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MARTA REN & THE GROOVELVETS - Stop Look Listen (2016)
Par LE KINGBEE le 25 Juin 2016          Consultée 1060 fois

La pochette évocatrice de certaines productions Jazz ou Soul early sixties avec le sigle Stereo en haut parle d’elle-même. Cette nouvelle formation composée d’une chanteuse et d’un ensemble de dix musiciens nous ramène quelques décennies en arrière, au cœur du Deep Funk.
Enregistré à l’ancienne sur un Ampex 8 pistes sous la houlette du producteur New Max, « Stop Look Listen » vogue dans le sillage de Sharon Jones, Nicole Willis, de Baby Charles, des Bamboos australiens, des Sweet Vandals et plus généralement des productions du label Daptone.
Marta Ren n’a pas fait ses gammes dans une paroisse du Mississippi ni à Muscle Shoals ou à Memphis. Ancienne chanteuse du groupe The Bombazines, Marta a peu de points communs, hormis le talent, avec les chanteuses qui évoluaient dans les clubs huppés des mégapoles industrielles ou les bouges du Delta au milieu des sixties. Il n’y a qu’à regarder la pochette pour s’en convaincre, cette brune élancée n’a rien à voir avec les Big Mamas qui partageaient leur temps entre les chorales pentecôtistes et les formations Soul. Malgré cette différence de physique, la chanteuse a du coffre.

Marta et ses Groovelvets se produisent depuis quelques années maintenant. La formation avait enregistré en 2013 un single pour l’écurie italienne Kicks Records et on attendait la suite avec impatience. Bon alors ce qui pourrait surprendre le plus ici n’est pas tant la qualité du répertoire véritablement cohérent ni la virtuosité de ce big band, mais plutôt les origines du groupe. Les Groovelvets sont en fait Lusitaniens des environs de Porto. Autant dire qu’il faut avoir une imagination débordante pour le savoir.

Influencée par Martha High (ex chanteuse du Godfather of Soul) et Marva Whitney, la chanteuse est avant tout une performeuse hors pair mais aussi une excellente songwriter. Dix des onze titres ont été coécrits par le groupe. L’écriture est soignée et loin de la copie servile. Si c’est bel et bien la chanteuse qui dirige l’attelage, le groupe repose sur des fondations solides et bien groovy. La guitare sobre mais efficace, une section rythmique gardienne du temple avec une basse bien ronde, des claviers discrets et veloutés n’ont de cesse de placer la chanteuse sur de bons rails. Autre particularité, la qualité de la section cuivre (deux sax, deux trompettes et un trombone) capable de changements de rythmes époustouflants et auteure de trouées étincelantes.
D’emblée « Don’t Look », avec une intro remix d’à peine 8 secondes, installe clairement le répertoire : du Deep Funk énergique. Mais Marta et son band ne se contentent pas d’envoyer le pâté.Le groupe se montre à son avantage sur des titres tempérés : l’excellent « So Long » avec une intro orageuse gorgée d’éclairs (comme dans le « Riders on The Storm » des DOORS), ou « Release Me ». La chanteuse excelle aussi dans le domaine de la ballade Deep Soul : « Smiling Faces » en est le parfait exemple avec une ligne de basse bien ronde. Ce n’est peut-être pas le morceau que retiendront les amateurs de Funk débridé, mais quelle classe, tout semble millimétré ! Les Groovelvets n’usurpent pas leur nom. Le mid tempo « 2 Kinds Of Men » ou « Let’s Talk About The Kids » avec une basse époustouflante et charnue sont tout simplement époustouflants. Autre bon moment avec « I’m Coming Home » qui flirte entre mid tempo et ballade avec des fluctuations de tempos diablement maîtrisées et un solo de gratte qui prend son envol. L’album se clôt sur « I Wanna Go Back », une pièce de Funk pleine de vitalité, d’inspiration brownienne incorporant un solo de sax.
Enfin terminons ce panorama par la seule reprise du disque « I’m Not Your Regular Woman », titre qui semble avoir retenu l’attention des programmateurs radio. Il fallait être bien charpenté pour reprendre cette composition de Ted Jarrett, ancien producteur noir établi à Nashville en plein territoire péquenot et propriétaire des labels Champion et Calvert. Ce titre enregistré par l’obscure Lucille Mathis (deux petits singles gravés en 1968 pour A-Bet Records, une filiale d’Excello) bénéficie d’une superbe relecture sur laquelle les amateurs de Funk Dance ne pourront que se déhancher.

Conclusion : une chanteuse à la voix haut perchée marquée d’un petit accent lui conférant un charme indéniable, un répertoire inattaquable, des arrangements et des textes bien peaufinés, la virtuosité des Groovelvets et bien sûr un groove énorme font de cet album une heureuse surprise. Signalons que « Stop Look Listen » est disponible en version CD et en vinyle (série limitée à 500 exemplaires).

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   LE KINGBEE

 
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- Marta Ren (chant)
- Bruno Macedo (guitare)
- Sérgio Marques (basse)
- Hugo Danin (batterie)
- Manu Idhra (percussions)
- Sergio Alves (claviers)
- Paulo Gravato (saxophone baryton)
- Joao Martins (saxophone tenor/alto)
- Rui Pedro Silva (trompette)
- José Silva (trompette)
- Joao Sêco (trombone)


1. Don't Look.
2. Release Me.
3. I'm Not Your Regular Woman.
4. Smiling Faces.
5. 2 Kinds Of Men.
6. It's Today.
7. I'm Coming Home.
8. Be Ma Fela.
9. Let's Talk About The Kids.
10. So Long.
11. I Wanna Go Back.



             



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