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Bo DIDDLEY - Bo Diddley (1958)
Par ERWIN le 5 Octobre 2013          Consultée 699 fois

En débutant l’histoire de Ellas McDaniel, je ne peux m’empêcher de réfléchir - ouais ça m’arrive pour autre chose que pour les femmes - à l’évolution du Rock en général et des oublis, voire des injustices incompréhensibles qui découlèrent de la mode ainsi que des phénomènes sociaux du vingtième siècle. Ellas, que la postérité connaît sous le sobriquet de BO DIDDLEY, est un des grands oubliés de la cause. Il a pourtant dignement disparu il y a quelques années à l’age de 80 ans et avait déjà 26 ans en 54, quand le rock débarque sur les ondes. Il débute la musique dans son église des faubourgs de Chicago, trouve la voie après avoir vu Johnny Lee HOOKER en concert, et se lance dans la grande aventure. Son surnom vient selon certains d’un ami de sa famille, de l’instrument traditionnel africo-américain ou de sa simple signification : « absolument rien »… Il signe chez Chess et va sortir une flopée de 45 tours à compter des mid fifties, dont cet album est une bête mais nécessaire compilation.

La grande spécificité de Ellas « Bo » est la revendication évidente de ses origines dans ses chansons, comme par exemple les percussions traditionnelles africaines sur l’éponyme classique « Bo Diddley », qu’on appellera ensuite le « Bo diddley beat » et qui sera intégré dans moult classiques du Rock - « His latest flame » de Elvis PRESLEY -. On nage dans la tradition : ainsi le blues Boomien qu’est « I’m a man », ou la frustre « Bring it to jerome », qui sonne telle quelle tirée des champs de coton de son natif Mississipi - hallucinant de réalisme- , tout comme « Pretty thing », à l’avenant.

« Before you accused me » propose une vision plus fusionnelle du rhythm'n'blues avec des accents modernes. La voix de Bo, claire et nette, sonne toutefois vindicative par moment. Finalement tous ces éléments expliquent bien la relative volonté des cadors de l’époque - Ed SULLIVAN et son fameux show ! - de ne pas porter le jeune homme au pinacle. C’est que le mec revendique tant qu’il peut ,il inclut des femmes dans son backing band, désigne ses propres guitares, construit son propre studio d’enregistrement, à une époque ou les ricains voient toujours les noirs comme des « negros ». Demandez donc à Chuck et Richard ce qu’ils en pensent ! D’ailleurs sur « Who do you love », le rythme se fait trépidant, on croirait du Chuck BERRY, sans doute le titre le plus moderne du lot.

« Dealer Darling » sort en droite ligne des gospels appris dans son enfance, et ça sonne remarquablement ! Un talent insolent !
Le piano de « Hush your mouth » est prétexte à de jolis débordements vocaux, ou l’agressivité est bien présente. Il se calme cependant sur « Say boss man » ou les relents doowop sont présents. Et dans la série standard, vous reconnaîtrez probablement la mélodie de « Diddley daddy ».

C’est le manque d’envie de Bo d’aller dans le sens du bien pensant de l’époque qui provoquera le rejet de l’establishment dont il fut victime jusqu’à aujourd’hui. Tant que le rebelle se contente de porter la banane et de faire quelques mouvements provocants, ça passe… S’il attaque le statut des noirs et les inégalités sociales, il se condamne à rester dans l’ombre, tels les grands bluesmen de ces années de gloire comme Muddy WATERS ou Johnny lee HOOKER… Ce d’autant que la musique est frustre, et souvent plus Bluesy que réellement Rock’n’roll. Elle n’en demeure pas moins d’une importance considérable.

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1. Bo Didley
2. I’m A Man
3. Bring It To Jerome
4. Before You Accuse Me
5. Hey ! Bo Didley
6. Dealer Darling
7. Hush Your Mouth
8. Say, Boss Man
9. Didley Daddy
10. Diddy Ah Diddy
11. Who Do You Love
12. Pretty Thing



             



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