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- Style : Dougie Maclean , Roddy Woomble , Ray Cooper
 

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Alistair OGILVY - July Moon (2015)
Par GEGERS le 27 Avril 2015          Consultée 1480 fois

Cette lumière si spéciale, juste avant que le soleil ne se lève et darde les montagnes de ses rayons d'or et de feu. Cette lumière, bouleversante, dont on ne peut se lasser, que l'on redécouvre chaque matin. Timide l'hiver, ou flamboyante l'été, elle se renouvelle en permanence. Le premier album de l'Ecossais Alistair OGILVY était cette lumière, à la fois discrète, et pourtant si prometteuse du jour à venir. July Moon (tiens, le titre est de circonstance) constitue pour sa part le premier rayon de soleil. Celui qui vous réchauffe instantanément qui, après la contemplation, incite à l'action. Repartir, plus loin, profiter de ce premier témoignage du matin. Oui, alors, on est en vie.

L'album est à l'opposé des tons grisâtres de sa splendide pochette. Baigné de la tendre lumière d'un folk éthéré et contemporain, il voit l'artiste oser, prendre des risques. Si les critiques ont été dithyrambiques au sujet de la première offrande du bonhomme, que certains voient comme le symbole de la nouvelle génération du folk écossais, Alistair ne s'est pas laissé enivrer par ces chants de sirène, porteurs d'une dangereuse autosatisfaction. Au contraire, le chanteur est allé chercher de nouveaux talents pour l'aider à donner vie à sa musique : la violoniste Kristan Harvet, du groupe Blazin Fiddles, et Kieran Heather à la guitare électrique, membre des Washington Irving. Et puis, pour conférer à son folk une dimension supplémentaire, l'artiste s'est adjoint les services du compositeur Craig Armstrong, célèbre pour ses BO de Romeo + Juliet ou Moulin Rouge, arrangeur de U2 ou Massive Attack.

Composé uniquement de titres originaux, July Moon rapproche un peu plus Alistair OGILVY de l'univers de Roddy Woomble, avec lequel il partage la tonalité vocale et un penchant pour les ambiances mélancoliques et éthérées. Si l'artiste revendique l'influence de Nick Drake, Kate Bush ou Fairport Convention, il y a ici un côté atmosphérique porteur d'une délectable poésie. Certes présente, la guitare acoustique sait parfaitement s'effacer au profit du piano et des rares interventions électriques, mais aussi et surtout au profit de ces arrangements cinématographiques qui offrent à l'album une dimension visuelle bouleversante. On court, en compagnie de l'artiste, sur les longues plages de sable blanc de Tiree (« Deep blue sea »). Le piano et le violon, qui soutiennent le chant à la fois retenu et puissant du bonhomme, s'entremêlent alors que le rythme s'accélère et que le calme laisse place à l'urgence. Exceptionnel. Un peu à la manière des Muford & Sons, Alistair parvient à faire transparaître par sa musique une sensibilité à fleur de peau qui provoque une adhésion immédiate. « July Moon », le morceau, agrémenté de l'intervention vocale de la formidable Karen Matheson (Capercaille), est une splendeur, tout comme le suivant, « Rest and be thankful », marqué par un mélange subtil entre guitares acoustiques imposantes et violon délicat. L'ensemble est généreux, résolument original, et témoigne d'une inspiration infaillible.

Les ambiances plus mesurées de « Bottle of wine », mélancolique, ou de « My heart aches », dont les coups de grosses caisses donnent l'impression d'entendre les battements de son cœur, confèrent à l'album une variété tant des tempi que des sentiments déployés. Bien épaulé, Alistair OGILVY use de son timbre chaud et rassurant sur ces titres alambiqués et émotionnellement complexes, qui ne cessent de se révéler un peu plus à chaque nouvelle écoute.

Et ainsi, la lumière fut. De timides rayons en bain de soleil, le jour est venu pour ce nouveau talent écossais qui propose avec July Moon un opus audacieux et alambiqué, tout en parvenant à conserver une simplicité folk chargée en émotion et à l'intensité croissante. Et alors, c'est certain, le chanteur semble voué à une carrière riche et flamboyante, dont nous aurons été les premiers témoins. Un bonheur pur.

4,5/5

Le morceau « July Moon » en écoute : https://soundcloud.com/alistairogilvy/july-moon

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   GEGERS

 
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- Alistair Ogilvy (chant, piano)
- Kieran Heather (guitare, basse, moog)
- Kristan Harvey (violon)
- Louis Abbott (batterie, guitare, piano, casio)


1. Deep Blue Sea
2. July Moon
3. Rest And Be Thankful
4. Bottle Of Wine
5. Left Over Shells
6. My Heart Aches
7. You're Leaving
8. Clasping Sea
9. Aloft The Trees



             



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