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EPIDAURUS - Earthly Paradise (1977)
Par WALTERSMOKE le 2 Janvier 2017          Consultée 179 fois

Faire du rock progressif en 1977 équivalait à un suicide commercial et médiatique sans précédent. C'est lors de cette année que les charts ont déchanté même pour certaines pointures du genre, la faute à la percée fantastique du punk, mais aussi (et surtout ?) à cause de la démesure qu'elles avaient fini par acquérir. C'est la vie, la sélection naturelle qui bat son plein : un genre nait, croît, puis explose pour se laisser ramasser alors qu'il est en miettes. Après, tout n'est pas exactement prévisible, ainsi a-t-on vu les Allemands d'ELOY sortir Ocean. Indépendamment de sa qualité artistique bonne mais pas aussi grande qu'on veut le faire croire, c'est un album de classic prog qui a néanmoins cartonné, du moins dans son pays natal. Il s'agit cependant de l'exception qui confirme la règle, et le compatriote EPIDAURUS ne pourrait prétendre le contraire.

Formé en 1975, EPIDAURUS est le cas typique du groupe qu'on a tendance à considérer comme culte car peu connu et ayant apparemment raté le coche niveau gloire – oui parce que tout ce qui est rare est forcément bon ou au moins meilleur que le reste, n'est-ce pas (hahaha). Du coup, très peu d'infos circulent à son sujet et le peu de données est à prendre avec des pincettes. Mais il reste néanmoins le plus important, à savoir une discographie notamment constituée du premier disque, nommé Earthly Paradise, dont il est question ici.

Pour commencer, c'est vraiment ce qu'on peut appeler une sortie underground, car Earthly Paradise a d'abord été auto-produit et auto-distribué, sans aucun label, un peu comme les morceaux des jeunes mélomanes de Youtube de nos jours. Il faudra attendre les années 90 pour le voir redistribué en bonne et due forme, et on ne peut que remercier entre autres Garden of Delights de faire son remarquable boulot d'archéologue du rock allemand. Ensuite, côté contenu, c'est un peu chiche, puisque le premier opus d'EPIDAURUS ne fait que 32 minutes pour 5 morceaux. Un poids plume dans le genre à l'époque, c'est le cas de le dire.

Et pourtant, si et seulement si le groupe s'était formé plus tôt et avait sorti son album en 1974 par exemple, nul doute qu'il aurait certainement attiré l'attention. Earthly Paradise est en effet le genre d'album qu'un blasé des grands pontes du rock progressif peut écouter pour ensuite dire « hé mais c'est pas mal ! ». Les musiciens abattent un travail remarquable, aussi bien du côté de la composition que pour l'interprétation. Le choix des synthés est parfois douteux, certes (surtout sur la face B), mais en somme, ça tient la route. "Andas" est ainsi le meilleur morceau de l'album (et par extension d'EPIDAURUS), et pourra de loin faire plaisir à tout amateur d'envolée instrumentale qui ne se regarde pas trop le nombril.

Mais le plus intrigant sur Earthly Paradise, c'est sa face A, contenant deux morceaux avec chant. Toute l'originalité d'Epidaurus, c'est non seulement de faire appel à une femme, mais surtout d'intégrer du chant lyrique. Enfin, sur "Actions and Reactions", on est certes plus proche des vocalises sur le premier Steve HACKETT ou bien le Mike OLDFIELD de l'époque. Niveau technique, par contre, les musiciens sont bien plus à la traîne (en même temps, ce n'est par exemple pas le même batteur présent ici), et plus globalement, il n'y a pas de quoi se relever la nuit. En revanche, le morceau le plus intéressant est "Silas Marner". Si la première partie n'est qu'une longue introduction instrumentale de 3 minutes pas folichonne, la seconde part dans une cavalcade rock à grands coups de mellotron et de chant lyrique (un peu faiblard par ailleurs). Malgré la médiocrité du morceau, l'idée reste intéressante, et visiblement non suivie ou répétée ailleurs – ceci étant, on pourrait croire à du proto-NIGHTWISH, vaguement certes.

C'est pour ça qu'il est intéressant de chercher dans les petits groupes oubliés et pas fantastiques comme EPIDAURUS. Avec un peu plus de chance et un bon timing, on aurait pu par exemple voir le groupe prospérer parmi les seconds couteaux et offrir un ou deux albums intéressants. Mais ce ne fut pas le cas, et EPIDAURUS est devenu culte uniquement pour les prospecteurs des internets. Encore que... il existe bien un deuxième album, mais mieux vaudrait ne pas en parler.

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- Gerd Linke (claviers, synthétiseurs, guitare 12 cordes)
- Gunther Henne (claviers, synthétiseurs)
- Heinz Kunert (basse, percussions)
- Manfred Struck (batterie sur 3, 4 et 5)
- Volker Oehmig (batterie sur 1 et 2)
- Christiane Wand (chant sur 1 et 2)


1. Actions And Reactions
2. Silas Marner
3. Wings Of The Dove
4. Andas
5. Mitternachtstraum



             



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