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- Style : Dougie Maclean , Roddy Woomble , Ray Cooper
 

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Alistair OGILVY - Leaves Sae Green (2012)
Par GEGERS le 6 Mai 2012          Consultée 897 fois

Avant, il y avait la tradition orale. Aujourd'hui, il y a Itunes. Avant, on se serait damné pour se produire en concert. Aujourd'hui, on se rend dans des stades impersonnels pour applaudir des hologrammes. Avant, vos grands-parents vous faisaient découvrir la musique de leur temps, afin de mieux comprendre celle du temps présent. Aujourd'hui, on adule ou on conchie ostensiblement les gloires ancestrales. Avant, il y avait déjà un vieux con pour vous dire que c'était mieux avant. Aujourd'hui, il est toujours là. Seulement, un élément de choix vient chambouler cette opposition séculaire. Écossais, répondant au nom d'Alistair OGILVY, il vient réconcilier le passé et le présent par le biais d'un premier album aux allures de révélation.

Le jeune homme a son pays profondément ancré dans le cœur, et le chante d'une voix qui mêle la chaleur de celle de Roddy Woomble et l'émotion à fleur de peau de celle de Dougie MacLean. C'est à une version parfaitement calibrée et interprétée de reprises et de traditionnels que l'artiste nous invite, débutant son album par une « parting song » (complainte de départ à la guerre), « Wars O' Germanie », sur laquelle piano et voix mêlés proposent une interprétation solennelle et riche de nuances. Le piano, bien plus que le violon, constitue d'ailleurs la clef de voûte instrumentale de ce Leaves Sae Green qui fait preuve d'une mélancolie ostensible et d'une tendresse prédominante. En témoigne la doucereuse reprise de « Girl from the north country », titre signé Bob Dylan qui se voit ici doté d'un apparat folk acoustique du plus bel effet. Et cette voix, envoûtante, porteuse d'une sensibilité cutanée, d'Alistair OGILVY offre une nouvelle jeunesse à cette perle mésestimée.

Rehaussé de chœurs féminins, l'album s'écoule ainsi à la manière d'un ruisseau tranquille. Malgré un enthousiasme évident, le jeune chanteur parvient à calibrer ses interventions vocales au millimètre, évitant la surenchère et la démonstration gratuite de ses capacités. La voix est au service d'un texte, et l'artiste semble avoir apporté un soin tout particulier au choix des thèmes des morceaux qui composent son album : l'amour sans retour (« Where are you tonight, I wonder »), les histoires de marin (« Bonnie Ship the Diamond », inquiétante ballade sur la pêche à la baleine au Groenland), ou encore la beauté organique des paysages écossais (« The rose o'summerlee » et ses cuivres chaleureux).

Entre Dougie MacLean et Ray Cooper, Alistair OGILVY propose un album riche en saveurs et en ambiances, faisant de sa voix un véhicule et non une destination. Sa composition originale, qui clôture l'album (« The Kirkwall light »), donne espoir en un avenir radieux pour ce jeune artiste qui sait si bien manier patrimoine et modernité. Un premier essai discographique aux allures de réussite indéniable, et qui témoigne du foisonnement artistique de la jeunesse écossaise, véritable vivier de talents dans un style folk celtique mêlant audace et tradition. Un nouveau talent à soutenir.

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- Alistair Ogilvy (chant)
- Aly Macrae (piano, violon, mandoline)
- Steven Polwart (guitare)
- Inge Thompson (choeurs)


1. Wars O' Germanie
2. Girl From The North Country
3. The Forester
4. Where Are You Tonight I Wonder
5. Bonnie Ship The Diamond
6. Earl Richard
7. Captain Wedderburn's Courtship
8. Crowdie / Wantoness
9. Willie's Fatal Visit
10. The Rose O' Summerlea
11. The Kirkwall Light



             



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