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P. P. ARNOLD - The First Lady Of Immediate (1968)
Par BAAZBAAZ le 6 Mars 2013          Consultée 967 fois

Elle n’aurait jamais dû tomber dans l’oubli. Petite princesse 60’s au même titre que BILLIE DAVIS ou SHARON TANDY, égérie mod, chanteuse à la voix tendre et magique… P. P. ARNOLD est l’un des symboles les plus étincelants des innombrables trésors cachés que recèle cette période bénie. Jamais la créativité ne fut aussi débridée et intense que pendant ces années-là, qui furent celles d’un big bang extraordinaire. Mais si l’on sait aujourd’hui reconnaître pleinement l’incroyable qualité de groupes tels que les SMALL FACES, THE ACTION ou THE CREATION, il faut aussi rendre hommage aux chanteuses qui illuminèrent alors l’Angleterre.

Née à Los Angeles, P. P. ARNOLD commence sa carrière en 1964 au sein de THE IKETTES, savoureux trio de chanteuses chargées de faire les chœurs pour IKE & TINA TURNER. Repérée par Mick Jagger en personne lors d’une tournée en 1966, elle suit ses conseils, claque la porte au nez et à la barbe du terrible Ike et signe comme artiste solo sur Immediate. Sur ce fameux label fondé par Andrew Loog Oldham, alors manager des ROLLING STONES, elle est en fait parachutée directement au centre du monde. C’est un choc culturel : elle s’immerge dans l’hystérie du Swinging London, arpente Carnaby Street et découvre un pays où les Blancs se passionnent pour la Soul et le R&B.

Elle est alors logiquement happée par la scène Mod et se lie d’amitié avec les autres poulains du label, notamment Steve Marriott des SMALL FACES. A la façon d’un GENO WASHINGTON, elle est ainsi l’une des rares afro-américaines au sein d’un univers où les blancs-becs copient jusqu’à plus soif la musique noire. Son premier album reflète cette situation étonnante : The First Lady of Immediate sort en avril 1968 et révèle une Soul spectorienne passée au filtre de délicieux arrangements pop et baroques (cordes et clavecins y sont à l’honneur). C’est luxuriant et grandiose, avec des moments trépidants et des ballades inoubliables (telle l’inouïe « The Time has Come »). Aussi étrange que cela puisse paraître, il s’agit en somme d’un disque de Blue-eyed Soul chantée par une noire…

Comme souvent à l’époque – c’est le aussi le cas pour CHRIS FARLOWE – P. P. ARNOLD ne compose presque pas, même si ses « Am I Still Dreaming » ou « Tough it Hurts me Badly » sont exquises. Mais elle demeure avant tout une merveilleuse interprète à qui les cadors du moment viennent offrir leurs services. Mick Jagger produit deux chansons (« Though It Hurts Me Badly » et « Treat Me Like a Lady »), Marriott lui fait cadeau de la mémorable « (If You Think You're) Groovy » et Cat Stevens lui écrit la magnifique et bouleversante « The First Cut Is the Deepest », l’une des plus grandes compositions des années 60, dont elle propose ce qui est sans doute la version ultime. Sortie en single en avril 1967, elle connaîtra d’ailleurs un certains succès.

A vrai dire, le disque ne comporte aucune faille. P. P. ARNOLD propose ainsi une interprétation saisissante de « Would You Believe », qui donnera son titre au chef d’œuvre maudit de BILLY NICHOLS (également sur Immediate), autre perle oubliée aujourd’hui redécouverte et adulée. Il n’y a peut-être que sur « Life is but Nothing » que la chanteuse doit s’incliner : il faut bien reconnaître que CHRIS FARLOWE est insurpassable lorsqu’il se sort les tripes sur cette chanson. Et il serait dommage d’oublier « Everything is Gonna Be Alright », premier single sorti en février 1967, qui est devenu avec le temps un classique de la scène Northern Soul.

Que dire de la voix de P. P. ARNOLD ? C’est un régal… A la fois puissante et enfantine, avec un timbre très clair et tendu (mais aussi une certaine fragilité mélancolique), elle est parfaitement en phase avec ces superbes compositions et ne semble jamais forcée. C’est ce qui donne à The First Lady of Immediate son caractère si particulier et presque hybride. Subtilement pop et peu rugueuse, cette Soul délicate et sophistiquée n’est décidemment pas américaine malgré les origines de la chanteuse. L’écouter aujourd’hui donne un aperçu précieux de l’ampleur du brassage culturel et artistique unique qui se déroulait alors à Londres.

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- P. P. Arnold (chant)
- The Nice :
- Keith Emerson (piano)
- Keith « Lee » Jackson (basse, guitare)
- David O'list (guitare)
- Brian Davison (batterie)


1. (if You Think You're) Groovy
2. Something Beautiful Happened
3. Born To Be Together
4. Am I Still Dreaming
5. Though It Hurts Me Badly
6. The First Cut Is The Deepest
7. Everything Is Gonna Be Alright
8. Treat Me Like A Lady
9. Would You Believe
10. Life Is But Nothing
11. Speak To Me
12. The Time Has Come



             



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