ni de répétition.

Arrive « Upon th Bridge », morceau très rythmique aux allures un peu rock, puis « Used to Laugh », plus singulier, mystique, aux allures un peu fantomatiques. La sensation est renforcée par les voix de Pablo Moses et I JahMan en featuring (rien que ça) aux chœurs sur ce morceau, ainsi que par la trompette de David Chachere.

On retrouve le vieux Pablo Moses sur « Fight All You Can », qui livre un couplet reggae aux accents funk sur lequel on aurait pu espérer prestation plus pêchue de sa part, même si retrouver la vibe posée du jamaïcain reste un plaisir.

I JahMan rejoint Pablo Moses sur « Mighty Soul », une des perles de l'album. Après une intro qui garde le suspens, ça part presque direct sur le refrain, cuivré et accrocheur. Un groove se dégage d'une certaine pureté de l'arrangement, les claviers presque inexistants, et un skank guitare bien présent. Puis la sauce monte une première fois sous l'impulsion de la batterie avant de reprendre le groove de départ et I JahMan pose une petit couplet très bien fait. On arrive rapidement à une montée finale, qui dégage une énergie positive formidable apportée par un skank cuivré et la voix du jeune californien.

I JahMan reste sur « Sleeping Bag-O-Wire », sur lequel on remarque une construction intéressante par ses changements de tonalité couplets/refrains, ainsi que ses breaks et ses ponts ponctués aux clavier

La dernière piste de l'album nous réserve une deuxième perle, « The Seesaw », morceau emblématique de l'album où les claviers de Marcus Urani sont bien présents, alors qu'ils ont été (à mon grand regret, mais on ne peut pas tout mettre en avant tout le temps) plutôt discrets tout au long de l'album. « The Seesaw » grimpe au fur et à mesure les marches de l'escalier de la puissance, petit à petit, sans même qu'on s'en rende compte, par la voix (peu de chœurs), les cuivres, la batterie bref, le tout ... Les paroles sont à la hauteur de la qualité musicale : « Weeping for justice, guidance and love », toujours sur ce thème de quête spirituelle et de pont. Et ça n'en fini plus de monter, marche par marche, jusqu'à l'explosion (dont la réalisation niveau prod' peut gêner si on est tatillon). On retombe alors sur un acoustique voix-piano pour conclure le morceau et l'album, sans fioritures, sans rajout, et c'est très bien comme ça, c'est juste mortel !

Après la sortie d'Upon the Bridge, le groupe vivra un passage bien plus calme marqué par des tournées européennes saisonnières mais peu de travail studio sous le nom de Groundation. « Here I am » ne sortira « que » trois ans plus tard en 2009, ce qui leur est assez inhabituel, et correspondra plutôt à une période de production commerciale assez décevante. En attendant, le projet Rockamovya, à l'initiative du trio Stafford-Urani-Newman, se monte en vue de la production d'un album studio (opus de qualité mais moins remarqué) qui sortira en 2008. Cette sensation de commercialisation de leur musique prend sa source dans le développement d'une communication (trop?) travaillée à partir de 2008/2009 qui dérange un peu (tournées dans des salles et festivals énormes, clips vidéo, 45 Tours, collage outrancier d'affiches, promo démesurée, etc.)

En attendant, Groundation nous livre ici son Album avec un grand A, au moins aussi bon que « Hebron Gate », encore meilleur que tous les autres sans hésitation, et l'ensemble des critiques salue l’œuvre remarquable. Pour ma part c'est 5/5 sans hésiter.

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   KLEMAN

 
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1. What Could Have Been
2. Down
3. Me Na In De
4. Ratant Crow
5. Nonbelievers
6. Upon The Bridge
7. Use To Laugh Feat.pablo Moses And Ijahman
8. Fight All You Can (feat. Pablo Moses)
9. Mighty Souls Feat Pablo Moses And Ijahman
10. Sleeping Bag-o-wire (feat. Ijahman)
11. Seesaw



             



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