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ROCK GARAGE BLUESY  |  STUDIO

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- Style : Them, The Yardbirds , The Shadows Of Knight , The Pretty Things

The CRAWDADDYS - Crawdaddy Express (1979)
Par LE KINGBEE le 15 Octobre 2016          Consultée 919 fois

1979, rappelez-vous : La planète entière se trémousse sur « YMCA » (Village People), « I Will Survive » (Gloria Gaynor), Barbara Streisand profite de la mode pour se refaire une jeunesse, Olivia Newton-John, Earth Wind & Fire, les Bee Gees s’accaparent les charts. Chez nous, Cabrel triomphe avec « Je l’Aime A Mourir », Carlos avec « Rosalie » et le bon Patrick Hernandez avec « Born To B Alive ». Mais 1979, c’est l’année du paroxysme pour le Disco, cette immense vague ne va pas tarder à se retirer. Certaines stars confirmées (Rod Stewart avec « Do Ya Think I’m Sexy ? » ou les Stones avec « Miss You ») tentent encore de surfer sur cette déferlante avec un opportunisme à peine déguisé. Mais ne noircissons pas le tableau plus que nécessaire, de nouveaux artistes commencent à ouvrir une brèche : Gary Moore avec « Parisian Walkways », Rickie Lee Jones « Chuck E.S.Love », ou bien encore The Knack avec « My Sharona » et Blondie sur « Heart Of Glass ». Le vent tourne également au royaume de la Perfide Albion : Les Boomtown Rats triomphent avec « I Don’t Like Mondays », Police avec « Message In The Bottle alors que Sham 69 avec « Hersham Boys » et les Sex Pistols sur « C’Moon Everybody » divisent la Nation*.
Il n’est parfois pas inutile de se remémorer les bons et les mauvais moments musicaux que les médias, radios, télévisions et inconscients collectifs nous ont faire vivre, souvent à coups de slogans honteux ou de passages radiophoniques aussi intempestifs qu’incessants.

On est donc en 1979 et un groupe, originaire de San Diego sur la pointe Sud de la Californie, à une portée de fusil de Tijuana, va faire parler de lui en allant à contre-courant de tout ce qui se fait depuis presque dix ans : The CRAWDADDYS. Le groupe fondé un an avant opte pour un nom clairement explicite : The Crawdaddys est un clin d’œil au club londonien (Crawdaddy Club), celui où démarrèrent les Stones ou les Yardbirds, mais également à un magazine ricain de Rock'n'Roll fondé en 1966 par Paul Williams. Effectivement Ron Silva et Steve Potterf (deux anciens membres des Hitmakers) sont deux fondus de British Invasion early sixties. Rejoints par le bassiste Mark Zadarnowski et le batteur Dan McLain**, les deux têtes pensantes vont écumer les bars et les clubs de l’East Side avant de tourner régionalement. A contrario de certains groupes adeptes de nouvelles technologies et des nouveaux synthétiseurs qui prolifèrent, les Crawdaddys privilégient un son bien cradingue, du matos old time à l’instar de tous les groupes anglais du milieu des années 60.
Le destin amène Silva et ses compères sur la route de Greg Shaw***. qui décide aussitôt de les enregistrer. Ancien producteur des FLAMIN’ GROOVIES et fondateur du label Bomp Records, le californien vient de monter Voxx Records, destiné à lutter contre la New Wave et la Pop FM et ainsi de lancer un Revival Rock Garage.
Cette rencontre entre la formation et Shaw n’a rien de fortuite, le californien est à la recherche d’un nouveau groupe américain pouvant s’immerger totalement dans le Rock Blues British et cela tombe à pic, l’univers des Crawdaddys se tourne résolument vers les KINGS, THEM, YARDBIRDS, PRETTY THING, STONES mais aussi vers Paul REVERE & The RAIDERS et les pionniers noirs du Rock n Roll.

Placé sous la houlette du producteur ingé-son Tim LaMadrid, La formation distille 12 reprises pour 3 originaux qui s’insèrent remarquablement à l’ensemble. Son mono comme durant la première partie des sixties, les titres très souvent enregistrés en une prise débordent d’énergie, une section rythmique qui n’en rajoute pas et se montre comme la gardienne du temple, une orchestration à dominante d’harmonica et des interprétations souvent proches des originaux, les Crawdaddys respectent sommes toutes les schémas et ne sont pas là pour se réapproprier les morceaux ou faire n’importe quoi. Parmi les différentes pistes, le groupe remet au goût du jour « I’m A Lover Not A Fighter » issu d’un single Excello de l’harmoniciste louisianais Lazy Lester repris par les Kings et Dave Edmunds. Autre reprise Swamp tout en délicatesse le hit de Slim Harpo « Rainin’ In My Heart », repris en 65 par les Pretty Things et là ça sonne autrement que les guimauves indigestes et sirupeuses de Dorsey Burnette, Warner Mack ou Sleepy LaBeef. Excellente interprétation de « Down The Road Apiece », à l’origine un boogie woogie gravé en 1940 par le Will Bradley Trio et repris au fil des ans par les Stones et Chuck Berry. « Come See Me », un titre soul de J.J. Jackson enregistré curieusement deux ans avant par les Pretty Things sonne plus Garage que celle de leurs aînés avec un bon passage de basse.

Le Blues n’est bien sur pas occulté, le groupe s’attaque avec ferveur et sincérité à trois compos de Willie Dixon : « Down In The Bottom » immortalisé par Howlin’ Wolf, « I Wanna Put A Tiger In Your Tank » popularisé par Muddy Waters mais influencé ici par la version dues Downliners Sect et « You Can’t Judge A Book By Looking At The Cover » rivalisant hautement avec la version des MerseyBeats et rejetant dans ses buts l’exécrable version des Liverbirds. Autres grands moments le vitaminé « Mystic Eyes » des Them, le Hillbilly d’Hank Snow repris à toutes les sauces « I’m Movin’ On ».
Rythmes dynamiques, harmonica plein de vitalité, morceaux courts (le plus long ne dépasse pas le 3 minutes 20), « Crawdaddy Express » assène un train d’enfer. Les grincheux trouveront probablement que le nombre important de covers nuit à une telle production, il n’empêche que ce disque publié à l’origine en mono propose un répertoire solide et enjoué, certes parfois scolaire, mais sans le moindre objectif commercial ou vénal. On notera également que chaque face s’ouvre avec un titre interprété par The Kings. Le vinyle a été réédité en CD avec 7 bonus (quatre compositions de plus) par Voxx Records.

* Il ne s’agit là que d’exemples parmi d’autres.
** Dan McLain est décédé en 1995. Steve Potterf s’est retiré des studios après le premier disque remplacé par Peter Miesner. Le groupe sous la conduite de Ron Silva et Mark Zadarnowski s’est produit en 2011 au Go Sinner Go Festival en Espagne. A l’heure où je pondais ces modestes lignes, le groupe était annoncé à la Casbah, le club mythique de Garage de San Diego.
*** Créateur de la série Pebbles, compilations dédiées au Garage, Greg Shaw produira et enregistrera durant les années 90 Black Lips, The Warlocks et Brian Jonestown Massacre. Il décède en 2004 d’une crise cardiaque.

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   LE KINGBEE

 
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- Steve Potterf (guitare, harmonica, chant)
- Ron Silva -guitare, Chant, Maracas)
- Mark Zadarnowski (basse)
- Dan Mclain (batterie)


1. I'm A Lover Not A Fighter.
2. You Can't Judge A Book By Looking At The Cover.
3. Down The Road Apiece.
4. Let's Make It.
5. Rainin' My Heart.
6. I'm Movin' On.
7. Mystic Eyes.
8. Oh Baby Doll.
9. Bald Headed Woman
10. Come See Me.
11. Got You In My Soul.
12. Times Are Getting Tougher Than Tough.
13. Down In The Bottom.
14. Crawdaddy Express.
15. I Wanna Put A Tiger In Your Tank.



             



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