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DIARRHEA PLANET - Turn To Gold (2016)
Par COWBOY BEBOP le 9 Juillet 2016          Consultée 314 fois

En 2016, l'amateur de rock indé n'a probablement plus beaucoup d'espoir. Le genre semble avoir atteint une espèce de stade terminal, celui de la bave aux lèvres et des dernières convulsions désespérées. Alors, il tente en vain de masquer son manque d'idées derrière une esthétique lo-fi battue et rebattue, accompagnée de son triste cortège de cache-misères : des guitares crades, une voix modifiée et altérée, des riffs pseudo-roots bancals. Et puis, de temps en temps, débarque un peu de nulle part un album qui tient la route. On l'écoute une fois, deux fois, et la suspicion, née d'espoirs maintes fois déçus, fait place à l'étonnement, puis à la jubilation. Car oui, Turn To Gold a de bonnes idées, des riffs accrocheurs, et même – aussi incroyable que cela puisse paraître – de vraies mélodies !

Oh, bien sûr, ne vous attendez à rien de révolutionnaire. Les géniteurs de l’album, une formation originaire du Tennessee répondant au doux nom de DIARRHEA PLANET, ne sont que les héritiers plus ou moins directs de la vénérable – vétuste selon certains – lignée du rock alternatif. Qui veut étaler sa culture de la scène musicale des années 90 trouvera dans ces onze titres de quoi satisfaire ses envies : la musique de DIARRHEA PLANET évoque pêle-mêle la power-pop de CHEAP TRICK, le grunge de WEEZER, la rugosité de DR. JUNIOR, l’énergie de PAVEMENT. La liste est aussi longue qu'elle est futile car les six gars de Nashville ont largement les guibolles pour tenir debout sans béquilles.

Ouvrant les festivités, « Hard Style » est un instrumental à l’ambiance épique et vaguement militaire, parfait pour allumer les premières étincelles. La flambée prend vraiment avec « Announcement » et son énergie communicative, et se transforme en incendie avec le refrain de « Life Pass ». Le groupe sait naviguer avec aisance entre du rock bourrin (« Ain't A Sin To Win », « Let It Out ») et des morceaux plus calmes (« Ruby Red », « Dune ») qui n'en restent pas moins dynamiques. Au croisement des deux, on trouve des titres comme « Bob Dylan's Grandma » ou « Lie Down », qui sont probablement les plus originaux de l'album. Le groupe sait de toute évidence manier les outils nécessaires à un songwriting efficace. La structure basique couplets-refrains est agrémentée de petits passages instrumentaux plaisants qui font la part belle aux guitares. Les chansons vont droit au but sans s'attarder et les musiciens savent quand faire une pause et quand envoyer la sauce.

Et quand il est question d'envoyer les watts, on est servi : il faut dire que la formation compte pas moins de quatre guitaristes – quatre fois trop, dirons les petits malins. Mais quitte à faire les choses, autant les faire bien, et ce ne sont pas les aficionados du rock dopé aux stéroïdes qui vous diront le contraire. Au pire, on a droit à de la bouillie de distorsion pas trop méchante, la faute à une production parfois un peu brouillonne et qui a du mal à jongler avec l'excès de grattes. Mais dans ses meilleurs moments, le groupe déploie une énergie irrésistible et parvient à forger un son assez unique, à la fois riche et spacieux, qui peut aussi bien secouer sans ménagement l'auditeur (« Hot Topic ») que l'envelopper avec discrétion (« Lie Down »).

DIARRHEA PLANET ne se prend pas au sérieux, c'est évident, et ça fait du bien. Leur rock décomplexé va piocher un peu partout sans rougir de ses emprunts – après tout, personne n'a la musique infuse, et même les idoles d'aujourd'hui ont eu leurs propres dieux. Les influences sont parfois un peu trop visibles (le refrain de « Ain't A Sin To Win » ressemble furieusement à celui de « Surf Wax America »), mais dans l'ensemble on est là en présence du rock tel qu'il devrait toujours être : jouissif, tout simplement.

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   COWBOY BEBOP

 
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- Jordan Smith (guitare, chant)
- Emmett Miller (guitare, chant)
- Evan Bird (guitare, chant)
- Brent Toler (guitare, chant)
- Mike Boyle (basse)
- Ian Bush (batterie)


1. Hard Style
2. Announcement
3. Life Pass
4. Let It Out
5. Bob Dylan's Grandma
6. Ruby Red
7. Ain't A Sin To Win
8. Dune
9. Hot Topic
10. Lie Down
11. Headband



             



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