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COCKNEY REJECTS - Quiet Storm (1984)
Par RED ONE le 11 Novembre 2013          Consultée 1165 fois

La pochette de cet album, horriblement kitsch au possible et digne d'un groupe de NWOBHM de troisième division, annonce la couleur : les REJECTS sont désormais un groupe de hard rock pur et dur. Euh... ou pas ? Non, parce que "pur", j’en doute quand même très fortement, et "dur", alors là pour le coup pas du tout du tout. Et le contenu de ce cinquième album de nos Londoniens ne pourra que me donner raison.

Premier constat : COCKNEY REJECTS a décidé de temporairement laisser tomber le terme qualificatif "Cockney" et de se rebaptiser officiellement "The REJECTS", comme vous pouvez le voir sur la pochette. Nos hooligans fans de football renieraient-ils leurs racines londoniennes afin de s'assagir et de rentrer dans le rang ? Oh shocking ! Par ailleurs le titre de l'album, "Quiet Storm", devrait nous interpeller : "quiet storm" est en effet un terme de radio américain qui sert à désigner un format de musique spécifique pour les programmes nocturnes, plutôt orienté vers le R'n'B, la soul, le jazz et l'A.O.R. En gros, de la musique spécialement conçue pour rouler la nuit sur l'autoroute sans se prendre la tête et s'adonner à diverses activités sympathiques en galante compagnie. En baptisant son cinquième album de la sorte, les REJECTS semblent donc assumer totalement leur envie de pondre une musique calibrée pour plaire au plus grand nombre. Pas très punk comme attitude, mais le constat est là : en 1984, les REJECTS ne sont plus un groupe de punk.

Quiet Storm poursuit de manière assez hasardeuse les expérimentations hard rock de The Wild Ones, l’opus précédent. Mais si The Wild Ones pouvait se glorifier d’une certaine réussite artistique due à des sonorités assez proches du heavy metal pratiqué alors par les groupes de la NWOBHM, Quiet Storm effectue pour sa part un revirement complet vers le hard FM et le rock radio, aux frontières de la variétoche, ce qui ne manquera pas de fortement décevoir ceux qui s'attendaient à une suite explosive à The Wild Ones.

Les bons titres sont pourtant présents, pour peu qu'à l'instar du précédent album, on ne soit pas un puriste radical de la période street punk des REJECTS : ainsi le titre d'ouverture, "It Ain't Nothing", est un excellent morceau de hard rock bluesy au groove imparable, où les claviers ne dépareillent pas malgré leur côté rétro assez dérangeant. Idem sur "I Saw The Light", blues incendiaire façon ZZ TOP où le groupe nous étonne par ses sonorités très old school. "Feeling My Way" et "Leave It", énormes titres de hard rock groovy et savamment dosé, sont eux aussi de franches réussites. Mais on ne peut s'empêcher de s'étonner toujours un peu plus de l'orientation choisie par le groupe à cette époque. Par ailleurs, alors qu'ils étaient encore présents sur The Wild Ones, les choeurs ont cette fois entièrement disparu.

Plus surprenante sera la sympathique mais très étonnante ballade "Back To The Start", où Jeff Geggus chante en duo avec une femme, et dont les arrangements sont vraiment dignes de la variété. Même topo sur "I Can't Forget", nouvelle ballade sirupeuse assez déconcertante d'opportunisme. La chanson-titre "Quiet Storm" sombre pour sa part dans la soupe la plus totale, malgré de belles guitares acoustiques : la voix de Jeff Geggus s'y fait vraiment mièvre et insupportable et les claviers sonnent vraiment très ringards. "Fourth Summer", ballade folk que l'on devine inspirée par le rock américain des années 1970, détonne franchement du reste, mais demeure appréciable. Mais les REJECTS ont gardé le "pire" pour la fin : "Jog On", qui est un titre... funk. Oui, ce n'est pas une blague. Le "pire", en fait, dans l'histoire, c'est que ce titre est plutôt bon. Ça groove assez méchamment et le groupe semble même s'amuser. Mais on ne peut s'empêcher de trouver le tout franchement opportuniste pour l'occasion, et en fin de compte, l'album apparaît comme étant très décousu.

Plus qu'une vraie déception, cet album est, en quelque sorte, une énigme totale : si l’attrait des frères Geggus pour le heavy metal britannique alors à la mode à cette époque pouvait se comprendre deux ans plus tôt et que l’orientation metal de l’album The Wild Ones était logique, en revanche l'orientation hard FM/pop rock de Quiet Storm est pour le coup totalement incompréhensible. Car malgré une volonté évidente de voguer sur une mode A.O.R. plutôt dans l'ère du temps, Quiet Storm ne ressemble en rien à un album abouti et maîtrisé. Les REJECTS s'égarent fortement, et nous aussi pour le coup...

Mais pour conclure, j’aurais tendance à relativiser ma mauvaise note : car Quiet Storm, en dépit de ses arrangements poussifs, datés et passablement ringards, recèle quand même de bons moments et de trouvailles vintage qu’un amateur de hard rock et d'A.O.R. saura apprécier avec un peu de recul. Là encore, pas sûr en revanche qu’un fan hardcore de leur période oi! et street punk voit les choses sous cet angle... À vous de juger !

Note réelle : 2,5/5

Titres à retenir : "It Ain't Nothing", "Feeling My Way","Leave It", "I Saw The Light"

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   RED ONE

 
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- Jeff Geggus (chant)
- Mick Geggus (guitare)
- Ian Campbell (basse)
- Keith Warrington (batterie)


1. It Ain't Nothing
2. I Saw The Light
3. Back To The Start
4. I Can't Forget
5. Feeling My Way
6. Quiet Storm
7. Leave It
8. Fourth Summer
9. Jog On



             



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