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BLACK WOODS - Landscapes (2016)
Par WATCHMAN le 5 Janvier 2017          Consultée 260 fois

Il est 6h du matin. Aujourd’hui, je me suis réveillé avec l’envie de faire une virée en voiture. Une grande virée. De celles dont j'ignore jusqu’où elle pourra m’emmener mais au fond je m’en fiche. Je m’abandonne à mon instinct, uniquement guidé par l’appel de la nature comme le ferait le héros d’un roman de Jack London.

6h30. Après avoir englouti un café brûlant et des pancakes, je m’installe au volant de mon pick-up et je prends la route direction l’inconnu.
Devant moi, l’horizon pale dissimule encore le soleil levant et les montagnes que j’ai d’ordinaire l’habitude de voir sont masquées d’un voile blanc. Je n’ai qu’à suivre l’immense segment de bitume gris qui s’étire devant moi à l’infini tandis que l’autoradio diffuse un morceau de blues aux accents sudistes. Du Albert Collins, ou du Lonnie Mack. Au fond, peu importe. Je me sens bien, même au milieu de ce paysage dépouillé.
Progressivement, le tracé de la route devient moins linéaire. Les virages commencent à s’enchaîner. Parfois sinueux. C’est la passe d’un petit col que je connais bien et qui doit me mener de l’autre côté des montagnes dont la silhouette massive et rassurante semble veiller éternellement sur l’endroit où je vis. Dans ma tête, toutes sortes de pensées commencent à affluer.

8h. Le soleil est maintenant bien levé et je décide de faire une halte au bord de la route afin de profiter de la vue depuis un belvédère. En bas, c’est l’entrée de la vallée désertique, royaume des coyotes et des crotales. Je quitte momentanément l’habitacle du véhicule pour sentir la fraîcheur du vent sur mon visage. J’ai littéralement envie de faire communion avec l’air qui m’entoure et de m’élancer au-dessus du désert pour voler. De juste vouloir me sentir libre.

10h. Je suis remonté en voiture et je poursuis mon périple. Cette fois, je suis au beau milieu du désert et de part et d’autre du paysage, les cactus ont remplacé les buissons maigres et épars. Il fait déjà chaud, pourtant je veux continuer mon chemin. Dans les enceintes, le blues a cédé la place aux riffs lourds et graisseux d’un stoner rock. Du Blackfoot, il me semble. Ou peut-être du Orange Goblin. Encore une fois, je suis en plein doute et au beau milieu de ce paysage quasi lunaire j’ai l’impression d’être complètement perdu dans un rêve.

12h. Les kilomètres défilent. La chaleur se fait de plus en plus forte. Au dehors comme à l’intérieur de la voiture. Tout me semble sauvage et hostile, et pourtant je me sens attiré par une force mystérieuse, à la puissance ineffable.

14h. Après m’être arrêté dans l’une de ces gargottes pour routiers qui essaiment le long des routes et avoir refait le plein d’essence, je décide qu’il est temps de rentrer avant la tombée de la nuit. Dans ma tête, les pensées n’arrêtent pas de se succéder, si bien que j’ai littéralement le sentiment que ma tête va imploser, comme si mon âme était dévorée par un feu cérébral. Et soudain, tout devient clair. Je sais pourquoi je suis venu jusqu’ici. Tout simplement pour me retrouver face à mon plus vieil ennemi : moi-même. Pour affronter mes démons en territoire neutre. Pour me prouver que moi, un homme du 21e siècle vivant à l’ère du numérique et de la consommation de masse, je peux encore succomber à la beauté simple et sauvage de la nature et ressentir le besoin de faire corps avec le monde qui m’entoure et dans lequel je (sur)vis.

Voilà. La musique de BLACK WOODS, c’est ça. Une ode à la nature sauvage. La soif des grands espaces, pour reprendre le slogan publicitaire d’une célèbre marque de soda dans les années 90. Entre blues psychédélique et stoner rock, ce trio originaire de Besançon sait vous emmener dans les immensités de l’Ouest américain. Écouter leur nouvel album, c’est sillonner le parc de Yellowstone à la poursuite des derniers troupeaux de bisons, marcher sur le sol brûlant du désert de Mojave et de la Vallée de la mort ou encore arpenter les immenses forêts de feuillus de l’État de l’Oregon. Moins diversifié que leur précédent opus, The Strange Crow, que j’avais fortement apprécié, ce nouvel effort studio des bluesmen franc-comtois se caractérise en revanche par une plus grande cohérence des morceaux et des accents plus sombres et stoner.
À recommander aux fans de Neil YOUNG, de Bruce SPRINGSTEEN (période Devil and Dust), de KYUSS, de Junior Kimbrough, ou dans une moindre mesure d'Eddie Vedder, de Leonard COHEN et de Tom WAITS.

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   WATCHMAN

 
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- Alexandre Klentzi (batterie)
- Pierre Gérardin (guitare, chant)
- Christophe Parpandet (chant, guitares, harmonica et paroles)


1. 1. White Landscapes
2. 2. My Own Misery
3. 3. Fresh Wind
4. 4. Sunshine Valley
5. 5. Lost In A Dream
6. 6. Wild Sun
7. 7. Soul Burns
8. 8. Old Enemy



             



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