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JEWEL BROWN & BLOODEST SAXOPHO - Roller Coaster Boogie (2015)
Par LE KINGBEE le 9 Juillet 2016          Consultée 730 fois

Native de Houston où elle voit le jour en 1937, Jewel Brown est connue pour avoir chanté au sein de l’orchestre de Louis Armstrong entre 1961 et 1968 remplaçant Velma Middleton. Chanteuse expressive, à l’aise dans différents registres (Jazz, R&B, Blues), elle met sa carrière entre parenthèses en 1971 afin de s’occuper de sa mère malade. Pendant près de 16 ans, elle ne se produit plus que sporadiquement dans sa ville natale. A partir de 1987, elle revient sur le devant de la scène, se produisant dans les orchestres de Dizzy Gillepsie et du saxophoniste Arnett Cobb, véritable icône du jazz texan.
A l’orée du nouveau millénaire, elle intègre la formation Heritage Hall Jazz Band jusqu’à ce qu’Eddie Stout, patron de Dialtone Records, ait la bonne idée de l’associer à Milton Hopkins avec à la clef l’album « Milton Hopkins & Jewel Brown » (DT0024), opus salué à juste titre par la critique internationale.
Pour enregistrer « Roller Coaster Boogie » la chanteuse a traversé les mers pour aller dans la région des cinq lacs bordant le Mont Fuji. Cette fois-ci, Eddie Stout a incorporé sa chanteuse au sextet Bloodest Saxophone et autant dire que la mayonnaise monte dès le premier coup de cuillère. La combinaison entre la chanteuse vétéran et ces jeunes virtuoses venus d’un univers différent n’était pas gagné d’avance, mais le talent fera le reste. Le jump blues « That’s A Pretty Good Love », grand succès de Big Maybelle rassure d’emblée, Eddie Stout donnant la réplique à Jewel. La chanteuse revisite « One Monkey Don’t Stop No Show », compo de Sticks Mc Ghee popularisée quelques années plus tard par Big Maybelle, une pièce gorgée de swing reléguant à des années lumière les versions de Bette Middler ou des Honey Cone. Le saxophoniste Koda Shintaro et le guitariste Shuji apportent une intensité dramatique sur « Dark Shadows » titre immortalisé par Charlie Parker. Le R&B est lui aussi bien présent : « « Goody Goody », standard de Johnny Mercer repris par Ella Fitzgerald, Sinatra ou Frankie Lymon, est délivré ici dans une version plus dynamique prenant ainsi un sérieux coup de jeune, idem pour « Walk That Walk Daddy-O » œuvre probable de Tina Dixon bien boosté par un sax hurleur. A 77 ans au compteur, Jewel fait preuve d’une gouaille et d’un humour incomparables, la preuve avec l’impayable « Kaimono Boogie » (chanté en japonais), succès de la chanteuse Shizugo Kasagi mis en boîte au Japon en 1950, et « Bewitched » titre générique de la série « Ma Sorcière Bienaimée ». Même sur des ballades type guimauve comme « Don’t Go To Strangers » (The Orioles) ou « Twilight Time » (repris par Dick Rivers sous le titre « Les Yeux D’une Femme »), le vocal bluesy de Jewel conjugué à une orchestration sans faille parvient à surprendre. Impossible d’oublier la Nouvelle Orleans avec « Crazy Mambo », titre Nasco de Classie Ballou remarquablement mis en valeur par le piano de Mikio Ito et la guitare de Shuji. L’album se clôt sur un blues lent « Ain’t Nobody’s Business » de Jimmy Witherspoon adapté d’un gospel des années 20. A noter que sur les treize titres, le sax Koda Shintaro délivre deux originaux chantés par Jewel Brown. Ce premier opus du label Dynaflow met aux prises une chanteuse expressive et communicative et un combo nippon haut de gamme avec une section cuivre pleine d’allant, un guitariste inspiré et une section rythmique gardienne du temple, pour une symbiose totale. Un disque gorgé de nuances, de feeling et rempli de pulsations.

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   LE KINGBEE

 
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- Jewel Brown (chant)
- Eddie Stout (chant 1)
- Shuji (guitare)
- Koda 'young Corn' Shintaro (saxophone)
- Osikawa Yukimasa (saxophone, percussions)
- Coh (trombone, percussions)
- Kazz Tanaka (percussions)
- Kiminori (batterie)
- The Takeo (contrebasse)
- Mikio Ito (piano)


1. That's A Pretty Good Love.
2. One Monkey Don't Stop No Show.
3. Afrodesia.
4. Dark Shadows.
5. Goody Goody.
6. Crazy Mambo.
7. Kaimono Boogie.
8. The More You Hurt Me.
9. Don't Go To Strangers.
10. Bewitched.
11. Walk That Walk Daddy-o.
12. Twilight Time.
13. Ain't Nobody's Business.



             



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