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2016 Greetings From Bunezuela!
 

- Membre : Cheap Trick, Hanson, Wilco, Miles Nielsen

Bun E. CARLOS - Greetings From Bunezuela! (2016)
Par JASPER LEE POP le 22 Novembre 2016          Consultée 1748 fois

- Comment appelle-ton un type qui traîne toujours avec des musiciens ?
- Un batteur.

Allons bon, Bun E. Carlos sort un album solo quasiment en même temps que le petit dernier de ses ex-comparses de CHEAP TRICK, vous me permettrez de penser que c'est tout sauf une coïncidence. Petit rappel des faits : en 2010, le groupe annonçait officiellement que Carlos ne tournerait plus avec eux mais que celui-ci demeurerait néanmoins membre du quatuor. On invoquait des problèmes de dos qui empêchaient le batteur de jouer des sets trop longs et la séparation semblait amicale. Ça se compliquait en 2013 quand les chèques n'arrivant plus, Carlos intentait un procès contre le combo de Rockford pour non respect du contrat, Zander & co ne conviant pas le batteur aux activités hors tournée du groupe (dont les enregistrements en studio). En 2015, on annonçait que le groupe avait finalement négocié avec Carlos. Celui-ci reste actionnaire de la franchise CHEAP TRICK, point barre. Depuis, le batteur a déballé son linge sale lors de quelques interviews bien salées et malgré sa présence derrière les fûts lors de l'intronisation du groupe dans cette bonne blague de Rock and Roll Hall of Fame, les couteaux sont tirés de part et d'autre.

- Pourquoi les musiciens laissent-ils des baguettes sur la plage arrière de leurs véhicules ?
- Pour pouvoir se garer sur les places handicapé.

Bun E. Carlos (de son vrai nom Brad Carlson. « Bun » est une référence au personnage folklorique américain Paul Bunyan) est un excellent batteur au savoir encyclopédique qui joue au service des morceaux (ça paraît désarmant de l'énoncer tel quel mais c'est loin d'être le cas de tous les drummers). C'est en outre un type attachant qui a très tôt pris le parti de se créer un personnage. Son physique rondouillard ne lui permettant pas de rivaliser avec les beaux gosses du rock, il jouerait le décalage en portant moustache, chemise à manches courtes, cravate et lunettes comme le parfait employé d'une banque. Depuis longtemps sous contrat avec Ludwig et Zyldjian, on se demande si le batteur gaucher tapant sur un kit configuré droitier ne l'était pas non plus avec Marlboro, une clope éternellement vissée au bec y compris en jouant. Voilà pour le bonhomme sympathique mais un batteur rock qui sort un album solo, est-ce bien raisonnable ?

- Comment appelle-t-on une jolie femme au bras d'un batteur ?
- Un tatouage.

Si encore une fois la date de sortie n'est pas innocente, le projet remonte déjà à quelques temps. Le batteur nous propose donc un album de reprises plus ou moins connues sur lesquelles plusieurs vocalistes viennent pousser la chansonnette. Vachement original, hein ? Moi, ce genre d'album, je n'en peux tout simplement plus. Mais voilà, je suis du genre complétiste alors si le cousin mexicain de la femme de ménage de l'ingénieur du son qui a poussé les potards sur une obscure face B des Tricksters sort un skeud, je me sens obligé de m'y coller. C'est malin. En tous cas, ça brasse large de « Armenia City in The Sky » des WHO, « Idea » des BEE GEES et « Tell Me » des STONES à des trucs beaucoup plus obscurs tels que « Count on Me » de FRA LIPPO LIPPI et « I Love You No More » des BLACKSTONES.

- Comment savez-vous qu'un batteur frappe à votre porte ?
- Les coups accélèrent.

Le parfum général qui se dégage de l'album est celui d'un rock indé avec quelques touches d'Americana et de psyché. Les morceaux sont interprétés par deux formations, The Monday Night Band, un groupe local de Rockford et un groupe de Chicago dans lequel officie John Stirrat de WILCO. L'ensemble s'écoute sans déplaisir mais laisse quand même dubitatif tant rien n'interpelle véritablement l'auditeur. Je me surprends même à ne pas être gêné par la valse des chanteurs qui me rebute généralement. Mais pas pour une bonne raison : tous sont ici tellement ternes qu'on entend (à peine) la différence entre l'un ou l'autre. L'auditeur français sera tout au plus amusé par la reprise des cactus de DUTRONC in french in ze text (prononcé « cactousses ») et l'amateur de séries reconnaîtra la chanson-générique de l'immense deuxième saison de The Leftovers (non, je n'ai honte de rien, comprenne qui pourra), « Let The Mystery Be » de Iris DeMent et ici chantée par Randy « Xeno » Hogan, le prédécesseur de Robin Zander chez CHEAP TRICK.

- Quelle question posée par un batteur fait immanquablement marrer son groupe ?
- « Et si on essayait un de mes morceaux ? »

Tout au long de cet album certes anecdotique, Carlos rappelle sobrement que son drive est impeccable et que décidément non, le jeunot Daxx Nielsen qui le remplace chez CHEAP TRICK si compétent soit-il manque de ce petit quelque chose qui fait toute la différence. La sortie de cet opus quelques semaines après Bang, Zoom, Crazy, Hello ressemble à un appel du pied à ses ex-acolytes. Qui risque de rester sans réponse. On dit Zander très fâché et irréconciliable.

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   JASPER LEE POP

 
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- Bun E. Carlos (batterie)
- Robert Pollard (chant)
- Hanson (chant)
- John Stirrat (chant, basse)
- Alex Dezen (chant)
- Alejandro Escovedo (chant)
- Dave Pirner (chant)
- Xeno (chant)
- Nicholas Tremulis (chant)
- Rick Rizzo (chant)


1. Do Something Real
2. Him Or Me
3. Armenia City In The Sky
4. I Love You No More
5. Tell Me
6. It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry
7. Let The Mystery Be
8. Idea
9. Les Cactus
10. I Can Only Give You Everything
11. Slow Down
12. Count On Me
13. I Don't Mind



             



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