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BONOBO - The North Borders (2013)
Par MARTIN le 6 Mai 2013          Consultée 837 fois

Ah, ce bon vieux Downtempo. Mouvance en vogue encore il y a peu, portée entre autres par le label Ninja Tunes, avec un Bonobo qui s'attelait à écrire une des plus belles pages de ce furtif âge d'or. Des samples, des beats francs, une pincée d'instruments divers, quelques voix, et l'on obtenait ce son apaisant, optimiste et parfois augmenté d'un groove discret.

Mais voilà : une décennie est passée, et assez subitement, ce Downtempo est passé de In à Out. Tellement early 2000 quoi, ce qu'ils étaient mauvais à cette époque, et vas-y que l'on rejette tout ce qui a été fait il y a 10 ans, mais que l'on adule tout ce qui a été fait il y a 20 ans, et pareil dans 10 ans, mais c'est une autre histoire. Plus malin que ses potes musiciens de Ninja Tunes, Bonobo anticipe et sa musique évolue, délaissant progressivement les samples au profit d'instruments organiques et de nombreux featurings pour les chants, avec le superbe Days To Come. Puis vint le précèdent opus Black Sand, qui divisa un peu les auditeurs car Bonobo semblait lui même atteint d'une schizophrénie légère, passant d'une grosse première partie misant sur un travail d'électro « maison » qui renvoyait aux premiers disques, une certaine poésie en moins, et une dernière partie qui laissait percevoir un Bonobo bio, qui aurait délaissé ses envies de briller dans les clubs branchés, préférant une musique moins dansante, mais ô combien superbe, d'une justesse émotionnelle rare, à la fois moderne et hors du temps : on en venait à souhaiter à ce que Simon Green délaisse un peu ses samplers et ses logiciels de MAO pour ce concentrer sur ce superbe travail instrumental.

Pas pour cette fois, tant le travail électro prédomine sur ce The North Borders. Du moins lors des premières écoutes, pénibles, qui nous transportent dans un univers « bar lounge » des moins authentiques, mais pas un bar lounge de base non, plus l'aimant à snob qui vous propose un demi d'Heineken pour 6 euros. Voyez le genre d'ambiance à base de costards et de jupes courtes, d'iPhone 5s posés sur la table et de lunettes de soleil par temps de pluie : c'est la première image que m'a inspirée ce disque, sorte de bande-son idéale pour cet endroit. Flippant. Les rythmiques sont clinquantes, des voix susurrent des « ouuuuh oooh ouuuh » vulgaires, quelques claviers façon club, à l'image de Jet (set ?). Pas vraiment excitant.

Cette signature lounge peu convaincante s'atténue au fil des écoutes (sans pour autant disparaître), et force est de constater que ce gars là est tout de même bien talentueux. Le travail sur l'électro prend beaucoup de place, mais les sons revêtent cette élégance propre à Bonobo, et la section rythmique est superbe. On pourra lui reprocher de s'engouffrer avec opportunisme dans des sonorités issues de la scène UK Garage, singeant entre autres CLUBROOT, MOUNT KIMBIE, ou encore et surtout l’incontournable BURIAL, mais Simon Green s'est bien approprié le sujet et le résultat est convaincant (sauf pour quelques voix surpitchées, pas bien fines). Et puis, divers instruments viennent subtilement se glisser ici et là et apportent une épaisseur non négligeable à un album qui paraît bien creux aux premiers abords.

Une piste comme Emkay illustre avec brio la nouvelle couleur que BONOBO a souhaité insuffler à l'album, mêlant un rythme entraînant à une esthétique légère et optimiste, apaisante. Tout se tient dans une cohérence parfaite et une finition exemplaire. C'est le cas pour quelques autres titres, mais malheureusement, d'autres souffrent d'un trop grand sentiment de déjà entendu ou plus simplement d'une inspiration par moment bien en berne. Trop répétitif, un peu plat, pas vraiment passionné, à l'image d'Antenna ou, plus surprenant, du single choisit pour promouvoir l'album, Cirrus, pas vraiment dans le ton de l'album et quelque peu morne.

Pas de quoi bouder The North Borders, qui reste un album par moments éclatant (avec une fin plus intimiste assez réussie), mais à ce jour un des essais les moins convaincants de l'artiste. Au moins y a-t-il eu essai, car malgré cette inconstance l'on sent un artiste qui pense son évolution et qui ne s’endort pas sur ses lauriers. On reste plus que jamais curieux de connaître la suite, car tout laisse à penser qu'au final, Simon Green va encore rester In un bon bout de temps, et tant mieux. En attendant, il faudra se contenter de cet opus sympathique, mais pas incontournable.

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   MARTIN

 
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1. First Fires
2. Emkay
3. Cirrus
4. Heaven For The Sinner
5. Sapphire
6. Jets
7. Towers
8. Don't Wait
9. Know You
10. Antenna
11. Ten Tigers
12. Transits
13. Pieces



             



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