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Thomas FERSEN - Qu4tre (1999)
Par LARZAC le 13 Mars 2012          Consultée 1289 fois

Fluctuat nec mergitur! L'Arche de Thomas poursuit tranquillement sa croisière, engagée dans une voie confortable, battant cette fois le pavillon d'une mélancolie un peu plus prononcée. A la barre, notre aimable parolier a encore une fois décidé de s'entourer d'une joyeuse troupe de bestioles de toutes sortes, et touche plus que jamais au genre de la fable. A ce petit jeu là, « Les malheurs du lion » est un archétype du genre. Thomas Fersen va ainsi nous montrer qu'on ne dérange pas le roi des animaux lorsqu'en terrasse, il boit à petites gorgées un caoua bien serré... Tellement serré que quand débarque un horripilant petit moucheron, ça ne fait ni une ni deux. Ici, tu t'écrases ou tu t'casses : voilà en gros ce que balance le lion au nouvel arrivant. Du Renaud dans le texte, pour une version animalière de « Marche à l'ombre ». Sauf que l'instant d'après, notre lion est par terre, knock-out. « J'aime pas tellement qu'on m'bouscule quand j'me rince les mandibules », balance le moucheron. Avec « Qu4tre », son nouvel album, Thomas Fersen nous séduit par des situations présentées avec un humour et un franc-parler tout à fait rafraichissants. Et comme il l'avait laissé transparaitre dans de précédents opus, il suscite également la sympathie, celle que l'on accorde avec un peu de compassion mal placée à l'amoureux maladroit, au gamin raillé par ses camarades, ou au doux rêveur toujours à l'écart. Car « Les malheurs du lion » ne s'arrête pas sur cette tirade du moucheron balancée à la manière d'un John Wayne mettant le pied dans un saloon. « Cette histoire est une fiction », nous rappelle Thomas Fersen, qui lui aussi a rencontré le lion, connaissant cependant moins de réussite que le moucheron... « Les malheurs du lion », ou comment se retrouver six pieds sous terre quand on veut faire acte de bravoure et se frotter à plus fort que soi.

Si ce titre n'est pas le plus connu, il illustre à merveille les différents aspects que recouvrent les chansons de Thomas Fersen: empathie envers les « faibles » de toutes sortes, pour ce qui est du fond, et quant à la forme, légèreté d'un langage empruntant à l'argot mais allant également dépoussiérer des termes dénichés au grenier, le tout au service d'un jeu de rimes savamment ciselé. Et évidemment, des arrangements variés, ouvrant des portes à tout un panel d'instruments, de la guitare au violon, du cor à la flûte, de l'accordéon au clavecin. Les ensembles de cordes et de cuivre semblent cependant avoir reçu la bénédiction de Thomas Fersen, au point d'alourdir malheureusement parfois certains titres (« Dugenou », « Elisabeth »). De manière générale, « Qu4tre » semble d'ailleurs plus lourd, plus lent que son prédécesseur, « Le Jour du Poisson », sur lequel, en dépit d'une poignée de titres nonchalants, dominait un certain engouement. En cela, les notes jazzy ou tziganes qui le ponctuaient y étaient pour beaucoup. « Qu4tre » ne peut raisonnablement pas être qualifié d'album sombre, mais Thomas Fersen semble pourtant faire vibrer des cordes plus sensibles. Il y met en scène des personnages qui nous touchent sans doute davantage, comme le jeune garçon introverti de « Dugenou », subissant sarcasmes et moqueries. Voire même, il est capable de nous donner un bon coup de bourdon, avec son dernier titre, « La chandelle », chanson qui apparaît magnifique dans un premier temps, un peu plate dans un second. Le titre d'ouverture, le vaporeux « Irène », ajoute aussi à cette impression quelque peu amer. Enfin, « Monsieur », véritable chef d'œuvre (personnellement, j'en fait mon titre préféré de Thomas Fersen, tous albums confondus), même s'il reste très entrainant et pétri d'humour (un humour un peu noir au juste, puisqu'il y est tout de même question d'un tueur en série), peut parfois susciter une réelle mélancolie.

Ce sont là les exceptions, mais sur un total de dix titres, ce n'est pas peu de choses. Sur « Qu4tre », toutefois, on trouvera aussi de quoi se trouver d'humeur badine, par exemple suite à l'écoute d'un titre léger, et qui ne marquera certes pas l'esprit, « Le moucheron » (rien à voir avec celui du lion, cette fois). La chanson qui suit, « Chez toi », d'apparence anodine, révèle des richesses d'ironie et de coquinerie lorsque l'on se penche avec un minimum d'attention sur le texte, ce qui est certes la base en chanson française, mais qui n'en est pas moins une base parfois oubliée. Là encore, on écoutera avec plaisir Thomas Fersen jouer finement sur les rimes, tout en déployant une voix intéressante, de par la diversité de ses intonations. « Marie-des-guérites » est quant à elle une chanson bien rythmée et assez entrainante, en dépit d'un refrain lent et un peu barbant. Mais plus irrésistible encore est « La chauve-souris », véritable tube de l'album, et qui reste probablement un des morceaux les plus connus de Thomas Fersen. Et ma foi, c'est vrai qu'elle est sympa cette chauve-souris. On écoute, on trouve ça génial, puis inévitablement on s'en détourne un peu, voire beaucoup... Presque devenue trop commerciale cette chauve-souris qui tourne en boucle sur les ondes FM, et on s'en va plutôt dénicher les charmes de chansons moins éblouies par les projecteurs. Un mois, trois mois, six mois, un an... On se la repasse et... Ah, quand même! Une chauve-souris qui tombe folle amoureuse d'un parapluie, ça a du chien, reconnaissons-le! Ça paraît tout bête, mais il fallait quand même aller la chercher, cette idylle. Et puis derrière, l'idée, il y a une réalisation qui est vraiment bonne: c'est rythmé, furieusement rythmé même, et le fil de cette petite histoire se déroule à cent à l'heure. Tiens, on est même finalement bien content qu'il soit là, ce happy ending dans « le grenier de la mairie »! Ce charmant couple le mérite bien, après tout. Et on comprend qu'on ait accroché dès la première écoute à ce petit bijou.

Bien entendu, « Qu4tre » ne vit pas que par ses seules chansons phares, « La chauve-souris », « Monsieur » et « Les malheurs du lion », trois titres vraiment impeccables. Mais c'est vrai que derrière, parfois, c'est un peu vide, et il arrive qu'on s'ennuie à l'écoute du reste de l'album, plus futile, voire même un peu mièvre. Thomas Fersen n'ira cependant pas vraiment plus loin dans cet aspect: curieux touche-à-tout, il aura senti l'eau de rose, s'en sera légèrement fardé, avant de s'en éloigner pour explorer d'autres univers. La qualité de son cinquième album devait lui donner raison.

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1. Irène
2. Les Malheurs Du Lion
3. Dugenou
4. Elisabeth
5. Monsieur
6. Marie-des-guérites
7. La Chauve-souris
8. Le Moucheron
9. Chez Toi
10. La Chandelle



             



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