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Felix MENDELSSOHN - Concerto Pour Violon Op. 64 (yang, Gallois) (1844)
Par CHIPSTOUILLE le 15 Août 2013          Consultée 1174 fois

Je l’ai repoussé ce texte, longuement, c’est un de ceux qui m’a fait poser la plume. Passé un moment, il faut savoir se lancer, braver la cohorte. Tous les chroniqueurs sont passés par là. Il y a fatalement un jour ou un « chef-d’œuvre » ne leur a pas évoqué la moindre parcelle d’émotion. Les notes s’enchaînent, la musique se révèle, l’interprète fait son possible. Parfois on sait même déceler l’évidence de l’originalité. Rien n’y fait, écouter la cuvette des toilettes se remplir vous évoque autant de passion que cette œuvre adulée. Débutant, on se laisse avoir, on se lâche, le site n’est pas lu se dit-on. Raté, en moins de temps qu’il n’en faut vous êtes la risée des fans, les témoignages outrés pleuvent, votre pseudonyme est souillé dans la fange.

Oui mais voilà, Don Giovanni (ai-je besoin de préciser de qui ?), le Messie d’HÄNDEL, Ummagumma de PINK FLOYD, Kid A de RADIOHEAD, aussi adulés soient-ils, ont aussi le droit d’être détestés. On a même le droit de le dire, de l’écrire, de l’argumenter. Ce n’est pas être ignorant que de rester de marbre face à ce qui titille les émotions du plus grand nombre. Ca ne signifie pas non plus que l’on prend un malin plaisir à prendre le contre-pied de la majorité (un peu tout de même, avouons). On souhaite simplement faire résonner une voix dissidente au milieu de la foule unanime, parler au nom des déçus. Je ne crois pas, d’ailleurs, à ce jour, connaître la moindre parcelle d’art qui puisse prétendre à cette unanimité. Les chefs d’œuvres universels sont si célèbres qu’ils en ont perdu leur force. A part avoir vécu coupé de tout média, qui peut prétendre avoir été marqué par sa première écoute de la neuvième de BEETHOVEN ?

Le concerto pour violon de MENDELSSOHN, aussi révéré soit-il, n’est pas unanimement adulé. Il n’y a pas de mépris ici, simplement du désintérêt. Né sous la plume d’un compositeur brillant, on y retrouve ses marques de fabrique. Elégance, raffinement, technicité, les caractéristiques de l’ère romantique y sont toutes présentes. Aussi connu et repris, sinon plus, que ceux de PAGANINI, BEETHOVEN ou TCHAIKOVSKI, le thème du premier mouvement est évident. Il est repris et particulièrement apprécié des violonistes de renom. Suffit-il de la recette et des ingrédients pour faire un bon plat ? Oui, mais ça n’en fait pas un chef d’œuvre.

Mais nous parlions d’argumenter. Pour quelle raison ce concerto débuté en 1838 pour être achevé 6 ans plus tard, peut-il vous laisser inerte. La caractéristique de MENDELSSOHN, d’éviter les reprises, donne de superbes choses dans ses symphonies. Dans l’exercice du concerto, plus vaniteux, on se perd en circonvolutions. Les thèmes principaux, marquants dans les mouvements « vifs », s’évanouissent rapidement dans ce que, à la guitare électrique, on aurait pu appeler de la « branlette de manche ». Avec le romantisme, le raisonnable n’existe plus. MENDELSSOHN, au même titre que BEETHOVEN quarante années plus tôt, ne compte plus les minutes, laisse le compteur tourner, fait de la démonstration technique. C’est une aubaine pour ceux qui aiment la complexité mais d’un ennui profond si vous ne parvenez pas à suivre le fil.

Reste, pour ceux qui apprécient, à trouver l’interprétation qui fera mouche. Comprenez l’appréciation finale comme, possiblement, un aveu d’échec concernant une mini quête infructueuse. La version Milstein / Abbado ne m’a pas convaincue, pas mieux pour Vengerov / Masur. Le disque de Tianwa Yang avec Patrick Gallois à la direction sorti en ce début d’année 2013 a été couronné par un Choc de classica, Diapason s’est montré plus réservé sans être cassant. L’avantage de celui-ci est un programme entièrement dédié au compositeur. La présence du tout premier concerto pour violon, plus classique dans son approche, ainsi que d’une sonate, permet de mettre le plus fameux concerto opus 64 en relief. Cela reste une musique agréable, avec des thèmes sympathiques. Un jour peut-être, l’illumination viendra. En attendant, prenez des pincettes, qui sait, peut-être pourriez-vous faire partie de ceux qui restent ici insensibles.

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   CHIPSTOUILLE

 
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- Tianwa Yang (violon)
- Romain Descharmes (piano sur sonate)
- Sinfonia Finlandia Jyväskylä
- Patrick Gallois (direction sur concertos)


- concerto Pour Violon En Mi Mineur, Op. 64 Mwv O
1. Allegro Molto Appassionato
2. Andante
3. Allegro Molto Vivace
- concerto Pour Violon En Ré Mineur, Mwv O 3
4. Allegro
5. Andante
6. Allegro
- sonate Pour Violon En Fa Mineur, Op. 4 Mwv Q 12
7. Adagio - Allegro Moderato
8. Poco Adagio
9. Allegro Agitato



             



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