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- Style : Tom Petty & The Heartbreakers , Bruce Springsteen , John Mellencamp

Bob SEGER - Against The Wind (1980)
Par LE KINGBEE le 14 Février 2019          Consultée 796 fois

S’il a plus ou moins disparu des écrans-radars européens, Bob SEGER a régné comme un roi aux States entre 1976 et 1983. Et pourtant, rien n’était gagné pour le natif du Michigan.

Installé à Detroit depuis son enfance, Seger débute dès le début des sixties au sein des Decibels, enchaîne comme chanteur avec The Town Criers, se lie d’amitié avec Glenn Frey et termine ses classes au sein des Omens de Doug Brown, époque où le public local remarque sa voix éraillée mais puissante et durant laquelle Bob fait connaissance d’Andrew « Punch » Andrew qui deviendra son fidèle manager/producteur.
Excellent auteur, Bob compose et enregistre une poignée de singles mais le succès n’est pas au rendez-vous. En 68, il fonde Bob Seger & The Last Heard tout en signant un premier contrat avec Capitol, mais la firme décide que le nom n’est pas porteur et le transforme en Bob Seger System. Si Bob enregistre quelques petits succès locaux, son nom ne dépasse guère les frontières de la Motor City et il se retire quelques mois en jouant dans le circuit des collèges du Michigan. En 71, on le retrouve aux percussions sur un titre des MC5.
Au début des seventies, il fait équipe avec Teegarden & Van Winkle, un duo de Folk Rock de Tulsa établi depuis peu à Detroit. Pendant trois ans, Bob tourne au sein du Borneo Band, une troupe d’accompagnateurs comprenant la chanteuse Marcy Levy et le batteur Jamie Oldaker, futurs partenaires de CLAPTON. L’avenir de Seger se précise en mars 74 avec la création du Silver Bullet Band. Deux ans plus tard, le père Bob signe avec « Silver Bullet » probablement l’un des cinq meilleurs disques publics de la décennie. Seger et son groupe vont connaître de fastes années. En 1977, il se produit au Pavillon de Paris et il nous faudra attendre novembre 80 pour le revoir à l’Hippodrome de Pantin.
Après 1983, Bob Seger se montrera moins convainquant, l’homme de Detroit n’avait plus grand-chose à prouver et pouvait se reposer, tranquille. Il est vrai que vendre plus de 75 millions de disques, ça peut aider.

« Againt The Wind » fait suite à « Stranger In Town ». Il aura fallu deux ans pour que le guitariste compose un nouvel opus, deux ans durant lesquels la formation n’a pas arrêté de tourner. La pochette avec cinq étalons blancs galopant dans l’eau est typique au Rock Midwest et contraste avec les précédents visuels où on le voyait en gros plan avec une barbe négligée, des cheveux longs et un regard pour tout dire guère sympa. La pochette dorsale n’est pas anodine : on y voit trois chevaux floutés, comme la représentation d’un mirage, alors que l illustration dorsale évoque certains dessins à l’encre de Delacroix issus d’un séjour en Afrique du Nord. Seger serait-il devenu un romantique ? Ce n’est pas précisément ce à quoi tend « The Horizontal Bop » en ouverture, un Rock Boogie dans lequel le piano de Dr. John se tire une bonne bourre avec le sax. Du Rock de prolo dans la lignée du « Boss » Springsteen.
Et pourtant, de la tendresse et du romantisme, on en retrouve de belles tranches: « You’ll Accompag’Ny Me » une ballade pleine de douceur qui monte en intensité via des chœurs féminins qui poussent le chanteur dans ses retranchements. Autre petite douceur avec « No Man’s Land » qui s’inscrirait pour un peu dans le répertoire des EAGLES. Les Eagles, on retrouve justement un de ses membres au chant avec Glenn Frey sur « Against The Wind », ballade qui donne son nom au disque et qui portera le disque à la 1ère place des classements d’albums. Repris mais jamais égalé, Seger nous livrait ici un texte poétique, ambigu, rempli de métaphores. Paul Anka en fera plus tard une version Jazzy à la Sinatra totalement indigeste, quand Sylvie Vartan adaptera le titre en français en claironnant « Cheveux au Vent », titre frisant le ridicule, heureusement celui-ci ne tue pas. Le duo Brooks & Dunn, également repreneur du morceau, ne fera guère mieux, relayant la reprise au stade d’une chanson de Country Line bourrative. « Good For Me », autre titre gorgé de suavité, s’apparenterait presque à de la Country Soul. Les ballades se taillent donc la moitié du gâteau et c’est encore l’une d’entre elles qui vient clore l’album avec « Shinin’ Brightly », une petite pépite de Folk Country qui pourrait figurer au répertoire du James Gang ou de Dr. Hook.

Si « You’ll Accomp’Ny Me » remporte de nombreux suffrages parmi les titres lents, « Her Strut » un Southern Rock qui monte au fil des secondes pourrait se parer du logo du meilleur titre Rock du disque. Pour un peu, on croirait que le titre provient d’une session enregistrée à Muscle Shoals dans les studios de Rick Hall.
Alors, si les Swampers, ou Muscle Shoals Rhythm Section n’est pas présente sur « Her Strut », on l’entend sur la moitié des titres, peut être ce qui renforce la puissance et l’éclectisme du disque. Parmi les plages les plus dynamiques, le Country Rock « Long Twin Silver Line » pourrait figurer au répertoire du BAND ou de TONIO K, alors que « Betty Lou’s Gettin’ Out Tonight » avec un Drew Abbott dévastateur à la guitare n’est rien d’autre qu’un Rockabilly haut en couleur et dans lequel le sax et le piano jouent au rôle de celui qui dégaine le plus vite.

Tout n’est pas parfait dans ce disque dont pas moins de huit titres paraîtront en singles, « Fire Lake » bien que souvent cité paraît mou du genou entre Rock et Country FM. C’est avec ce disque studio que Seger connaîtra son plus beau succès commercial et avouons que presque quarante après sa sortie le disque n’a guère pris de ride et demeure aujourd’hui encore largement au-dessus de la production de masse que le Rock US essaie de nous refourguer. Une note de 4 ne paraît pas injustifiée.

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- Bob Seger (chant, guitare)
- Drew Abbott (guitare 1-2-3-6-8)
- Jimmy Johnson (guitare 4-5-7-9-10)
- Chris Campbell (basse 1-2-3-6-8)
- David Hood (basse 4-5-7-9-10)
- David Teegarden (batterie 1-2-3-6-8)
- Roger Hawkins (batterie 4-5-7-9-10)
- Sam Clayton (percussions 2)
- Randy Mccormick (claviers 4-5-7-9-10)
- Paul Harris (piano, clavier 6-8)
- Bill Payne (claviers 2)
- Dr. John (piano 1)
- Doug Riley (synthétiseur 4)
- Alto Reed (saxophone 1-2-3-6-8)
- Laura Creamer (chœurs 2-7-10)
- Linda Dillard (chœurs 2-7-10)
- Ginger Blake (chœurs 2-7-10)
- Glenn Frey (chœurs 6-9)
- Don Henley (chœurs 9)
- Timothy B. Schmit (chœurs 9)


1. The Horizontal Bop
2. You'll Accomp'ny Me
3. Her Strut
4. No Man's Land
5. Long Twin Silver Line
6. Against The Wind
7. Good For Me
8. Betty Lou's Gettin'out Tonight
9. Fire Lake
10. Shinin' Brightly



             



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