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ELUVIUM - Nightmare Ending (2013)
Par SUNTORY TIME le 9 Octobre 2013          Consultée 714 fois

Dans la scène ambient américaine, ELUVIUM fait désormais partie des figures de proue. Voilà déjà 10 ans que Matthew Cooper fait tourner cet ambitieux projet, avec un grand nombre d’albums et d’EPs derrière lui. C’est que ce petit gars de Portland, excellent pianiste au demeurant, a l’art de marier sa musique d’ambiance aux caractéristiques de styles plus rythmés ; que ce soit les sons saturés du Shoegaze, les crescendos du Post-Rock, et plus récemment les chants vaporeux de la Dream Pop, le tout mêlé à des mélodies à la fois accrocheuses et minimalistes. Un cocktail étonnant, mais d’une forte personnalité.

Pour fêter cette décennie de carrière, ELUVIUM nous revient avec pas moins qu’un double album, au doux titre de Nightmare Ending, la « Fin du Cauchemar », énonciateur d’un climat serein, en rien stressant comme pouvaient l’être certaines des pièces des premiers disque du projet de Matthew Cooper. C’est donc sans surprise qu’on retrouve en pochette une belle et énigmatique illustration de Jenny Packse, par ailleurs compagne de la tête pensante d’ELUVIUM. Et, sans surprise, il faut bien admettre que Nightmare Ending l’est.

Car les 14 morceaux qui composent l’album restent dans la veine de ce que ELUVIUM fait depuis Copia, en 2006. Variant entre ambient aux longues envolées minimalistes inspirées du Post-Rock et morceaux exclusivement au piano. Nightmare Ending est en quelques sorte un Copia en plus long, et tout aussi beau, à défaut d’être bien meilleur. On peut regretter que Matthew Cooper ait laissé tombé les audaces de l’album précédent, le superbe Similes (2010), où le musicien se mettait à chanter pour la première fois. Similes était le premier album d’ELUVIUM à comporter de vraies chansons, planantes comme le reste de sa discographie. La voie de Cooper, fragile et tremblante, apportait un charme nouveau à sa musique. Il faut croire qu’il n’a pas jugé l’expérience satisfaisante car Nightmare Ending est entièrement instrumental, à l’exception de « Happiness », le dernier titre du disque, où Ira Kaplan, chanteur et guitariste du groupe YO LA TENGO, pousse une discrète chansonnette.

Au-delà des trois jolies pièces de piano que sont « Caroling », « Impromptu » et « Entendre », la musique de ELUVIUM garde les schémas classiques qui font la réputation du projet ; longs étirements sur des mélodies minimalistes, tenant parfois sur deux notes, avec une montée en puissance du son au fur et à mesures des minutes qui passent, linéaires mais finalement différentes les unes des autres. Les nappes de claviers, de bruitages, et de guitares aussi, sont d’une efficacité qui se découvre à chaque écoute. Il y a cependant une dramaturgie qui se dégage de certaines de ces longues pièces, comme sur « Unknown Variation » et « Rain Gently » alors que « Warm » (qui rappelle « Seeing You Off the Edge » sur Copia) et « Sleeper » appellent à l’apaisement. Les deux plus courts morceaux de l’album, « By the Rails » et « Strange Arrivals » sont comme des interludes saturés et inquiétants. Inquiétude vite dissipée par le gros œuvre de l’opus. Quand aux deux plus longues pièces, chacune de 9 minutes et quelques, elles atteignent les cimes de l’élégance et de la douceur. « Don’t Get Any Closer » introduit merveilleusement l’album, et « Covered in Writting” apporte ce qu’il faut de frisson et invite à laisser l’être s’ouvrir à l’infini que semble nous conter ces émouvants claviers.

Si Nightmare Ending a perdu l’aspect expérimental et rugueux des premières productions d’ELUVIUM (il est loin le temps des longueurs hypnotisantes des « Zerthis (…) » et autres « Taken »…), ce double album garde le mérite de nous faire voyager au-delà de ce à quoi est souvent réduit l’ambient ; un style bon pour les salons de massage et de relaxation zen. Car avec ELUVIUM, ainsi que TIM HECKER ou encore PETER BRODERICK, l’ambient devient cérébral, expérimental (les échos irréguliers et saturés de « Envenom Mettle » en sont un exemple), tout en restant méditatif. Cette « Fin de Cauchemar » est plus qu’un album à écouter pour être bercé avant de s’endormir, c’est une musique qui doit nous happer au plus profond de nous pour être appréciée au-delà des stéréotypes. Un très beau disque donc, que la séparation en deux galettes permet d’écouter sans souffrir de sa longueur, d’autant plus qu’elles sont équilibrées, comme une sorte de diptyque.

Note Réelle: Un solide 3,5

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   SUNTORY TIME

 
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- Matthew Cooper (tout)
- Ira Kaplan (chant sur “happiness”)
- Mark T; Smith (guitares et sons sur “envenom mettle”)


1. Don’t Get Any Closer
2. Warm
3. By The Rails
4. Unknown Variation
5. Caroling
6. Sleeper
7. Envenom Mettler

1. Chime
2. Rain Gently
3. Impromptu (for The Procession)
4. Covered In Writting
5. Entendre
6. Strange Arrivals
7. Happiness



             



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