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MUSIQUE ROMANTIQUE  |  STUDIO

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Gustav HOLST - The Planets (op.32) - A Somerset Rhapsody (op.21) (2005)
Par MR. AMEFORGEE le 30 Mai 2005          Consultée 4147 fois

Il y a bien longtemps dans une lointaine galaxie… Dans les années 1910 pour être plus précis, quelque part au milieu de la Voie Lactée, dans un petit système solaire, sur une planète bleue pas encore tout à fait rongée par la pollution, un être de type humanoïde, du nom de Gustav Holst (1874-1934), composa l’œuvre la plus célèbre de son répertoire : The Planets, une suite orchestrale qui plonge dans les tréfonds du mystère sidéral, en nous livrant un portrait astrologique des planètes qui évoluent dans le voisinage de la Terre.

Il existe de nombreux enregistrements de cette suite et dont la version de Karajan passe pour faire référence. Et dont je ne traite pas ici… En fait, le principal intérêt de cette nouvelle version réside dans le fait qu’elle propose la "conclusion" des Planètes, composée par Colin Matthews sous le nom de Pluto, the Renewer (et qui n’a rien à voir avec Mickey : il faut traduire Pluton, le Rénovateur plutôt que Pluto, le Renifleur). Effectivement, la planète Pluton fut découverte une dizaine d’années après la composition de l’œuvre de Holst. Ici, c’est le Royal Philarmonic Orchestra, sous la direction de Owain Arwel Hughes qui s’y attaque, et la prestation est tout à fait honnête, moins énergique que d’autres versions, mais de ce fait, plus majestueuse.

Ainsi, comme je le notais en incipit, le propos de Holst n’est pas d’esquisser un portrait rationnel, proprement astronomique, des corps célestes qui évoluent dans les hautes sphères de l’éther, mais plutôt d’en tisser un portrait psychologique, mystique, qui s’appuie sur les sibyllines arcanes de l’astrologie et dont les racines s’enfoncent elles-mêmes dans le terreau de la mythologie grecque. Il ne sera donc pas étonnant de retrouver les distinctions habituelles, à quelques modulations près : Mars le guerrier, Venus la porteuse de paix, Mercure le messager ailé, Jupiter le porteur d’allégresse, Saturne le porteur de vieillesse, Uranus le magicien et enfin Neptune le mystique…

Qui n’a jamais écouté le classique holstien éprouvera toutefois une sensation familière dès que les premières mesures de Mars, le Porteur de Guerre, retentiront, répétitives, martiales, lourdes de menace, dans un tourbillon de cordes que la section des vents vient surplomber de toute sa morgue. En effet, cette pièce est devenue un cas d’école pour de nombreuses générations de compositeurs de musique de films, et dont les moins célèbres ne sont pas John Williams avec Star Wars, David Arnold avec Stargate, ou bien encore Wojciech Kilar avec Dracula. Gageons que les autres morceaux qui forment la suite ont également influencés les compositeurs de musique de films, tant on a parfois l’impression d’entendre une bande originale. Il convient également d’ajouter que Mars ne sera pas uniquement une source d’inspiration pour la musique orchestrale, mais aussi, dans une moindre mesure certes, pour le rock : on peut évoquer le titre Friends de Led Zeppelin (Led Zep III) ou bien plus récemment le groupe de métal-prog Symphony X sur The Divine Wings of Tragedy de l’album éponyme.

Par contraste, Venus apparaît comme une pièce extrêmement douce, soyeuse, d’une tendresse toute lyrique pourrait-on dire, où les seuls heurts ne sont que les tintements cristallins de lointaines clochettes. Mercure, demeure d’une légèreté presque insaisissable, avec ses petits effets de clochettes, mais les instruments à vent se montrent plus alertes. Un morceau d’une clarté presque limpide. Vient ensuite l’opulent Jupiter, qui évolue dans un large mouvement, majestueux, rayonnant de jovialité, et qui tresse une mélodie mémorable. Au milieu du morceau, le ton se fait plus sensible, d’une tendresse délicieuse, avant de reprendre l’amplitude joyeuse dans une conclusion de toute beauté. Après de nombreuses écoutes, Jupiter s’est imposé comme le morceau des Planètes que je préfère. Saturne retourne à des circonvolutions plus calmes, mais prend des airs de procession où l’inquiétude a tôt fait de venir s’immiscer. Uranus quant à lui se pare des atours d’une danse vigoureuse, mais aux accents volontairement maladroits : on songe à ce titre à l’Apprenti Sorcier de Dukas et sa démarche d’éléphant dans un magasin de porcelaine. Les planètes n’ont pas toujours le pied aussi léger qu’une valse de Strauss… Puis Neptune enfin, le plus mystérieux, évanescent, avec ses voix lointaines, qui finit par se diluer dans le néant cosmique, le silence…

Dans cette perspective, la pièce ajoutée par Colin Matthews change radicalement le dénouement de la suite orchestrale. En effet, plutôt que de chercher à reconduire l’impression d’éloignement mystérieux de Neptune, Pluton se partage entre une ambiance froide qui détaille l’obscure géographie de la planète et des montées en puissance menées par des cordes frénétiques, que je qualifierais presque de « grouillantes ». En ce sens, je ne peux m’empêcher de songer à un texte de Lovecraft où celui-ci fait de Pluton l’avant-poste de l’invasion des horreurs cosmiques qui s’apprêtent à déferler sur la Terre. Dans cette idée, qui n’a pas grand-chose à voir avec la pensée du compositeur sans doute, Pluton apparaît comme un morceau très peu chaleureux, presque terrifiant dans son absence de sentiments. Mais le résultat est plutôt réussi, avouons-le.

De cette manière, la suite de Holst frappe par son côté moderne. A l’époque où l’on n’en était encore qu’au cinéma muet, aux débuts de Charlie Chaplin, il inventait, si vous me permettez cette boutade d’extra-terrestre, la musique hollywoodienne des années 70 et d’après… Et la conclusion proposée par Matthews est loin d’être désagréable, si tant est que l’on n’ait pas peur d’être effrayé.

Le disque, pour finir, propose une pièce plus ancienne de Holst, la Somerset Rhapsody (1906), où l’on quitte les sentiers stellaires pour redescendre sur Terre. Ici, le compositeur s’appuie des thèmes de chansons populaires anglaises et de fait, les mélodies se révèlent plutôt agréables. Dans un premier temps, la parole est donnée à un hautbois à la couleur lyrique, avant que les autres instruments, petit à petit, ne viennent s’emparer des mélodies, jusqu’à ce que l’orchestre dans toute sa majesté ne reprenne le flambeau. Cet ouvrage constitue une preuve que Gustav Holst n’est pas uniquement intéressant en tant que « compositeur des Planètes », ce à quoi il est souvent réduit.

Pour conclure, je peux affirmer qu’il s’agit donc d’un très bon disque de « musique classique », très agréable à écouter, et qui prouve que les êtres humains ne sont pas encore tous des mollusques décérébrés par le virus de la Variété Française (une maladie contagieuse de là-bas). Et tant que j’y pense : que la Musique soit avec vous, jeunes padawans.

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   MR. AMEFORGEE

 
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- Owain Arwel Hughes (chef d'orchestre)
- Royal Philharmonic Orchestra
- The Cambridge Singers (choeurs, sur neptune)


- the Planets, Op.32 (g. Holst)
1. Mars, The Bringer Of War
2. Venus, The Bringer Of Peace
3. Mercury, The Winged Messenger
4. Jupiter, The Bringer Of Jollity
5. Saturn, The Bringer Of Old Age
6. Uranus, The Magician
7. Neptune, The Mystic
- (c. Matthews)
8. Pluto, The Renewer
- (g. Holst)
9. A Somerset Rhapsody, Op.21



             



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