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Diana KRALL - Wallflower (2015)
Par MANIAC BLUES le 26 Février 2015          Consultée 2644 fois

Wallflower est le nom d’une fleur, la giroflée. Ce mot a un autre sens qui en français est traduisible par « faire tapisserie ». En soirée, celles et ceux qui font tapisserie se fondent dans le décor, s’effacent, ne parlent pas, se rangent le long d’un mur, histoire de ne pas se faire remarquer. La société leur prête alors autant d’attention qu’à du papier peint. Wallflower a enfin une troisième signification, proche de la deuxième, qui désigne les femmes qui ne sont pas invitées à danser. Et c’est dans ce sens qu’il faut interpréter la chanson de Bob Dylan reprise par la Diva : « Wallflower, Wallflower/Won’t you dance with me ? I’m sad and lonely too/Wallflower, Wallflower/Won’t you dance with me/I’m fallin’ in love with you ».

Cette chanson a été écrite en 1971. Bien qu'enregistrée à l'époque, « Wallflower » est restée dans les archives de Dylan pendant vingt ans avant d'être finalement publiée dans ses Bootleg Series. Cet obscur standard a été repris et popularisé en 1973 par Doug Sahm en collaboration étroite avec Bob. On peut imaginer que Diana Krall, alors jeune adolescente, se soit identifiée, comme de nombreuses jeunes filles des seventies, à cette « wallflower ». Quelques décennies plus tard, Diana Krall n’est certainement pas le genre de femme qu’on évite d’inviter à danser, on imagine plutôt les hommes se bousculer au portillon. Et vu le regard de post-adolescente cinquantenaire qu’elle balance sur la pochette, je ne suis pas non plus certain qu’elle se reconnaisse toujours dans la « wallflower » chantée par Bob. En tout cas, elle nous fait quand même regretter la pochette sexy de son précédent disque Glad Rag Doll ; elle donne ici l’impression de faire une pub pour un shampoing ‘parce que je le vaux bien’ ou bien pour un maquillage anti-âge, au choix.

Ou peut-être que ce portrait est destiné à rassurer ses fans sur son état de santé. Car si vous aviez suivi un peu la rubrique people de l’automne dernier, vous auriez appris que la sortie de Wallflower a été repoussée à cause de la santé fragile de la diva, victime d’une pneumonie. Désormais tout semble être rentré dans l’ordre. Nous voilà soulagés.

Un temps, j’ai cru que c’était la santé musicale de Diana Krall qui avait provoqué ce changement inopiné de planning. Car Wallflower n’est pas un album très rassurant. La diva semble en phase terminale d’inspiration artistique.

Deuxième album de reprises consécutif, Wallflower est quand même une sacrée déception. Elle reprend des grands standards de la musique anglo-saxonne, de la pop principalement. Cela commence (mal) avec « California Dreamin’ », l’une des meilleures chansons des sixties, avec des paroles censées nous faire rêver de Californie les jours d’hiver. The Mamas and the Papas avait enregistré ce superbe hymne en 1965, et malgré la tonalité mélancolique des paroles, le groupe en avait fait un hit ébouriffant d’énergie et de grâce. En 2015, l’interprétation deux de tension de Diana Krall vient gâcher la fête. Certes, sa froideur éclaire la dimension hivernale des paroles. Mais ça ne décolle pas. Les arrangements liftés et la production ultra léchée sont en harmonie avec le filet de voix fadasse de Krall.

En termes d’arrangement, d’interprétation, d’atmosphère, Wallflower est d’une homogénéité soporifique. Diana Krall et son staff ont lissé les aspérités des compositions. L’appropriation de ces tubes, effort louable, a malheureusement conduit à leur banalisation. Le petit côté country-blues de « Wallflower » de notre ami Dylan a ici complètement disparu, et l’harmonica a été troqué contre un petit orchestre à cordes passe-partout. En revanche, elle ne se s’en sort pas trop mal sur la chanson d’Elton John « Sorry Seems To Be The Hardest Word », hymne kitsch outrageusement emphatique. C’est mélo en diable.

Le meilleur titre de ce Wallflower est sans hésitation « If I Take you Home Tonight », une jolie chanson inédite composée par Sir McCarntey pour son disque Kisses on the Bottom. Qu’un morceau mis sur la touche soit le clou du spectacle de Wallflower en dit long sur l’intérêt de ce disque.

Complètement anesthésiée par les arrangements lisses de David Foster, le boss de Diana, l’interprétation de cette dernière n’offre rien de mémorable. Album kleenex par excellence, Wallflower ne restera pas dans les annales. La métamorphose de la chanteuse en reine de la pop laisse dubitatif. Conclusion logique, le disque porte bien son titre, Diana Krall fait tapisserie en cette année 2015, et c’est plutôt triste.

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1. California Dreamin'
2. Désperado
3. Superstar
4. Alone Again (naturally)
5. Wallflower
6. If I Take You Home Tonight
7. I Can't Tell You Why
8. Sorry Seems To Be The Hardest Word
9. Operator (that's Not The Way If Feels)
10. I'm Not In Love
11. Feels Like Home
12. Don't Dream It's Over



             



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