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- Style : Pentangle, Fairport Convention, Steeleye Span, Malicorne, Blackmore's Night
- Membre : Moriarty

Rosemary STANDLEY - Birds On A Wire (avec Dom La Nena) (2014)
Par AKS le 30 Juillet 2015          Consultée 1283 fois

Comment transformer des bijoux en d'autres joyaux tout aussi chatoyants mais pourtant différents ? C'est ce que nous propose ici ce duo impromptu. Et pourtant, il nous semble que ces deux "sœurs" n'en sont pas à leur premier échange. Magie d'une rencontre, magie d'une évidente complicité. La légende dit que lorsque Led Zeppelin en ses quatre membres (j'insiste sur ce dernier terme s'agissant de ce groupe) jouèrent leurs premières mesures, ils se regardèrent, sourirent puis rirent devant tant d'évidence. La magie de sonner et de faire de la Musique, ensemble, sans même avoir besoin de s'accorder, et d'apprendre les uns des autres, le son est là, ça joue. De le magie au miracle, un pas invisible. Nous ne le franchirons pas ici cependant, mais restons tout de même en pays de magie. Ce qui n'est pas si mal, n'est-il pas?

Nous embarquons pour ce voyage par delà les époques à travers le violoncelle de Dominique Pinto (alias Dom La Nena) et la voix pure, haute et profonde de Rosemary Standley (au chant avec Moriarty). "Blessed is the memory" de Leonard Cohen, que nous retrouverons avec le titre de l'album Birds on a wire, ouvre la porte aux merveilles. Pour qui connaît les versions originales de ce monstre sacré des songwritter, le plus dandy british des Canadiens, oser s'y frotter relève du courage, tant certains forts et fiers navires pourtant vinrent s'échouer en ses écueils, nous pouvons penser, hélas, à Suzanne reprise en français par Alain Bashung dans le pourtant superbe Bleu Pétrole. Dans la même veine des mentors folksingers revisités : "All the world is green" de Tom Waits. Il n'est alors plus question de rocailles dans la voix du rugueux crooner, nos deux demoiselles choisissent de prendre de la hauteur dans les brumes doucement mélancoliques ; et coule la rivière, délestée des cailloux et des roches, elle ne s'en va que plus loin et pourtant si lentement, au son d'un temps comme troublé et suspendu.

Et comme nos deux complices ne semblent guère avoir froid aux yeux, nous sommes aussi conviés à un petit saut de près de quatre siècles, une escale en musique baroque avec "Passaglia della vita" de Stefano Landi & le plus connu "Ô Solitude" de Henry Purcell. Là encore l'évidence de la complicité autant que du travail passé resplendit, réinterpréter ces "standards" dénote là encore d'une prise de risque assumée tant le résultat est probant et surtout envoûtant : cette voix, ce chant ; Rosemary Standley rend sien ces deux classiques. Nous ne saurions trop vous recommander pour passaglia, d'écouter mais aussi surtout de voir sur vos plateformes de streaming préférées l'interprétation totale de Marco Beasley.
Le sourire nous rattrape avec "Duerme negrito", une berceuse pourtant croquemitaine rendue célèbre par l'immense Atahualpa Yupanqui (Le tchaka boum résonnera longtemps dans votre tête). Puis avec "Sega jacquot" du non moins méconnu hors La Réunion, Luc Donat. La chanteuse de Moriarty entonne une composition de son père, Wayne Standley, lui-même musicien avec "The man who looks like me". Une ambiance de folk song projetée par une lumière irlandaise tamisée et lointaine. Mais Dom La Nena n'est pas en reste dans tout cela, elle s'offre elle aussi de belles envolées solistes avec l'astucieuse combinaison d'un classique: "Jamaïca Farewell" et de sa propre composition "Sambinha", ce qui donne l'occasion d'un échange de chants entre nos deux interprètes. Mais sa partie vraiment toute entière personnelle vient avec "Le chant des oiseaux" un traditionnel catalan, comme une césure au creux de l'album, le chant se tait pour laisser entendre une autre voix, celle d'une violoncelliste inspirée.
Pour refermer tous ces joyaux, un écrin somptueux avec "Oh my love" de John Lennon et en cet écrin, un revers de velours teinté d'une légère mélancolie baroque qui est en fait le ciment de l'album.

Birds on a wire est un florilège délicat, tout est extraordinairement agencé, on pourrait le prendre pour une composition originale tant l'ensemble est cohérent, et pourtant, le pari était ardu, les titres sont parfois si différents, pensez, nous avons presque affaire à un voyage autour du monde avec tous ces morceaux choisis. Le tour de force, c'est bien de nous donner le goût de ces reprises et l'envie de (re)découvrir les versions originales quand il ne s'agit pas de musiques traditionnelles ou de compositions personnelles. A noter également que le disque est inséré dans un très joli livret où alternent reproductions et détails de tableaux de maîtres et paroles, celles-ci n'étant pas complètes d'ailleurs, un certain goût pour l'ellipse peut-être ? En tout cas, un bel objet qui démontre la volonté et le souci d'un travail bien accompli au-delà de la musique en elle-même.

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1. Blessed Is The Memory
2. Passaglia Della Vita
3. Duerme Negrito
4. The Man Who Looks Like Me
5. All The World Is Green
6. Jamaïca Farewell/sambinha
7. Ô Solitude
8. Le Chant Des Oiseaux
9. Bird On The Wire
10. Fair And Tender Ladies
11. Arriba Quemando El Sol
12. Panis Et Circences
13. Ya Laure Hobouki
14. Sega Jacquot
15. Oh My Love



             



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