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HIGH TONE - Outback (2010)
Par MARTIN le 7 Décembre 2013          Consultée 874 fois

Underground Wobble vs. Outback, un petit débat à ressortir lorsque dans vos soirées de lettrés amateurs d'électro-dub, vous abordez le banal thème de la spontanéité et de la minutie dans l'acte de création. D'un côté, Underground Wobble, composé sur 3 années (si mes souvenirs d'une interview aujourd'hui introuvable sont bons, mais disons que oui). De nombreux allers et retours, de l'affinage entre deux tournées, de la sélection, un gros recul, des compositions ultras abouties. De l'autre, Outback, double album réalisé en 3 mois, tout en impulsions et en franchise, dénué de toute la prétention involontaire que peut revêtir une musique trop calibrée. Préfère-t-on une symphonie de Beethoven ou une improvisation de guitare acoustique sur la plage, autour d'un feu et en compagnie d'adolescents qui précopulent? Aucun des deux ? Tant mieux, et en plus ça n'a rien à voir.

Car OutBack, 5e album d' HIGH TONE, reste bien évidemment très travaillé. Mais la première écoute ne trompe pas : ce disque est rentre-dedans. Surtout le Dub Axiom, puisqu'il s'agit d'un double album. Une grosse demi-heure qui file une pêche monumentale tout de suite et sans avoir à assimiler quoi que ce soit, c'est direct, et difficile de dissimuler un sourire béat lorsque pour la première fois les basses massives de Spank résonnent dans la pièce. Généreux, très coloré, ce Dub Axiom fait la part belle à un électro-dub bien calibré, dans l'air du temps, c'est-à-dire assez urbain et éloigné des trips ethnos des débuts du groupe. HIGH TONE s'est nourri de la mouvance Dubstep sans en faire un abus, et l'intègre à un dub rond et vibrant, compact et très dynamique.

No Border, le deuxième album, constitue une sorte d'auto carte blanche laissée au groupe, sans beaucoup de cohérence d'ailleurs. Un fourre-tout de titres plus conceptuels, allant d'un Hip Hop sombre à une ballade western-dub-chelou, en passant par le très progressif 7th Assault, morceau de bravoure martial assez éloigné de ce que nous propose le groupe habituellement. No border est tantôt réussi, tantôt longuet. Cela fait dans tout les cas plaisir à entendre, des gens libres qui font de la musique.

Mais plus que l'incohérence de cette deuxième partie, c'est cette spontanéité mal digérée qui vient assombrir un peu le tableau général. Car si les premières fois le plaisir est réel, le disque dans son ensemble lasse assez rapidement, à l'exception de quelques titres. Ce Dirty Urban Beat qui vous fait tant bouger la première fois devient presque vulgaire, et ce fourmillement de sons sur la fin ne réussit pas à masquer une structure trop facile, trop évidente. S'ensuit alors un rapport presque schizophrène avec le disque, à l'exemple d'Uncontrolable Flesh, un morceau épuisant tant il envoie, excitant, infatigable, mais presque bête, à la limite de l'auto caricature. Un son que l'on écoute fort, mais en cachette. Est-ce un défaut ? Pas forcément, selon l'humeur et les substances inhalées. Mais arrive en toute fin de parcours le superbe Altered States, qui vient clore l'album sur une note poétique, morceaux spacieux et ample, planant à souhait, et qui nous rappelle qu'HIGH TONE sait aussi être beau et planant quand il le souhaite. Ce qui n'est pas vraiment le cas sur OutBack donc.

M'enfin bon. Ça critique, mais dans une échelle de critique High Tonienne, et OutBack reste un disque bien au dessus du lot en bien des aspects. Déjà, cette franchise met tout le monde d'accord. Ensuite, OutBack, c'est un featuring avec Pupajim du STAND HIGH PATROL, un Rub-a-Dub Anthem devenu depuis l'hymne du renouveau actuel de la scène dub française, chanté de tous en concert. On est loin du HIGH TONE muet des origines, mais ça fait plaisir. Enfin, OutBack est un album profondément généreux, et pris comme tel, on excusera les quelques maladresses de certains titres pas fous (Propal, qui l'a écouté ne serait-ce que 10 fois?). Certes, c'est trop long, et nul doute que le prochain album sera plus concis et moins bordélique, mais ce joyeux foutoir a quelque chose de rassurant pour un groupe déjà plus tout jeune : c'est audible que les Lyonnais se sont fait plaisir.

La conclusion à ce débat fort exaltant sur la spontanéité dans l'art est simple : faut de la spontanéité, mais faut du recul. Un machin équilibré en somme. Inutile de se fader des bouquins philosophiques ou même de sortir de chez vous pour trouver la réponse, Forces Parallèles vous l'offre gracieusement. Pour Outback, il manquera d'un peu de ce recul et au fil des écoutes, certains titres perdent en finesse, et on se rend compte que tout ça n'est pas très original, même les titres du No Border. Là où de son coté Underground Wobble s'affine avec le temps, tel un bon vin. Mais tant qu'à faire, ne choisissez pas, et jetez une oreille à l'ensemble de ces disques

Note réelle : 3,5/5 arrondie à 4 pour la générosité de ce double album.

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STAND HIGH PATROL
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   MARTIN

 
  N/A



- Lionel Dumas
- Julien Oresta
- Dominique Peter
- Fabrice Oresta
- Antonin Chaplain


1. Spank
2. Dirty Urban Beat
3. Dub What
4. Liqor Feat. Oddateee
5. Liqordub
6. Rub A Dub Anthem Feat. Pupa Jim
7. Fly To The Moon
8. Boogie Dub Production
9. Space Rodeo Feat. Ben Sharpa
10. Bastard
11. Home Way
12. Propal
13. Uncontrolable Flesh
14. Ollie Bible
15. 7th Assault
16. Altered State



             



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