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- Membre : Green River

MUDHONEY - Every Good Boy Deserves Fudge (1991)
Par NOSFERATU le 10 Mai 2016          Consultée 848 fois

Le guitariste Steve Turner en 90 est désabusé devant la tournure des événements : « C’était déjà terminé en 1990. J’en avais marre de ce qu’était devenu le grunge. Je n’aimais pas du tout les nouveaux disques de SOUNDGARDEN. J’adorais NIRVANA mais ils semblaient avoir atteint leur sommet (…) j’ai dit que j’arrêtais un moment ». Les membres de MUDHONEY, désormais presque des vétérans de cette fameuse esthétique grunge qu’ils ont inventée, critiquent leur label qui les a révélés, Sub pop. Le groupe splitte, certains voulant refaire des études puis se reforme aussitôt donnant encore sa chance à la centrale Sub pop.

SOUNDGARDEN lorgne vers les majors, NIRVANA est attiré par Geffen et sort l’emblématique Nevermind. A la réécoute, le cèlèbre disque s’avère être trop surproduit et le fameux trio veut prendre la place des PIXIES, l’alpha et l’omega du rock, sur lesquels bloque le blondinet Kurt qui, en effet, écoutait de la pop depuis sa tendre enfance (BEATLES en tête). Quelque part, ça va bien arrranger son compte en banque. Le grunge va s’articuler ainsi entre trois pôles, les purs et durs (MUDHONEY, TAD…), ceux qui tentent l’aventure de la major avec le succès que l’on sait (NIRVANA), les suiveurs opportunistes (PEARL JAM, ALICE IN CHAINS…). Désormais, MUDHONEY va devoir faire les premières parties du trio d’Aberdeen, un comble. Quand on connaît l’influence que le quatuor sauvage a eue auprès de KURT. D’après ce dernier, il paraitrait que même les peu convainquants ALICE IN CHAINS jouaient du hair metal avant de changer leurs sonorités après avoir vu MUDHONEY en concert. Les membres de MUDHONEY restant fidèles au son originel sortent leur second lp sur Sub pop une semaine après Nevermind. Sauf qu’ils vont rajouter des subtilités dans leur tourmenté post hardcore.

Si NIRVANA va créer la formule pop « quiet/loud » qui fera le succès que l’on sait, MUDHONEY, se foutant de la reconnaissance marchande, va faire revivre un genre quasiment en perdition : le garage rock. Autant parler de suicide commercial car l’époque est plus au bruitisme tout azimuth et les rengaines pop à l’emporte pièce. Cependant, on voit poindre dans l’«underground » au niveau planétaire des groupes « garage punk » (MONOMEN, TURBONEGRO, NEW BOMB TURKS et toute la clique du label Crypt) qui sont partagés entre « revivalisme » faisant une fixette sur le florilège sixties (les CRYPTONES de Toulon !) et un aventureux rétro-futurisme (JON SPENCER BLUES EXPLOSION). Eh oui, depuis leurs débuts, les réverbérations « sixties » des SONICS, des WAILERS (héros locaux, n’oublions pas que nous sommes à Seattle) et des tueurs du genre plus récents comme les extraordinaires australiens SCIENTISTS forment le carburant vital de la bande à Mark Arm. Surtout Steve Turner qui collectionne tout ce qui relève de ce courant. Turner veut donc des claviers farfisas et toute l’armature qui va de pair. Du garage, en veux-tu en voilà. Dés l’instrumental de « Generation genocide », le ton est donné, un orgue apparaît et on pourrait croire que l’on se retrouve dans un territoire plutôt rétro. Mais il y a des indices qui montrent que MUDHONEY ne joue pas seulement le jeu du « revivalisme » à toute bringue à la FUZZSTONES. Pas de copier/coller ici donc, mais une relecture des merveilles sixties avec un soupçon de brutalité.

Le son garage reste ainsi la dominante. Au milieu de « Good enough », on se croirait dans un vieux disque « sixties » du CHOCOLATE WATCHBAND. Le refrain est psychédélique en diable sur « Shoot the moon ». Celui de « Don’t fade out » est carrément space rock. « Fuzz gun 91 » est une ode à la pédale fuzz, ce second instrumental rendant hommage à tous les artistes garage/ Psychés dont un certain JIMI HENDRIX (lui aussi de Seattle, décidément !) qui ont influencé la formation. L’orgue de« Check out time », qui fait penser aux messes psychédéliques des 13TH FLOOR ELEVATORS, donne une dimension inquiétante au titre. Evidemment, le côté stoogien (le gang à Iggy n’étant ni plus ni moins qu’une continuité de tous ces groupes garage) transparaît nettement dans la rythmique de « Something so clear » illustrée d’une batterie tribale à la Scott Ashton, dans les vocaux « iggyesques » de « Into the drinks » et dans le tempo de « Don’t fade out » rappelant les délires déglingués de « Raw power ». Il y a toutefois quelques influences plus fraîches comme le swamp rock de « Good enough » qui dans sa construction remémore un peu les cavalcades du GUN CLUB, de « Broken hands » au final noisy à la SONIC YOUTH, du répétitif « Move out » avec l’utilisation judicieuse de l’harmonica et surtout du crescendo de « Pokin around ». Le hardcore n’est pas tout à fait délaissé comme peuvent l’illustrer le redoutable « Thorn » avec sa basse abrasive en introduction et la rythmique de « Shoot the moon ». Et puis il y a un hymne, le célèbre « Let it slide » bien punk/grunge faisant écho au « Touch me I’m sick ».

Ni revival ni rétro, par ce disque, quasiment neuf ans avant, la bande de Mark Arm annonce le retour médiatique des futurs cadors du « garage psychélique » des années 2000-2010 (WHITE STRIPES, JAY REATARD, THEE OH SEES, TY SEGALL et tant d’autres). Encore trop tôt, pourrait-on croire. Mais grâce à tous ceux qu’ils ont inspirés, une certaine notoriété va vite apparaître.

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- Mark Arm (voix, guitare, orgue)
- Steve Turner (guitare électrique, harmonica)
- Matt Lukin (basse)
- Dan Peters (batterie)


- generation Genocide
- let It Slide
- good Enough
- something So Clear
- thorn
- into The Drink
- broken Hands
- who You Drivin' Now?
- move Out
- shoot The Moon
- fuzz Gun '91
- pokin' Around
- don't Fade Iv
- check-out Time



             



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