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- Style : The Sonics , Nuggets

The CHOCOLATE WATCHBAND - No Way Out (1967)
Par BAAZBAAZ le 13 Septembre 2012          Consultée 1144 fois

Voici un groupe qui, si l’on en croit ses fans (assez peu nombreux, il est vrai), aurait dû être les ROLLING STONES américains. Mais les fans exagèrent souvent, et c’est le cas ici. Admettons toutefois que le potentiel était bien là, le CHOCOLATE WATCHBAND n’étant pas dénué d’atouts : ses membres étaient tous coiffés comme Brian Jones, le chanteur David Aguilar imitait assez bien Mike Jagger, et dans l’ensemble ils savaient jouer de leurs instruments, allant même parfois jusqu’à composer leurs propres chansons au lieu de s’en tenir aux sempiternelles reprises. Surtout, le groupe livrait des concerts sauvages qui lui assurèrent une solide réputation dans la région de San Francisco.

Mais ils ne sont pas devenus pour autant les ROLLING STONES américains. Et c’est donc que quelque chose à foiré en cours de route. En fait, tout a foiré. Et le CHOCOLATE WATCHBAND est resté un obscur groupe garage du milieu des années 60, oublié de tous jusqu’à ce que la compilation Nuggets en 1972 répare cette injustice. Avec THE REMAINS de Boston (qui eux étaient véritablement les STONES locaux, sans exagération aucune), on tient là le parfait exemple du gâchis qui caractérise tant de trajectoires propres à cette scène musicale née de la fascination des gamins américains pour la British invasion : quelques singles tonitruants, une horde éphémère de fans sous acides, des albums qui ne se vendent pas, et rideau.

Disons pour être honnête que, dans le cas du CHOCOLATE WATCHBAND, ce fut tout de même un beau chemin de croix, pavé avec amour par les requins de studio qui entravèrent sans vergogne son ascension. Formé au printemps 1966 sur les décombres d’un premier line-up, le groupe tombe rapidement sous la coupe d’Ed Cobb, ex-bassiste des FOUR PREPS, songwriter méritoire (il est l’auteur de « Tainted Love ») reconverti en producteur sans scrupule. Fasciné par le bouillonnement créatif – et surtout financier – généré par les cadors venus d’Angleterre, il se crée une écurie de poulains destinés à leur donner la réplique. On y trouve notamment THE STANDELLS auxquels il offre un hit, le mémorable « Dirty Water ».

Les membres du CHOCOLATE WATCHBAND n’ont pas cette chance. Après quatre singles passés relativement inaperçus (le meilleur étant le furibond « Sweet Young Thing », pompé sans honte sur « Paint It Black »), ils entrent en studio pendant l’été 1967. Mais Cobb, qui veut un contrôle absolu sur ses protégés, retravaille le disque derrière leur dos, réenregistre certaines parties et ajoute même deux chansons jouées par d’autres musiciens. A l’issue de ce charcutage, on obtient donc un assemblage hétéroclite au sein duquel il est très difficile de déterminer ce que l’on doit aux vrais membres du groupe.

Mais contre toute attente, le résultat est incroyable, la tambouille de Cobb ayant accouché d’un album splendide : No Way Out est une petite merveille violente et bariolée où se côtoient le rock n’ roll, le blues-rock et le psychédélisme. Alors que les péripéties ayant conduit à sa création laissaient augurer d’un désastre, le disque se révèle étonnamment cohérent et incarne l’une des pierres angulaires du garage. En soi, c’est une aberration, un objet détestable fabriqué de toutes pièces qui ne laisse rien deviner de la façon dont le CHOCOLATE WATCHBAND sonnait en réalité. Mais au-delà de la trahison – Cobb la justifie par l’incapacité du groupe à jouer du fait de la surconsommation de drogue – c’est d'abord un classique du genre.

La première moitié de l'album est constituée principalement de reprises, toutes passées au filtre impitoyable du garage le plus dévastateur : « Come On » de CHUCK BERRY, « In the Midnight Hour » de WILSON PICKETT ou encore « Hot Dusty Roads » de BUFFALO SPRINGFIELD forment ainsi une salve haletante de chansons rapides et furieuses. Mais l'on retiendra surtout la célèbre « Let’s Talk About Girls » – composée à l’origine par THE GRODES – qui sera quelques années plus tard l’un des titres phares de Nuggets. Un rock effréné et martial qui mêle l’incandescence du R&B à une frénésie freakbeat typiquement anglaise.

Le reste est aussi passionnant, notamment ce « Are You Gonna Be There (At the Love-In) » qui évoque les STONES en plus mordants. Sortie en single avant l’enregistrement du disque, cette chanson est l’une des rares à exprimer ce qu’était vraiment le groupe (avec le « No Way Out » de Cobb, sa face B). Bien moins authentiques, « Dark Side of the Mushroom » et « Expo 2000 » sont des instrumentaux joués par des mercenaires enrôlés pour l’occasion. Mais malgré cela, ce sont avant tout deux délicieuses immersions psychés à l’ambiance captivante. Et si la seule composition originale (« Gone and Passes By » d'Aguilar) est plus boiteuse avec son motif ragga, elle n’en complète pas moins efficacement un album fort, direct et envoutant : le témoignage d’une époque autant qu’une réussite intemporelle.

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- David Aguilar (chant)
- Mark Loomis (guitare)
- Bill Flores (bassiste)
- Sean Tolby (guitariste)
- Gary Andrijasevich (batterie)


1. Let's Talk About Girls
2. In The Midnight Hour
3. Come On
4. Dark Side Of The Mushroom
5. Hot Dusty Roads
6. Are You Gonna Be There (at The Love-inn)
7. Gone And Passes By
8. No Way Out
9. Expo 2000
10. Gossamer Wings



             



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