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Florent MARCHET - Bambi Galaxy (2014)
Par KORAMA le 10 Février 2014          Consultée 1446 fois

Au fond, FLORENT MARCHET ne fait depuis ses débuts que de chercher sa place, questionner celle de l'homme dans différentes situations. Du coup, tout commence par un lieu, une topographie qui va déterminer le thème et l'orientation musicale de l'ensemble. Gargilesse, sa ville natale et titre de son premier opus, était le prétexte à faire l'inventaire de la fin d'adolescence en convoquant les fantômes de ses idoles pop indies estampillées Inrocks. Rio Baril, son second opus au titre de western provincial, parlait d'une ville imaginaire sur fond de pop grand angle à la Morricone. Frère Animal, le livre-disque co-réalisé avec Arnaud Cathrine auscultait quant à lui le monde de l'entreprise (la SINOC, fabrique de culbutos !) pour parler de la violence des échanges en milieu tempéré, avec une musique parfois saccadée et robotique, mais aussi de vrais passages pop et chaloupés pour faire contrepoint. Enfin, Courchevel s'en prenait à la bourgeoisie, avec en toile de fond sonore une pop léchée, de grande classe mais sans réelle aspérité, ou FLORENT MARCHET commençait sa mue en mettant de plus en plus en avant les claviers.

Quoi de plus normal donc de retrouver FLORENT MARCHET à la tête d'un disque d'un space opéra électro-pop rétro-futuriste, lui le passionné de Rhodes, de Clavinet et autres Solina. D'autant que le sujet de son album n'est autre que la place de l'homme. Dans l'univers et sur Terre. Connecter l'intime à l'ultime, embrasser l'infiniment petit et l'infiniment grand. Questionner le futur en se demandant quelle est la trace et l'héritage que l'on laissera, voilà la préoccupation du jeune papa qu'est maintenant FLORENT MARCHET. Ce questionnement prend la forme de 12 titres nourris de théorie des cordes, de Houellebecq, des films de sf un peu naïfs des années 70 ou de Rael. Un trip cosmique dans une Bambi Galaxy, entre innocence perdue et espoirs déçus. Un regard lucide et désabusé sur le monde actuel aussi, ou l'homme est devenu le principal ennemi de l'homme ("Reste avec moi" citant, dès le début du disque, la pollution, le réchauffement climatique, la montée des tensions, la famine...).

Pourtant, malgré le changement formel des chansons (disparition quasi complète des guitares, structures plus éclatées des morceaux qui fonctionnent bien plus sur les ambiances), on reconnait bien la patte de FLORENT MARCHET dans l'écriture, que ce soit de la musique - il est un compositeur doué et un arrangeur hors pair -, mais aussi des paroles, avec cette pointe d'ironie alliée à un sens du détail mordant. Et bien sûr sa voix, qui évoque par moment un Souchon qui aurait du coffre, sert de liant à tout ce délire boule à facette rétro kitch ("Heliopolis" sonnant presque comme un titre de Katerine). On est happé dès les première notes par le souffle cosmique qui se dégage des choeurs d' "Alpha Centauri" (Air n'est pas loin), et la tension ne retombe quasiment pas tout du long, avec en point d'orgue un "Apollo 21" en forme de constat implacable de ce monde en délitement et de la perte de sens, avec une musique évoquant à la fois 2001 Space Odissey et François de Roubaix.

Un disque gonflé qui risque d'en surprendre plus d'un et d'en laisser pas mal à quai, une prise de risque certaine dans le monde formaté de la pop française, mais dont l'audace s'avère payante.

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1. Alpha Centauri
2. Reste Avec Moi
3. Que Font Les Anges
4. Ou Etais-tu
5. Heliopolis
6. 647
7. Space Opera
8. Bambi Galaxy
9. La Derniere Seconde
10. Devant L’espace
11. Apollo 21
12. Ma Particule élémentaire



             



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