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BUZZCOCKS - Another Music In A Different Kitchen (1978)
Par NOSFERATU le 27 Avril 2015          Consultée 797 fois

Le punk anglais de 77 avait plusieurs facettes : les PISTOLS présentaient un visage anarcho-situationniste, bien provocateur, les CLASH étaient plus dans l’engagement militant, grosso modo « Trotskyste » tendance Kronenbourg, les DAMNED se prélassaient dans la déconnade nihiliste… Mais d’autres combos destroy revendiquèrent plutôt l’individualisme, racontant la période adolescente et ses affres, c’est le cas des emblématiques BUZZCOCKS… Originaires de Bolton, les deux têtes pensantes, Pete Shelley et Howard Devoto ont été traumatisés par un concert des PISTOLS à Manchester. D’après la légende, présent dans la mème salle un certain Ian Curtis (futur JOY DIVISION) ruminait déjà son "spleen"… Avec d’autres fanatiques du "trois accords", le fantasque duo va ainsi mettre sur pied les BUZZCOCKS. Devoto part former MAGAZINE et explorer les contrées forcément glaciales de la "cold wave" naissante. Cependant, il contribuera à l’écriture de certains morceaux des premiers enregistrements pirates sortis sous le nom de "Time’s up".

Mais le véritable premier disque, à laquelle Devoto a aussi participé, est enregistré dans les studios Olympic dans un Londres ensanglanté par le tsunami punk à la fin de l’année 77 en quelques semaines.
Et la recette (puisqu’on parle de cuisine !) est savoureuse. "Another" est, affirmons le simplement, le tout meilleur album de punk pop de l’histoire… avec, allez, le premier album des RAMONES. La pop, les RAMONES, grands frères new yorkais l’avaient déjà incorporée dans leurs chansons, réalisant une brillante synthèse des BEACH BOYS et des STOOGES… Une véritable oxymore en fait… Les COCKS vont retenir la leçon. Ils la traduiront à l’anglaise, c’est-à-dire en réconciliant les BEATLES et les PISTOLS… Il est à noter que, bizarrement, contrairement aux STONES, ces millionnaires parvenus, les BEATLES étaient plutôt appréciés par les keupons anglais, même par un horrible iconoclaste comme JOHNNY ROTTEN. La bande à Pete Shelley lance ainsi une sorte de passerelle entre le british boom sixties et la vague punk seventies, avec certainement des références à la power pop d’un BIG STAR…

Les morceaux respectent le cahier des charges de la punkitude, ils sont certes courts mais aussi incisifs, nerveux et incroyablement mélodiques. Pete Shelley parlera même d’œuvre surréaliste pour la construction alambiquée de certains d’entre eux. Refrains accrocheurs, riffs de guitare bien rentre dedans, harmonies vocales désopilantes, rythmiques surprenantes saccadées puissantes et pas toujours linéaires, lyrics désespérés, tout est parfait. Bien loin des "pistoleries" qui croulent dans la perfide albion à droite et à gauche. Des "molards" certes mais envoyés avec une précision quasi chirugicale et qui font mouche à chaque fois. Dans le détail, en haut du panier on mettra sans hésiter l’incroyable "Autonomy", peut être le plus brillant titre des COCKS, à chanter le poing levé dans une prochaine manif… La rythmique est quasi metal (elle annonce presque les cavalcades d’IRON MAIDEN ou de METALLICA, si si !) et la batterie sonne bien tribale. On retrouve ces riffs lourds et répétitifs sur "Fiction romance". "Moving away from the pulsebeat" semble court pour un progueux (plus de cinq minutes) mais franchement long pour un keupon de base…

Avec le single "I don’t mind", le groupe s’offrira même un succès dans les charts. Grâce à ses chœurs à la WHO, c’est le genre de titre qui donne envie de pogoter tout en se disant que paradoxalement la vie est belle… On ressent l’influence des WHO aussi sur "Get on your own". A noter aussi le désopilant "Fast cars" où le trio s’en prend aux amateurs de grosses cylindrées ("Je hais les voitures rapides") avec la gratte imitant un klaxon suivie d’une envolée épique… Les vocaux font d’ailleurs penser, ici, à leurs contemporains "neo mods" les JAM. "You tear up" est un judicieux exercice ramonesque avec le feeling anglais. "I need" évoque leurs cousins des UNDERTONES, les paroles désenchantées de cette dernière montrant la misère affective des jeunes prolos anglais ("J’ai besoin d’amour, j’ai besoin de sexe, j’ai besoin de boire…"). Un morceau fantastique comme "Love battery" a une mélodie qui a dû certainement inspirer HUSKER DU et qui donnera son nom à un groupe psyché grunge des nineties. "Sixteen" a un passage noisy psychédélique, les membres du groupe écoutant alors beaucoup "Sister ray" du VELVET UNDERGROUND.

On retrouvera cette merveilleuse écriture pop punk dans la suite de leur discographie, mais ce premier jet reste une une pièce angulaire et incontournable pour tous les fanatiques du genre. Du hardcore mélodique puis emo à la BAD RELIGION à l’indie rock tout azimut des années 90 (ELASTICA et cie) en passant par le grunge désespéré d’un NIRVANA, la descendance de ce disque sera en effet plutôt conséquente.

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- Pete Shelley (chant, guitare)
- Steve Diggle (guitare, chant)
- Steve Garvey (guitare basse)
- John Maher (batterie, chant)


- fast Cars
- no Reply
- you Tear Me Up
- get On Our Own
- love Battery
- 16
- i Don’t Mind
- fiction Romance
- autonomy
- i Need
- moving Away From The Pulsebeat



             



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