Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK  |  STUDIO

L' auteur
Acheter Cet Album
 

 

 Site Officiel (248)

PHOENIX - United (2000)
Par BAAZBAAZ le 10 Juin 2013          Consultée 1070 fois

Voilà donc l’origine du mal ! Quand tout a commencé… Le début de ce grand malentendu qui a vu PHOENIX devenir l’un des groupes pop-rock français les plus injustement controversés en son pays, avant d’être accueilli à bras ouverts aux Etats-Unis. Controversé ? Hélas, oui. Car, depuis ses débuts, il provoque la détestation de ceux qui lui reprochent ses origines versaillaises, son côté branché, ses connexions bobos (Sofia Coppola…) et sa coolitude exacerbée. Sans compter évidemment une musique peu agressive, d’aspect parfois très lisse, qui agace par ses faux airs de dilettantisme.

Tout cela, évidemment, est nul et non avenu. C’est un faux procès. PHOENIX est devenu au fil des ans un groupe aventureux, subtil, capable de prendre peu à peu une ampleur artistique et commerciale inattendue. Une fierté nationale boudée par son propre pays, en somme… Et quant au débat sur l’origine sociale de ses membres… Le rock fut-il un jour autre chose qu’une musique de petits bourgeois désœuvrés ? Ce n’est après tout qu’un phénomène culturel né de l’opulence des trente glorieuses et de l’accès de la génération du baby-boom à la consommation de masse. Ce ne fut jamais une musique de prolos. Et les rares fois où il prétendit l’être (SHAM 69…), il devint vite mauvais.

Débat terminé, dossier clôt, passons maintenant à l’essentiel : la musique. Au milieu des années 90, PHOENIX se forme dans le climat particulier de la French Touch. Pendant cette période d’apprentissage, on croise ainsi les futurs DAFT PUNK (Laurent Brancowitz fonde en 1991 l’éphémère DARLIN’ avec Guy-Manuel de Homem-Christo et Thomas Bangalter), Philippe Zdar de CASSIUS – le futur producteur de Wolfgang Amadeus Phoenix – ou encore AIR à l’occasion des premiers concerts. Sans être electro, le groupe partage avec cette scène le goût du funk et assume la même orientation anglo-saxonne.

Mais PHOENIX est avant tout une formation rock. Ses racines sont du côté de Steely Dan, du soft rock californien et du R&B très radiophonique de HALL & OATES. D’entrée de jeu, il est donc question d’une musique assez lustrée, détendue et mélodique. Et c’est dans ce registre que ce premier album sorti en 2000 est le plus convaincant. Sur United, en effet, on trouve deux chansons qui marquent d’emblée les esprits : « Too Young » et « If I Ever Feel Better » sont des perles funky imparables à l’ambiance souple et lascive qui posent les fondements de ce que sera le son du groupe à l’avenir. La voix de Thomas Mars, fragile et sarcastique, empreinte de feeling, leur donne une identité et une originalité surprenantes.

Les bases sont là. Le reste est moins mémorable. Si « On Fire » et « Embuscade » (deux R&B tranquilles et soyeux) confirment agréablement – mais sans faire d’étincelles – le talent naissant de PHOENIX, on trouve sur United des choses plus douteuses. Quelques incartades rock (« School’s Rules », dont personne n’a jamais compris l’intérêt, et l’anecdotique « Party Time ») ont des airs de remplissage tandis que la seconde moitié du disque laisse sceptique : « Funky Squaredance », longue composition en trois parties, ne parvient pas à dépasser le stade de la simple musique d’ambiance. Au fil des chansons, une vague torpeur s’installe.

Le groupe fait donc preuve d’inconstance et n’a pas encore atteint sa pleine maturité. Ses chansons n’ont pas toute la qualité mélodique nécessaire pour en faire autre chose qu’un funk-rock FM certes dansant mais parfois un peu insipide. Album de jeunesse encore tâtonnant malgré la belle morgue avec laquelle PHOENIX assume ses influences et distille une poignée de tubes dégoulinants de talent, United demeurera toujours à l’ombre de ses successeurs. A l’époque de sa sortie, il fit le buzz… On ne savait pas, alors, que le meilleur restait à venir.

A lire aussi en ROCK par BAAZBAAZ :


PHOENIX
Wolfgang Amadeus Phoenix (2009)
Classe mondiale




METRIC
Synthetica (2012)
Indie rock pour les masses


Marquez et partagez





 
   BAAZBAAZ

 
  N/A



- Thomas Mars (chant)
- Laurent Brancowitz (guitare, claviers, percussions)
- Christian Mazzalai (guitare, batterie)
- Deck D'arcy (basse, claviers, piano, percussions)


1. School's Rules
2. Too Young
3. Honeymoon 9
4. If I Ever Feel Better
5. Party Time
6. On Fire
7. Embuscade
8. Summer Days
9. Funky Squaredance
10. Definitive Breaks



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod