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Felix MENDELSSOHN - Symphonie N°1 (abbado) (1824)
Par CHIPSTOUILLE le 22 Février 2016          Consultée 1057 fois

Impalpable, elle se dérobe sous nos pieds. Elle, c’est la première symphonie de Felix MENDELSSOHN. Première ? Non, treizième en réalité, car à l’image de MOZART ou plus tard SAINT-SAENS, le jeune berlinois fit partie des enfants prodiges de la musique classique. Elevés dans une famille curieuse des arts et des sciences (1), le jeune Félix et sa sœur Fanny furent rapidement initiés à l’art de la musique et s’y montrèrent tous deux brillants. A partir de 1821, soit dès sa douzième année, Félix enchaîna les compositions : singspiel, quatuors avec piano, concertos et…symphonies. Des symphonies pour orchestre à corde, inscrites dans le style classique du XVIIIe siècle, qui ignorent presque tout des évolutions amorcées par Ludwig Van BEETHOVEN et même d’un Joseph HAYDN tardif.

Voilà pourquoi cette « première » symphonie, initialement batpisée Synfonia XIII (2), amorça finalement une nouvelle numérotation. Voilà pourquoi ce coup que l’on pourrait croire d’essai, porté l’année même où la neuvième de BEETHOVEN voyait le jour, est déjà un coup de maître. Car si les symphonies des années précédentes, des exercices comme MENDESLSSOHN s’employa à les qualifier par la suite, n’étaient certainement pas exemptes de qualités (bien souvent contre-pointées), les 5 symphonies numérotées (3) que MENDELSSOHN laissa finalement à la postérité avaient par opposition tourné la page de l’époque classique.

Elle se dérobe donc, cette première symphonie pour orchestre complet. Insaisissable, nous accueillant au beau milieu de son tumulte, sans prendre la peine de nous ménager dans une introduction lente. MENDELSSOHN est pressé, il va de l’avant, il fuit ? Puissant, majestueux, le premier thème nous toise depuis ses quelques mètres de surplomb. On entraperçoit dès son énonciation, les vibrantes émotions qui suivent. Le second thème, langoureux, plus énigmatique, plus mozartien dans ses manières délicates, apporte une touche contrastée. Celle qui permet au premier de reprendre tout l’élan dont il se nourrit pour nous essouffler. Cela étant, les deux thèmes bien que d’intentions différentes, ne s’opposent pas réellement. Leurs courbes boisées, épicées par ces cuivres et timbales désormais indissociables de l’orchestre, s’épousent comme le plus poétique des clairs obscurs. De reprise en reprise, ils se tiraillent et jouent de cet impressionnisme musical, tranchant de manière définitive avec la sérénité bonhomme de l’époque classique.

Pourtant l’ère classique n’est pas loin. Depuis la forme sonate respectée à la lettre jusqu’à la structure en quatre mouvements vif-lent-menuet-vif, MENDELSSOHN semble ignorer tous les efforts accomplis par BEETHOVEN pour s’éloigner de papa HAYDN. Ce n’est pas même ce qui étonne le plus, lorsque l’on connaît l’admiration de MENDELSSOHN pour BACH. En effet le Kapelmeister jusque là pourtant très influent sur la musique de l’adolescent finit presque (4) par se taire dans cette symphonie. On retrouvera bien quelques traces contrepointées ci et là, mais totalement dissoutes dans le mélange harmonique que BACH s’était toujours refusé à adopter.

A un andante sage qui ne manque pourtant pas de qualités succède un énergique menuet, lacéré par ses élans tragiques. Il n’est même pas nécessaire de pointer du doigt le moment de sérénité boisé qui repose au creux de celui-ci pour faire une analogie avec la 40ème de MOZART. Certes, tout le monde ne s’apercevra pas au premier coup d’oreille que l’on tient là un objet rare. Pourtant, entre un MOZART parti trop tôt, un HAYDN qui en a toujours conservé la racine dansante et un MENSELSSOHN peu prolifique, les menuets énergiques comme ceux de ces deux symphonies méritent d'être soulignés.

Reste l’apothéose, le dernier mouvement "con fuoco" repousse toujours plus loin les limites de la qualité. On regrette presque que BEETHOVEN en ait finalement trop fait avec son hymne à la joie. Car tout superlatif concernant le mouvement conclusif d’une symphonie de MENDELSSOHN fut désormais rendu vain. La seconde symphonie, avec sa cantate bourrative, sera d’ailleurs la démonstration parfaite que continuer à en rajouter des tonnes était une impasse. Cet allegro initie une petite série de conclusions démonstratives, haletantes et explosives, auxquelles Mendelssohn donne généralement le meilleur de lui-même. Il manque peut-être à la première un thème inoubliable, seul réel défaut que l'on pourra trouver à cette symphonie, uniquement par comparaison. Néanmoins, on trouve ici toute la verve et l’ambition qui enflammaient MOZART dans le finale de sa symphonie Jupiter.

Dans sa globalité, la première symphonie de MENDELSSOHN est une claque, comparable aux symphonies écossaise, italienne et réformation. On tient la une brillante démonstration de symphonie romantique, qui tient encore à ses vertus mélodiques. Pourquoi BERLIOZ, MAHLER, SCHUMAN, BRUCKNER et même trop souvent BRAHMS choisiront des voies moins accessibles par la suite, cela reste pour votre serviteur un mystère.


(1) Moses Mendelssohn, grand-père de Félix et Fanny était un célèbre philosophe de l’Aufklärung, le versant allemand des lumières
(2) Il est souvent fait référence à un groupe de 12 symphonies ou synfonia" à cordes. En réalité, 13 furent composées avant cette première symphonie pour orchestre. L'oeuvre qui finit par porter le titre de Synfonia XIII fut bien composée en 1923. Elle est étrangement également en ut mineur et ne dispose que d'un seul mouvement. C'est peut être la raison qui fit qu'elle ne fut pas considérée dans la numérotation initiale? La synfonia X est également en un seul mouvement. La classification MWV des oeuvres de Mendelssohn, qui numérote les oeuvres par genre à la manière de la classification Hoboken de HAYDN a repris la numérotation d'origine en attribuant le 13 à la symphonie pour orchestre n°1 et le 14 à la Synfonia XIII pour cordes.
(3) Outre une réorchestration de la Synfonia VIII pour orchestre, il existe également deux ébauches de symphonies orchestrales en Si bémol de 1839 et en ut de 1845.
(4) L’influence de BACH se fait tout de même ressentir au début du développement du 4e mouvement (à partir d’environ 3’30 pour la version d’Abbado).

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- London Symphony Orchestra
- Claudio Abbado (direction)


- symphonie N°1 En Ut Mineur, Opus 11
1. Allegro Di Molto
2. Andante
3. Menuetto & Trio
4. Allegro Con Fuoco



             



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