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KRAUTROCK/PROTO-PUNK  |  STUDIO

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- Style + Membre : Thomas Dinger , Klaus Dinger

LA DüSSELDORF - La Düsseldorf (1976)
Par WALTERSMOKE le 30 Juillet 2013          Consultée 1323 fois

1975, Neu!, c'est terminé ! Les tensions qui existaient entre Klaus Dinger et Michael Rother ont eu raison de l'un des duos les plus remarquables du krautrock, après Kraftwerk. Les aspirations de chacun pourront enfin pleinement s'exprimer. Rother s'était déjà évadé avec Cluster en formant le supergroupe Harmonia, qui avait donné deux grands albums de musique électronique. Dinger, de son côté, décide alors de créer une suite à la face B de Neu! '75, le fameux album de la scission. Avec son frère Thomas et la batteur Hans Lampe, le musicien allemand fonde ainsi LA DÜSSELDORF, et sort son premier album du même nom en 1976. A noter qu'en plus de ces musiciens et du bassiste Harald Konietzko, un certain Nikolaus VanRhein intervient aux claviers, mais il s'agit en réalité d'un pseudo de Klaus Dinger. Pourquoi une telle entourloupe, allez savoir. Au niveau de la production, avec Conny Plank aux manettes, rien à dire de ce côté.

LA DÜSSELDORF se pose donc en prolongation de "Hero" et "After Eight", et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a de quoi être plus que satisfait. Mieux, ce premier album est tout simplement magistral. Un défaut apparent gâche cependant le tableau, à savoir le chant. Si l'on compare avec les travaux de Neu!, force est de constater qu'il est bien présent ici. Trop même, sans compter qu'il est incroyablement mauvais. Même chez Harmonia ou à la rigueur Kraftwerk, il n'a été aussi moisi. A la limite, il passe plutôt bien sur Time, mais bon, il ne faut vraiment pas être exigeant. Je veux bien que le mauvais chant soit la forme d'expression d'une musique plus osée, mais là ce n'est pas sérieux. Cependant, sans pour autant réussir à l'évacuer, il est possible de passer outre et d'admirer le « reste », c'est-à-dire du krautrock/proto-punk de génie.

La face A montre toute la puissance et le talent de Klaus Dinger. La mécanique à laquelle est soumise la batterie est tout simplement superbe, que ce soit sur "Düsseldorf" ou "La Düsseldorf" (quelle originalité). Une joie presque agressive s'instille ici, aidée entre autres par le chant (au moins sert-il à quelque chose). La colère apparente perceptible sur Hero, par exemple, se dissimule encore plus avec le retrait de la guitare électrique. Concrètement, cela donne deux morceaux de longueurs très inégales (respectivement 13 et 4 minutes), mais stylistiquement très proches, pour ne pas dire frères, et surtout entraînants. Les quelques changements d'instruments et de sons assurent à "Düsseldorf" de ne pas s'embourber dans une répétition des plus chiantes, tandis que "La Düsseldorf", après une intro enregistrée dans un stade de foot, frappe par sa concision des plus directes.

Les deux morceaux sur la face suivante ne sont pas en reste, même s'il faut admettre qu'ils sont moins intéressants. "Silver Cloud" permet d'entendre LA DÜSSELDORF qui joue de manière plus calme et posée. Le fait qu'il s'agisse également du seul vrai instrumental aiguise également l'attention. C'est par contre là qu'on voit qui arrivait à réussir les plages ambient chez Neu!, et ce n'était pas Dinger. Une fois passées les 3 premières minutes, l'ennui est de mise, et ce n'est pas le break à la cinquième minute qui fera changer d'avis. C'est surtout la mélodie cristalline qui finit par gonfler au bout d'un moment, au point que ça en devient gonflant. "Silver Cloud" est vraiment un gros point noir. La déception est cependant tempérée par "Time", au démarrage un peu mollasson mais à la progression intéressante. Le chant est surtout un élément important à souligner car pour une fois il colle bien à la musique. Non pas qu'il est juste, mais la rage développée autour de la septième minute est formidable. Un grand moment que ce "Time", donc.

Il faut reconnaître en premier lieu que le premier album de LA DÜSSELDORF n'est incontournable que pour sa face A. Il s'agit clairement d'une démonstration de force du fameux motorik. Cependant, tout l'album reste éminemment intéressant à écouter, ce malgré des longueurs et des défauts un peu regrettables. Mais qu'on se le dise, ce n'est pas non plus excessivement grave. A écouter pour comprendre le krautrock, mais aussi le punk.

Note réelle : 3,5/5

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- Klaus Dinger (guitares, chant)
- Thomas Dinger (chant, percussions, synthés)
- Hans Lampe (percussions)
- Harald Konietzko (basse)
- Nikolaus Vanrhein (claviers, synthés)


1. Düsseldorf
2. La Düsseldorf
3. Silver Cloud
4. Time



             



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