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1977 L.A.M.F..

The HEARTBREAKERS - L.a.m.f. (1977)
Par NOSFERATU le 3 Février 2017          Consultée 1352 fois

Où l’on reparle de New York, de punkitude et aussi un peu trop de toxicomanie.
Mi seventies. Le proto punk a trouvé ses marques depuis une bonne décennie dans la mégapole avec le VELVET, les DOLLS, les DICTATORS et autres RAMONES.

Les DOLLS justement, que deviennent-ils ? On l’a dit, leur second lp « too much, too soon » aura un faible succès. Abandonnées par leur maison de disques, Mercury, nos poupées ne savent pas trop quoi faire. C’est alors que le fameux Malcolm Mc Laren, qui a déjà en tête de créer une fameuse « escroquerie du rok n roll », les approche. Adepte des théories d’ « agit prop » sixties et grand suiveur de l’Internationale Siruationniste, il a l’idée de les habiller en cuir rouge et de les faire jouer devant des drapeaux communistes. Mais cette théorie fumeuse (un médiocre live sortira en 84 illustrant cette période) ne prend pas. Thunders et Nolan, dégoûtés de cette piètre entreprise marxisante, font scission. Les DOLLS continuent avec un groupuscule aléatoire, un certain Blackie Lawless (futur W.A.S.P. !) jouera même un peu avec eux… Puis basta, chacun s’occupe de ses différents projets.

Parmi ces derniers, Thunders et son acolyte le batteur Nolan, veulent remonter un nouveau gang. Marre des maquillages glitter, des oripeaux néo-stals, retour à un dandysme urbain post Keith Richards (l’idole absolue de Mr Tonnerre). En parlant de dérive urbaine, ils tombent justement à New York sur l’archétype même du poète camé jusqu’à l’os de la « grosse pomme », un certain Richard Meyers qui transforme rapidement son patronyme en celui plus connoté de Hell. Le déglingué a déjà monté des groupes, entre autres, les NEON BOYS avec un autre « pouètepouète » destroy dénommé Tom Verlaine. Ce duo épris de poésie symboliste française (comme leur copine Patty SMITH) devient les TELEVISION, le symbole arty de ce punk rock germant. Mais Hell veut revenir à l’électricité sauvage, à la « high energy » originelle, voulant se séparer des tendances avant gardistes de TELEVISION. Et Verlaine a un ego surdimensionné qui déteste à peu près tout le monde (surtout les anciens DOLLS).

Le trio s’affirme. Thunders reste à la gratte et prend le chant (expérience qu’il avait déjà tentée au sein des DOLLS), Nolan continue de battre le tambour, Hell s’initie à la basse. Mais un quatrième larron s’embarque pour l’aventure qui promet d’être cataclysmique, Walter Lure qui secondera Thunders à la gratte. Hell, cependant, trouve les paroles des nouvellement nommés HEARTBREAKERS trop niaises. Il faut dire que lui ne jure que par Rimbaud ou Dylan et chanter des niaiseries comme « Je t’aime » ou « je veux juste être aimé », ça le fait doucement rire. Donc, le Richard quitte les « arracheurs de cœur » qu’il trouve trop romantiques, à l’eau de rose, pour divergence, on dira, littéraires. Mais la raison officieuse c’est qu’il n’arrive pas à supporter le côté dictatorial de Thunders. On le retrouvera plus tard avec les VOIDOIDS pour mieux chanter la génération vide, mais ceci est une autre histoire… C’est un certain Billy Rath, plus docile, qui le remplacera.

Le trio, puis le quatuor, écume les clubs crades de la ville, se faisant une réputation d’un groupe de scène torride. Cependant, la réputation se double aussi de celle d’une sévère addiction aux drogues dures. A cause de cette tare, pas de contrat en vue, jusqu’à ce qu’une vieille connaissance, le McLaren cité plus haut, qui crée l’ouragan punk en Angleterre, les fasse venir justement chez les rosbifs. Et voilà les deux scènes qui se rencontrent, celle ouvertement junkie de New York et l’autre plus politisée de Londres. Les HEARTBREAKERS participent ainsi à l’ « Anarchy tour » aux côtés des PISTOLS (grands fans devant l’éternel), les DAMNED et les CLASH. Sauf qu’ils amènent aussi leur dope, surtout l’héroïne, et contaminent tout le courant punk anglais (pour qui se droguer était jusqu’alors ni plus ni moins un truc de sale hippie), avec les dégâts que l’on sait (Sid Vicious, trop copain avec Thunders, s’enfermera ainsi dans une spirale mortelle).

Cependant, c’est en Angleterre qu’un premier single sort, avec le fameux hymne « Born to loose » et le ravageur « chinese rocks », composé d’après la légende par leur pote drogué Dee Dee Ramone, de qui vous savez. Là aussi, une sévère polémique naît. La chanson en question aurait été modifiée par Richard Hell. Quand le disque L.A.M.F. (Like A mother Fucker, tout un programme !) sort, les crédits vont à tout le monde, Hell compris. Mais sur l’album « End of the century », ce sont les faux frères qui revendiqueront la genèse du titre !

Sorti durant l’incroyable année 77, L.A.M.F. s’avère être l’unique œuvre du quatuor décadent mais un must du punk rock. Le titre de l’album fait référence au slogan « Down To Kill a Mother Fucker » que Thunders taggait, si on peut dire, sur les murs alors qu’il était membre d’une féroce bande de voyous.
On y entend du garage stonien, punkifié à mort. Les riffs de Thunders sont dévastateurs, la batterie cogne diablement, et on est loin des fioritures des DOLLS. Là, on branche les grattes et on ramone (RAMONES ?) sévèrement mais avec quelques subtilités qui font la différence avec les jets linéaires de la bande à Joey.

Il n’y a pratiquement que des hits, avec en première salve, l’historique « Born to loose », repris par tous les groupes punks de la voie lactée. "One Track Mind" a été écrit par Richard Hell qui reprendra ce brûlot sous un autre titre "Love Comes in Spurts", que l’on retrouvera sur le « Blank generation » des VOIDOIDS.
Ce disque, c’est un peu une passerelle entre le « stray cat blues » des STONES et le « anarchy in the uk » des PISTOLS. Alors que tous les punks crachent, en effet, sur les STONES à cause de leur embourgeoisement et de leur « rock stadium » fadasse, eux osent rappeler aux Anglais leurs racines musicales sur leur propre terroir. Sinon, les influences lorgnent aussi vers les YARDBIRDS et le MC5, avec une légère touche "bluesy".
Le seul souci, c’est que le mix de l’album est particulièrement foireux, ce qui entraîne un accueil plus que dubitatif de la part des critiques, même les plus punks d’entre eux. Il y aura deux autres éditions qui tenteront, plus ou moins, d’améliorer le son (avec un certain Tony James de GENERATION X qui essaiera de raccomoder ce foutu son). C’est un peu comme le mix originel de « Raw power » (STOOGES), il existe comme ça des chefs-d’œuvre qui n’ont pas eu la sonorité rêvée.
Après ce disque mythique, les membres replongent dans l'héroïne.
Un disque classe de « loosers » autoproclamés.

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   NOSFERATU

 
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- Johnny Thunders (guitare, chant)
- Jerry Nolan (batterie)
- Billy Rath (basse)
- Walter Lure (guitare)


- Born To Lose
- All By Myself
- I Wanna Be Loved
- It's Not Enough
- Chinese Rocks
- Get Off The Phone
- Pirate Love
- One Track Mind
- I Love You
- Goin' Steady
- Let Go



             



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