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2016 Divides

The VIRGINMARYS - Divides (2016)
Par JASPER LEE POP le 31 Mai 2016          Consultée 491 fois

Ah, le fameux cap difficile à franchir du deuxième album ! Une étape sacrément casse-gueule pour bon nombre d'artistes. Et c'est bien normal, un premier opus regroupe généralement les meilleurs morceaux composés au cours de plusieurs années de galère précédant la signature avec un label. On a eu le temps de faire le tri entre les bonnes chansons et les moins bonnes, de les tester sur scène, de les remanier. Un premier album, c'est souvent ni plus ni moins le best-of d'une carrière amateur. Pas étonnant que certains se cassent les dents quand il s'agit de remettre le couvert, faute de temps, d'inspiration, de talent sur la distance.

Le fait est que la barre était haute pour The Virginmarys, le trio anglais originaire de Macclesfield (au sud de Manchester) auteur d'un premier disque assez redoutable avec King of Conflict en 2013 après une série d'EP. L'album leur avait valu de décrocher le titre de Meilleure Révélation de l'année par le magazine Classic Rock. Alors bien sûr, nous ne sommes plus dans les années 70 où les groupes devaient pondre un album par an sous la pression des maisons de disques. Les paramètres du marché ont changé, trois années se sont écoulées depuis la dernière livraison et même si le groupe a tourné sans relâche en ouverture des EAGLES OF DEATH METAL, QUEEN OF THE STONE AGE, SLASH et bien d'autres, on peut penser qu'il a eu le temps de recharger les batteries.

De l'aveu du guitariste/chanteur Ally Dickaty, le trio ne voulait pas proposer un copier/coller de King of Conflict. On a entendu ça des milliers de fois et à l'écoute de « Into Dust » accompagné d'un clip vidéo disponible il y a déjà quelques mois pour mettre en appétit, on se dit que le groupe n'a pas foncièrement changé sa recette de punk rock mélodique bien punchy. C'est toujours aussi bien ficelé, trois minutes chrono avec un refrain explosif et un final où le chanteur passe dans le rouge des VU-mètres. Au niveau des paroles, le morceau annonce la couleur de l'album et à l'image de la pochette, ça n'est pas gai. Le groupe se confronte au monde désincarné qui nous entoure et prône dans un premier temps le repli sur soi, la fuite pour échapper à la pression toujours plus inhumaine de la société. La thématique de la fuite se retrouve d'ailleurs dans le second clip « Motherless Land » dans lequel un couple (dont la fille de la pochette) prend la tangente à bord d'un train de marchandises. La mélodie du premier couplet peut rappeler COLDPLAY mais on n'a pas le temps de s'en inquiéter que le groupe passe en mode rock dans ta face. Là, encore, c'est ultra-mélodique, efficace et là encore, Dickaty s'arrache les cordes vocales sur le final du morceau. Et mine de rien, on commence à effectivement déceler un léger changement de cap comme si le trio sonnait paradoxalement plus british et avait délaissé le petit ingrédient hard-blues-rock américain qu'on pouvait parfois détecter dans le premier album. À noter que ces deux morceaux mis en avant par un clip apparaissent respectivement en plage 8 et 11 de l'album, c'est dire si le groupe est confiant en la qualité d'ensemble de son nouveau bébé.

« Push the Pedal » est le morceau parfait pour ouvrir le bal avec sa ligne de basse très métallique lacérée d'accords de guitare saturés à souhait et accompagnée par la batterie plombée toujours aussi maltraitée de Danny Dolan. Celui-ci fait partie de cette jeune génération de batteurs jouant sur des kits minimalistes sachant parfaitement remplir l'espace musical propre à une formation en trio. Le garçon est brutalement fin et capte toutes les attentions sur scène. À partir de là, les morceaux s'enchaînent sans temps morts, sans baisse de niveau et on aurait bien été en peine d'en sortir un du lot comme single plutôt qu'au autre. « For You My Love » est plus power-pop, « Halo in Her Silhouette » et « Free to Do Whatever they Say » sont plus Clashy, « I Wanna Take you Home » peut faire penser aux WHITE STRIPES mais toutes les compos sont au service d'un style punk-rock authentique et personnel magnifié par le chant abrasif de Dickaty, très working class hero avec ce petit glaire qui vibre en fond de gosier (bon appétit!). Le tout est servi par une belle production signée Gil Norton (PIXIES, FOO FIGHTERS...) avec des chœurs discrets mais très efficaces (en appui sur un seul mot par exemple).

Divides est donc le digne successeur de King of Conflict. Il lui est légèrement inférieur parce que l'effet de fraîcheur et de surprise est éventé et qu'aucune de ses compos ne se hisse véritablement au niveau du quarté « Dead Man's Shoes », « Bang Bang Bang », « Just a Ride », « Portrait of Red » mais il lui est subtilement supérieur de par sa qualité globale (all killers, no fillers). Dès lors, The Virginmarys s'imposent comme un futur grand groupe si une telle chose est encore possible dans le paysage musical d'aujourd'hui.

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   JASPER LEE POP

 
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- Ally Dickaty (chant, guitare)
- Danny Dolan (batterie)
- Matt Rose (basse)


1. Push The Pedal
2. For You My Love
3. Halo In Her Silhouette
4. Free To Do Whatever They Say
5. I Wanna Take You Home
6. Walk In My Shoes
7. Kill The Messenger
8. Into Dust
9. Moths To A Flame
10. Falling Down
11. Motherless Land
12. Living In My Peace



             



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