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POST-ROCK/éLECTRONIQUE  |  STUDIO

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2009 Beak
2012 >>
2010 Wulfstan
 

- Style : Silver Apples, Neu!
- Membre : Portishead
 

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BEAK> - >> (2012)
Par JOVIAL le 25 Août 2012          Consultée 1177 fois

Décidément Geoff Barrow n’aura pas chômé en 2012. Outre une tournée européenne avec Portishead, le Bristolien s’est également distingué au sein du trio hip-hop Quakers, qui vient au passage de sortir un excellent premier disque, puis en compagnie du jeune Ben Salisbury pour le projet électronique Drokk, avec moins de réussite cependant, et enfin avec le groupe BEAK>, qui nous revient cet été avec un second album au titre aussi froid qu’abstrait, >>. Ce dernier, faisant ainsi suite au premier coup de maître datant de 2009, est un disque que j’attendais avec beaucoup d’impatience. Le single Wulfstan nous avait mis l’eau à la bouche en 2010 avec un morceau éponyme assez inattendu, lourd et farouche, nous laissant entrevoir une voie finalement plus rock et moins électronique empruntée pour le prochain album. Seulement voilà, ce prochain album, il s’annonce à l’heure de sa sortie bien à l’opposé de ces attentes. BEAK> continue bien son travail entamé sur le premier disque, mais semble toutefois vouloir l’affiner, le rendre plus subtil ou plus sournois, et outre deux ou trois exceptions, en a terminé avec les morceaux aux motoriks hypnotiques et massifs. Ainsi, sa musique s’éloigne des terres du post-rock pour se changer en un nouvel hybride de la musique électronique, néanmoins encore et toujours très influencé par des formations tel que Neu! ou les Silver Apples.

>> est globalement un second opus moins sombre que le premier. Pas question de le considérer comme plus lumineux pour autant, mais seulement plus … blanc, un blanc glacial et faussement neutre, triste et faussement vide, avec ses propres humeurs et ses propres décors. « The Goal » introduit ainsi l’album dans le malaise, avec ses volutes de fumée malsaine qui empoisonne d’emblée les oreilles de l’auditeur. Les sens de ce dernier vacillent déjà, et plus loin c’est au tour de la vertigineuse « Liar » et son tourbillon électronique de les remettre à rude épreuve. BEAK> construit ici de remarquables paysages, allant de la toundra aride (ou bien est-ce l’abysse cosmique ?) des fabuleuses « Ladies’ Mile » aux respirations industrielles du moins évident « Elevator ». Dans le même registre que ce dernier, l'incroyable « Spinning Top » parvient à conclure l’étonnant mariage entre une rythmique n’étant pas sans rappeler « Negativland » de Neu! et une guitare saturée digne d’un bon vieux Sonic Youth, faisant irruption au meilleur moment, dans les derniers râles de cette musique si lancinante. « Deserters » reprend d’ailleurs plus tard le même procédé, dans une alternance de couplets ternes proche de l’univers d’un Can et de boucles guitaristiques en fusion.

Deuxièmement, comme je le disais plus haut, BEAK> parvient à ne plus faire reposer ses ambiances uniquement sur une alliance entre rythmiques efficaces et expérimentations électroniques, mais confie au contraire parfois tout à un seul instrument. Ainsi, sur la plus sombre mais non moins géniale « Kidney », qui contraste nettement avec le reste de l’album, les trois quarts du morceau n’ont comme pilier que la seule basse de Billy Fuller, faisant passer la batterie au second plan alors que toutes deux restaient sur un pied d’égalité auparavant. Le chant également gagne en importance, ou du moins se voit utilisé différemment : les complaintes torturées et inintelligibles sont remplacées par de vraies paroles, à l’instar de « Deserters » ou de la mélancolique « Eggdog », très proche du dernier Portishead et sur laquelle on s’attendrait presque à entendre chanter Beth Gibbons. Du premier album toutefois, deux morceaux en particulier s’en rapprochent le plus. Il y a tout d’abord le jouissif « Yatton » et son motorik efficace, hypnotique et pourtant assez chaleureux, que les fans avaient pu découvrir avec bonheur quelques semaines avant la sortie de l’album, et enfin l’immense « Wulfstan II », reprise étendue de « Wuflstan » premier du nom sorti comme je le disais sur le single éponyme en 2010. N’allons pas par quatre chemins avec cette dernière, voici donc la petite tuerie de >>, avec sa lourde ligne de basse, reconnaissable dès les premiers instants, sa guitare tranchante, ses intermèdes d’électroniques à la limite de l’occulte et d’un délire à la Can, pour une composition excellente de bout en bout, probablement l’une des meilleurs de BEAK> à ce jour.

Enfin bref, hormis cela, pourquoi donc ne pas mettre à ce >> autant d’étoiles qu’au premier ? Si il est vrai que BEAK> gagne en subtilité, ce second album demeure loin d'être parfait, et cela réside dans une chose très simple : la durée de certains morceaux. En effet, des pistes telles que « Liar » ou « The Goal », toutes deux en forme de montée en puissance, demeurent malheureusement trop courtes, et échouent tout près du but seulement pour quelques minutes en moins. Faire durer les débats n'est pas forcément une mauvaise chose, tandis que les écourter de manière trop brusque et sans véritable forme de conclusion quelconque l'est, ce que le groupe semblait avoir pourtant compris sur le premier album (cf. « Ham Green » ou « Dundry Hill »). Mais bon, n'exagérons rien non plus, et ne nous quittons pas sur cette note négative, car ce deuxième opus, sans égaler son prédécesseur, demeure un très bon moment, qui devrait sans conteste ravir tous les amateurs du genre.

4/5

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- - Geoff Barrow (batterie/chant/claviers)
- - Matt Williams (guitare/chant/claviers)
- - Billy Fuller (basse/chant/claviers)


1. The Gaol
2. Yatton
3. Spinning Top
4. Eggdog
5. Liar
6. Ladies' Mile
7. Wulfstan Ii
8. Elevator
9. Deserters
10. Kidney



             



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