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Don LETTS - Punk: Attitude (2005)
Par NOSFERATU le 16 Mars 2015          Consultée 1317 fois

Comme l’indique le titre, ce DVD raconte l’histoire du punk rock à travers la geste de ses acteurs les plus emblématiques. On rappellera que le mouvement punk s’est étendu au milieu des années 70 rapidement dans le monde influençant encore de nos jours une grande partie de la culture musicale. A l’origine, il réagissait contre les illusions entretenues au début des “seventies” par les hippies englués dans un embourgeoisement spectaculaire (au sens situationniste du terme). Place au cynisme (au sens là, de Diogène), au nihilisme mais aussi à un certain engagement (élément paradoxal du courant). Bref, il y avait urgence de casser les règles… Musicalement, c’est aussi un retour au rock'n'roll de base doublé d’une sauvagerie et d’un amateurisme salutaire luttant contre les formes de dextérité qui polluent la musique populaire de l’époque (un cetain prog, le hard pompier à la DEEP PURPLE).

Musicien, dj, vidéaste et donc réalisateur, Don letts a été un fan du mouvement (parallèlement à son amour du Dub et du Reggae) en Angleterre, il a déjà créé pas mal de films sur le sujet.
Sorti en 2005, époque bénie du “revival garage”, Punk: Attitude semble le plus complet sur le sujet et est dédié à son pote Joe Strummer (CLASH). Pas de voix off, juste les témoignages des artistes du punk, des cinéastes (Jarmush), des zicos évidemment , des fanzineux (les rédacteurs du fameux zine new yorkais de la fin des années soixante-dix dénommé “Punk”) et les images des groupes, des lieux symboliques, les événements les plus flagrants, le tout filmé dans un ordre chronologique.

Juste avant le générique truffé d’émeutes et des divers groupes évoqués dans le doc, différents acteurs de la “punkitude” parlent de l’importance des minorités actuelles dans les révolutions culturelles. Après une rapide évocation des lointains ancètres (ELVIS, JERRY LEE LEWIS, CHUCK BERRY mais aussi MARLON BRANDON), Johansen (NEW YORK DOLLS) rappelle que le tsunami vient des “sixties”, les images de prestations des KINKS, ? MARK AND THE MYSTERIANS et autres COUNT FIVE illustrant ces propos.

Mais le PROTO PUNK éclate vraiment avec le VELVET UNDERGROUND. Pour Siouxsie (BANSHEES), la clique décadente de Warhol et compagnie voulait clairement “se démarquer de la culture hippie”. John Sinclair, manageant les révolutionnaires du MC5 indique que ces derniers symbolisaient l’image ultra violente du Détroit de la fin des sixties. Leur guitariste, Wayne Kramer rend hommage aux STOOGES, dont on aperçoit les impressionnants gigs du gang d’IGGY en 69. Johansen démontre, lui, que ses DOLLS voulaient revenir aux “chansons de trois minutes”, les poupées sont d’ailleurs descendues en flêche par un présentateur télé de 73 qui les qualifie de “Stones du pauvre”…

La scène "seventies" new yorkaise est ensuite abordée. JARMUSH révèle que l’esprit D.O.Y. (Do It Yourself) régnait parmi les groupuscules de la grosse pomme et que “le bouche à oreille” marchait à bloc. On aperçoit les images du CBGB avec les pensionnaires destroy du lieu : BLONDIE, TALKING HEADS, les “très français” (selon Jarmush) TELEVISION, PATTY SMITH avec ses lunettes noires, les DICTATORS reprenant les STOOGES, SUICIDE (jeu scénique extrème d’ALAN VEGA), RICHARD HELL interprétant l’hymne “Blanck generation” et bien sûr, le plus grand groupe de la voie lactée, les RAMONES ! Johansen, durant leur première répétition, leur aurait dit “changez de métier” et feu TOMMY RAMONE se souvient que les hits de trois minutes des faux frangins ne faisaient plus qu’une minute en live !! Jello Biafra (DEAD KENNEDYS) démontre qu’à partir de cette ère, deux scènes aux States se distinguent entre la new wave d'obédience poppy acceptable (à la CARS) et le punk incontrôlable.

Pour le cas anglais, on observe ensuite des punks de 77, des violences raciales, des grèves, le Jubilé de la reine et SIOUXSIE affirme que c’était “le bon moment pour que le mouvement débarque”. D’abord, il est question du fameux “look” avec des photos du magasin “King’s road” animée par sa tenancière Vivienne Westwood. La cinéaste Mary Harron pense, d’ailleurs que les “rosbifs” ont “pris tout au sérieux” cette histoire de poses outrancières. Les mélodieux BUZZCOKS, les furieux DAMNED (avec Dave Vanian en vampire!), les très féministes crades SLITS, X RAY SPEX, SIOUXSIE AND THE BANSHEES défilent par la suite.

Evidemment, le film fait la part belle aux SEX PISTOLS, groupe phare de l’effervescence anglaise. Jarmush affirme que leur “rock minimaliste était très beau”... On visionne les exactions libertaires du groupe sous toutes ses coutures (la fameuse émission de Bill Grundy ponctuée d’injures, les concerts destructeurs, le hit “Anarchy in the uk” interprété de façon sauvage dans une autre diffusion télévisée, les manchettes des journaux montrant les scandales du combo…). Durant leur tournée catastrophique aux Etats Unis, SID VICIOUS le bassiste en sang durant un set apocalyptique et JOHN LYDON le hurleur fou aux yeux exorbités arborant un tee shirt “tous les cow boys sont des pédés” représenteront longtemps la quintessence de la provocation punk…

Le documentaire s’attarde aussi sur la carrière des CLASH (voir leurs premiers renversants shows). Avec eux, la ramification va se teinter d’idéologie antiraciste comme peuvent le prouver les visions de manifestations du National Front et des sets "antifas" organisés contre la montée de ce dernier parti.
Le long métrage fait aussi la part belle à la richesse musicale de la séquence post punk qui suit l’explosion de 77. Thurston Moore (SONIC YOUTH) et Henry Rollins (BLACK FLAG) vantent les mérites de MAGAZINE, du POP GROUP tout en critiquant le manque d’ouverture de certains adeptes intégristes.

Durant les "eighties", le courant punk va ainsi se disperser en différents sous genres. La no wave avec JAMES CHANCE déclarant “qu’il cassait la gueule à ceux qui restaient assis” durant ses hallucinantes séances “live”, les BEASTIE BOYS et leur légendaire hip hop déviant (un intéressant parallèle est d’ailleurs fait avec le rap de PUBLIC ENNEMY), le succès progressif d’un SONIC YOUTH…

Mais c’est surtout la scène hardcore américaine qui est remémorée par les ténors du style (Biafra, Rollins) avec des différences entre la côte est s’exprimant par un discours souvent virilissime (Rollins charriant le coté “homo érotique” d’AGNOSTIC FRONT !) et la côte ouest avec les vindicatifs MINOR THREAT, BLACK FLAG et, bien sur, les gigantesques DEAD KENNEDYS. De plus, un bel hommage aux BAD BRAINS au croisement de plusieurs touches musicales (hard, punk, reggae) est à souligner.

Les dernières scènes sont consacrées aux années 90 avec le phénomène NIRVANA qui s’adressait “à la jeunesse blanche qui leur ressemblait” (Moore), RANCID et BLINK 182 (les playmobils du punk!) annonçant l’ère des “revivals”… Plus une éphémère critique de l’affreux néo metal (par Rollins).
La conclusion s’achève par des analyses pessimistes du punk (une “colère préfabriquée” pour Jones des PISTOLS, un Roger Miret d’AGNOSTIC FRONT se désolant que trop de groupes soient ”rentrés dans l’establishment”), d’autres au contraire plus optimistes montrant les influences qu’il a eu dans le militantisme anti corporatif (selon BIAFRA) et Internet.

Une solide bande vidéo, donc… Malgré quelques accélérations temporelles surtout par rapport à la dernière phase “nineties”. Rien n’est ainsi dit sur le noise rock à la BIG BLACK par exemple, la scène anglaise “punk not dead “est à peine évoquée malgré une vision furtive des crêtes des caricaturaux EXPLOITED, les groupes étrangers à la sphère anglo-saxonne royalement ignorés (pas de METAL URBAIN mon pauvre RedOne!) et tout ce qui tourne autour de l'électro punk de la trempe d'ATARI TEENAGE RIOT n'est pas non plus cité...
On en a quand même plein la vue et le travail d’archiviste est dans l’ensemble bien assuré.

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