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- Style : Bodh'aktan, The Real Mckenzies , Paddy And The Rats
 

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IRISH MOUTARDE - Raise 'em All (2013)
Par GEGERS le 21 Septembre 2013          Consultée 1437 fois

Un single, c'est trompeur. Avec « The Bear And The Maiden Fair », on pensait qu'IRISH MOUTARDE allait n'être qu'un simple groupe de punk-celtique « de plus », et n'allait pas apporter grande chose à une scène saturée. Sauf qu'avec son premier album, Raise 'Em All, le groupe québécois nous refait le coup qu'avait fait Bodh'Aktan en 2011, en s'imposant dès sa première réalisation comme un groupe ultra-inspiré, sur lequel nous allons pouvoir compter, espérons-le, dans les années à venir, pour secouer un bon coup ce gros sac de nœuds qu'est le punk celtique. Et puis, pour ouvrir un concert des Dropkick Murphys, il faut en avoir une bonne paire.

IRISH MOUTARDE est un groupe bluffant, car il parvient à mêler son exubérance juvénile avec un sens inné de la mélodie et une maîtrise instrumentale de tous les instants. Le groupe fait déjà preuve d'un certain professionnalisme, comme le montre le travail soigné apporté au packaging de l'album (quelle superbe pochette!) et sa durée idéale de 40 minutes. Pas le temps de lasser, et de quoi entretenir l'intérêt grâce à la lecture des annotations apportées à chacun des morceaux dans le livret, qui donnent envie à l'auditeur de s'investir dans l'écoute d'un opus qui à plein de choses à dire.

Car la réside l'autre force du groupe, celle de ne pas tomber dans le piège des « drinking songs » à outrance. Les sept Québécois sont des pochtrons, cela va sans dire, et narrent leurs mésaventures alcoolisés à quelques reprises, dont un « Farewell to Drunkenness » qui, tant au niveau musical que textuel, n'est pas sans rappeler le « Home for a rest » des Spirit of the West. Mais IRISH MOUTARDE ne fait pas de l'apologie du houblon et du malt son fond de commerce. En écrivant des textes conscientisés, introspectifs (« The Cabin », « D.O.E. »), le groupe s'offre une dimension supplémentaire qui décuple son intérêt ; tout cela en conservant en permanence un côté fun et léger fort appréciable, à l'image des paroles d' « Olaf », en français, qui narre la génèse de la mascotte du groupe, une girafe en peluche, qui l'accompagne en permanence.

Musicalement, le groupe réussit également le tour de force de se faire éclectique et convaincant dans chacun des styles qu'il aborde. Si « The black mill » ou « Farewell to drunkenness », qui ouvrent l'album, restent dans une veine résolument punk-rock, au même titre que « LLL », adaptation d'un traditionnel qui rappelle fortement le « Smokin' ball » des Real McKenzies, le groupe n'hésite pas à radicaliser son propos et à proposer une musique plus lourde, plus rugueuse encore, qui flirte avec des sonorités hard rock et heavy metal. « The cabin », agrémenté d'un banjo acéré, pourrait être l'oeuvre d'un groupe de folk metal inspiré, tout comme « D.O.E. » et son riff très convaincant, interprété simultanément par la guitare électrique et la cornemuse.

On se prend ainsi à vouloir disséquer chaque titre, et à en retenir une bonne partie dès les premières écoutes, signes évidents de qualité. Groupe multi-facettes, IRISH MOUTARDE offre plusieurs niveaux d'écoute, en opposant la rugosité punk ou metal des guitare avec l'énergie brute des instruments celtiques, et la douceur (mesurée) apporté par les voix claires comme de l'eau de roche de Dominic Haerinck et sa comparse Andrée-Anne McHalley. Qu'elles soient mêlées ou non, ces deux voix apportent une bouffée d'air frais à la musique, et participent à la grande réussite des morceaux. C'est notamment le cas sur la reprise du traditionnel « Fields of Athenry », dont l'interprétation convaincante se voit doublée d'une progression musicale fort bien sentie, qui voit le titre débuter comme une ballade avant de s'achever en un punk-rock ultra-énergique.

A l'exception de « I heard Jesus was », gospel humoristique qui part un peu dans tous les sens, on se délecte donc de chaque morceau qui compose ce Raise 'Em All, même si l'on aurait souhaité que « A lad and a hag », titre original à tiroirs qui clôture l'album, et doté d'un piano et d'une flûte séduisants, aurait mérité d'être placé plus tôt dans l'album afin de bénéficier d'une meilleure exposition. Reste que le groupe réalise le petit exploit de redonner foi dans le punk celtique, et réalise dès son premier pas un pas de géant qui, espérons-le, lui permettra d'atteindre un statut d'incontournable du genre prochainement, s'il parvient à conserver sa fraîcheur. Un regard neuf bienvenu sur un style qui en avait bien besoin !

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   GEGERS

 
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- Mathieu Audet -guitare, Chant)
- Jérôme Bélanger (guitare)
- Christian Haerinck (cornemuse, guimbarde)
- Dominic Haerinck (banjo, guitare, flute, cistre, harpe)
- Sébastien Malenfant (batterie)
- Andréé-anne Mchalley (chant, accordéon, piano)
- Fred Vandal (basse)


1. The Black Mill
2. Farewell To Drunkenness
3. The Cabin
4. I Heard Jesus Was
5. Glasses To The Sky
6. Olaf
7. Lll
8. D.o.e.
9. The Fields Of Athenry
10. The Bear And The Maiden Fair
11. The Wearing Of The Green
12. A Lad And A Hag



             



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