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KRAUTROCK  |  STUDIO

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- Style : La DÜsseldorf, Neu!, Harmonia, Guru Guru, Föllakzoid, Minami Deutsch

CAMERA - Remember I Was Carbon Dioxide (2014)
Par JOVIAL le 13 Janvier 2015          Consultée 1728 fois

CAMERA qui n’accepte pas l’étiquette « krautrock », voilà qui est bien surprenant. Fausse modestie, réelle humilité ou volonté de faire comme les grands et de refuser une étiquette (auparavant) peu valorisante ? Je n’en sais rien, je n’y comprends rien. Car CAMERA est krautrock, sue krautrock, respire krautrock. Signé qui plus est chez Bureau B, label connu et reconnu pour n’éditer que du rock choucroute. Et puis musicalement y’a pas photo. Une seule écoute suffit pour deviner ce que contenait le biberon de ces musiciens-là : un peu d’Ash Ra Tempel, un peu plus de Cluster, encore plus de Guru Guru et surtout beaucoup de Neu!, de La Düsserdorf, de Klaus Dinger, de Michael Rother. CAMERA a sa propre identité certes et ne plagie rien, mais se mouille tout de même rarement pour mettre un pied en dehors des limites tracées par leurs idoles. Doit-on vraiment le regretter ? Non. Tout simplement parce que CAMERA est l’un des rares groupes actuels à parvenir à moderniser et à renouveler un style qui depuis longtemps n’a plus rien à proposer, et puis surtout parce que … ils font quand même de l’excellente musique ces gars-là ! Si Neu! et les autres farfelus vous barbent, essayez CAMERA sans hésiter, vous ne saurez probablement pas déçu. La sortie de ce fabuleux Remember I Was Carbon Dioxide est d’ailleurs une bonne occasion de vous le rappeler et ça tombe bien, on en parle aujourd’hui.

Si le quatuor de Système Solaire s’est métamorphosé en duo, Bargmann (guitare) et Mulroney (basse) étant partis explorer d’autres planètes, CAMERA n’a néanmoins rien perdu de sa superbe. Sa musique évolue toujours dans cet univers à mi-chemin entre délire cosmique et onirisme toxique, sorte de voyage étoilé au ciel d’un pourpre spatial, qu’émaillent parfois le bleu intense d’une comète ou le rouge-feu d’une éruption solaire lointaine. Les guitares incandescentes et les claviers vaporeux fusionnent en un immense ballet céleste, tourbillonnant de couleurs et d’images furtives, suivant le flux d’acide que distille un motorik implacable. Hypnotique, hallucinée tout comme l’œuvre précédente avec laquelle elle partage un certain phrasé, Remember I Was Carbon Dioxide se situe pourtant bien plus haut que Radiate! dans la hiérarchie stellaire. On s’ancre là plus profond, plus loin. L’égayante « From the Outside » qui introduit l’album est un beau trompe-l’œil et on ne tarde pas à découvrir un visage plus sombre à notre équipée. « Roehre » fait fondre sur nous toute une armée d’androïdes rouillées, « Ozymandias » s’égare dans un trou noir, « 4PM » sombre dans un marais de bactéries mutantes, « Trophaee » traverse en ordre serré la jungle d’une tribu extraterrestre anthropophage, il n’y a pas franchement de quoi rire. Une prophétesse prédira bientôt notre fin sur « 2AM », unique voix humaine de notre trip jusqu’à l’atterrissage tragique sur « Hallraum ». L’ordinateur de bord converse seul, avons-nous survécu ? L’eau, la Terre enfin, coule sous nos pieds.

Une flamboyante aventure astrale, voilà donc ce qu’est Remember I Was Carbon Dioxide. Les deux rescapés Drummer et Brockmann évitent brillamment l’immense danger que réserve un style qui, malgré des possibilités immenses, reste pourtant assez restreint lorsqu’on tient absolument s’y tenir. CAMERA ne s’écarte pas de la route mais fait défiler des dizaines de paysages sonores différents, chose que Radiate! galérait quelquefois à faire. Aucune lourdeur, aucune lassitude, juste cette musique arachnéenne qui sublime, transporte, transcende, tout ce que vous voulez. Les passages les plus atmosphériques, souvent grandioses, se digèrent sans aucun problème (« Parhelion », « Ozymandias »), quand les morceaux plus rythmés (« To The Inside », « From the Outside », « Trophaee ») régaleront ceux qui avaient particulièrement apprécié la grande charge d’« Ausland » sur le disque précédent. Le seul détail à vraiment regretter réside encore une fois dans la durée du disque, une heure c’est vraiment beaucoup trop. Et à y regarder de plus près, deux ou trois morceaux en moins n’auraient sans doute pas altéré la qualité de l’œuvre entière. Un défaut de gourmandise qui ne viendra toutefois pas descendre la bonne note que remporte Remember I Was Carbon Dioxide, une sacrée surprise après un Système Solaire ennuyeux. Car oui, ce deuxième album confirme que CAMERA a tout d’un grand de la musique psychédélique... à défaut d’accepter celui de grand du krautrock.

Un très bon moment.

À écouter absolument : « Parhelion », « Trophaee » et « Roehre ».

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- Michael Drummer (batterie/claviers)
- Timm Brockmann (guitare/claviers)
- Guests :
- Maximilian Markowsky (guitare)
- Will Rattray (voix/guitare)
- Michel Collet (guitare)
- Annika Henderson (voix)
- Jakob Fuchs (guitare)


1. From The Outside
2. Parhelion
3. Synhcron
4. Roehre
5. 4pm
6. Haeata
7. Ozymandias
8. To The Inside
9. 2am
10. Trophaee
11. Vortices
12. Hallraum



             



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