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Matt ELLIOTT - Howling Songs (2008)
Par MR. AMEFORGEE le 24 Décembre 2013          Consultée 1056 fois

Ça y est, cette fois-ci, l'homme de la pochette a ouvert les yeux. Pire, il nous fixe. Et l'on doit dire qu'il n'a pas l'air des plus engageants, blême, sévère, portant sans que ça n'ait l'air de le perturber outre mesure un étrange couvre-chef insectoïde qui lui suçote le crâne comme un cancer symbolique. Pour un peu, il nous adresserait la parole : « Dobryï den, monsieur Vincent. »

Le style musical de Matt Elliott est désormais bien en place. Mais on ne conclut pas brillamment une trilogie en répétant la formule à l'identique. Dans les Failing Songs, les éléments slaves et tziganes étaient particulièrement appuyés, la richesse de l'orchestration était remarquablement perceptible. Ici, même s'ils sont toujours présents, la musique se fait plus sobre. Plus sombre. Comme lasse, comme exténuée. Dans de très nombreux morceaux, d'imposantes chapes de guitares saturées, que d'aucuns qualifieront de noisy, viennent de temps à autre noyer les orfèvreries minutieuses. Comme si les forces sauvages de la nature déchiquetaient les beaux ors de la civilisation. A la fin, c'est la grande nuit de la destruction.

Les morceaux alternent entre fresques ambitieuses et fragments plus réduits. A ce titre, l'ouverture de onze minutes en impose d'emblée. Lorsque la chanson débute, ses roulements d'arpèges de guitare établissent sans fard une connexion avec un autre illustre compositeur d'une trilogie de Songs, que le chant de Matt Elliott, plus affirmé et solitaire cette fois-ci, viendra confirmer : Leonard Cohen. Il y a quelque chose d'« Avalanche » dans ce « Kübler-Ross Model » qui, à travers les cinq stades du deuil, nous narre la perte d'un proche. Une atonie mélancolique qui sert de départ à un long périple sinueux où le violon torturé viendra apposer ses tourbillons, où un rythme de valse viendra apporter un peu d'insouciance factice, avant que les guitares abrasives ne jaillissent pour tout emporter dans un grand mugissement.

Deux autres morceaux atteignent les six minutes et constituent les deux autres perles de l'album : « Something About Ghosts », très proche des Failing Songs, qui alterne une belle phase de chant et un moment d'intimité instrumentale, avant que les guitares corrosives, encore elles, ne viennent joyeusement souffler une dansante déréliction. L'autre, c'est « I Name This Ship the Tragedy, Bless Her & All Who Sail With Her », qui possède tout simplement l'une des plus belles mélodies chantées de toute la carrière de Matt Elliott et dont on aurait aimé que des couplets supplémentaires prolongent la durée avant de laisser place à l'inévitable partie instrumentale, honorable tout de même.

On goûtera encore à l'ouverture fine, aux guitares qui grincent, suintent, crépitent, puis au minuscule piano lo-fi de « Broken Flamenco », au désespoir très digne évoquant la Seconde Guerre Mondiale de « Berlin & Bisenthal », aux mugissements mêlés des guitares et des chœurs sur le bien nommé « The Howling Song ». Et bien entendu, on ne s'étonnera pas lorsqu'on s'avisera que « Song For a Failed Relationship » est une chanson sans paroles. Le dernier morceau, « Bomb the Stock Exchange », sonnerait presque comme une conclusion paisible avant que l'interrogation finale « pourquoi ne pas faire sauter la bourse ? » ne s'achève dans une ultime bourrasque d'humour carnassier.

Howling Songs termine magistralement la trilogie. Si les Drinking Songs me paraissent un peu moins bons que les deux albums suivants, il faut bien reconnaître que l'ensemble forme un très beau cycle, d'une qualité assez exceptionnelle. Puissants, évocateurs, subtils, d'une mélancolie plus délicieuse qu'accablante. L'album suivant, The Broken Man, même s'il n'appartient pas officiellement à la série, poursuit dans cette veine acoustique qui fait désormais la patte précieuse de Matt Elliott. Une fois qu'on a écouté ses albums, ils se coulent dans notre âme comme de l'or dans notre ombre.

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   MR. AMEFORGEE

 
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- Matt Elliott (chants, guitare, piano, etc.)
- Aurélien Pottier (violoncelle, basse, flûte, etc.)
- Patricia Arguelles (violon)
- Chris Chole (percussions)


1. The Kübler-ross Model
2. Something About Ghosts
3. How Much In Bllod?
4. A Broken Flamenco
5. Berlin & Bisenthal
6. I Name This Ship The Tragedy...
7. The Howling Song
8. Song For A Failed Relationship
9. Bomb The Stok Exchange



             



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