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HARD ROCK  |  STUDIO

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1971 Dust
1972 Hard Attack
 

- Style : Cactus, Cream
- Membre : Blue Öyster Cult, The Ramones , Billy Idol , Brian Setzer , Joan Jett

DUST - Dust (1971)
Par LE KINGBEE le 3 Mars 2017          Consultée 980 fois

Les souvenirs de ce disque me ramènent quelques années en arrière, à l’époque du lycée. Elève quelconque, plus intéressé par le petit combo au sein duquel je jouais et le sport, j’avais apporté ce disque lors d’une fête de Noël organisée par ma classe. La professeure principale n’avait je crois pas une haute opinion de ma personne, la découverte de cette pochette ne contribua pas à améliorer son ressenti. Aujourd’hui, je me dis qu’il aurait peut être été plus malin d’apporter un disque plus accessible, mais je n’aurais jamais pu jouer « Stone Woman » et « Loose Goose » et apporter ainsi un bref aperçu de mon talent juvénile.

Fondé à New York à la fin des sixties par un trio de gamins encore lycéens, ce premier disque éponyme me laisse comme un arrière goût dans la bouche (en dehors de celui évoqué plus haut). Il y a quelques années, j’ai revendu ce disque pour une broutille alors que l’album se négocie aujourd’hui aux environs de 1400 €, selon les pressages. De mémoire, le disque qui passait sur ma platine provenait du 5ème pressage, celui avec l’étiquette sur laquelle Adam et Eve s’ébattent dans le jardin d’Eden, le meilleur au niveau de la qualité sonore. Pas trop de regrets, le disque ne passait plus sous la pointe de ma platine, mais quand même.
Il semble que « Dust » ait subi une sur cotation depuis que Sony Music a réédité les deux premiers albums du groupe sous forme de coffret. Certains collectionneurs se sont jetés sur le 33 tours en guise d’investissement. Au moment où j’écris ces lignes, un vendeur hollandais propose même le premier pressage du vinyle d’occasion pour la modique somme de 3000 €.
L’argent dans tout ça, nos trois jeunes rockeurs originaires de Brooklyn n’y pensaient certainement pas au moment d’enregistrer leur disque. Pour eux, être signés par le label Kama Sutra de Neil Bogart (futur patron de Casablanca Records) relevait du rêve*. Pensez donc, du jour au lendemain alors que la notoriété du trio ne dépassait pas les frontières de New York et du New Jersey, le groupe se retrouvait propulsé en première partie de KING CRIMSON, URIAH HEEP, ALICE COOPER, John MAYALL, Vanilla Fudge et consorts, alors que les trois gamins se coltinaient leur dernière année de lycée.

Commençons cette modeste chronique par étudier cette pochette festive avec ces trois squelettes. Cette illustration provient d’une carte postale des catacombes de Rome et nous sert d’indicateur sur le répertoire, du Heavy Rock. Fondé la même année que CACTUS, DUST propose un répertoire assez proche de Vanilla Fudge, Blue Cheer, MOUNTAIN, voire de CACTUS. Contrairement à ses confrères, DUST gomme totalement les sonorités noires du Blues et de la Soul parfois utilisées par ces groupes. Idem au niveau du groove et des influences anglaises. DUST fait plutôt dans le lourd et le gros son annonciateur du futur Metal.
Attaquons-nous maintenant au parcours de ces trois gamins qui feront bientôt parler d’eux dans différents domaines, car nos trois rockeurs vont, comme tout un chacun, grandir. Le bassiste Kenny Aaronson, également présent sur ce disque à la slide, steel guitar et au dobro, enchaînera au fil des années des collaborations pour de nombreuses vedettes : Rick Derringer, Foghat, Brian SETZER, BLUE OYSTER CULT, Billy IDOL, Joan Jett, Graham Parker, MOUNTAIN, NEW YORK DOLLS, et plus récemment, en 2015, lors de leur reformation : les YARDBIRDS (enfin ce qu’il en reste). A la lecture de ces quelques noms, on peut imaginer que le réputé et talentueux musicien ne fait pas trop dans la tendresse. Le jeune batteur Marc Bell s'est fait connaître par la suite sous le pseudonyme de Marky Ramone, futur membre des Voidoids de Richard Hell et des RAMONES. Un musicien dont les baguettes ne prônent guère la sentimentalité et la délicatesse. Le chanteur guitariste Richie Wise remisera sa guitare au placard après la dissolution du groupe en 1972 pour s’orienter dans les domaines de la production, de l’arrangement et du son. A son actif, Wise produira Gunhill Road, Gladys Knight & The Pips, Steve Marriott, Badfinger, Savoy Brown, la chanteuse Teena Marie et surtout KISS. Bien que ne chantant pas sur l’album, un quatrième larron peut se targuer de faire partie du groupe. Kenny Kenner, jugé pas assez bon chanteur, il évoluera auprès du trio comme parolier, producteur et manager. Lié par une solide amitié avec Richie Wise, les deux potes feront équipe dans la production jusqu’au décès de Kenny en 2014.

Considéré comme l’un des premiers groupes d’Heavy Metal US, DUST pourrait, à la lecture des précédentes lignes, faire penser qu’il s’agit encore d’un groupe de besogneux hard-rockers, plus intéressés par les décibels et la fureur. Cette synthèse rapide paraît un brin réductrice du répertoire, DUST s’avère plus éclectique et plus ambigu que certaines formations de l’époque. Si « Chasin’ Ladies » diffuse son lot de décibels avec une guitare incisive et un chant porté bien haut, le trio parvient à nuancer le titre avec d’intéressants changements de rythmes, de bons solos de gratte qui envoient le pâté quand il le faut et quelques zestes Psyché. Avec un titre comme « Love Me Hard », on peut s’attendre à tout ou presque. Heavy Rock par excellence avec gros riffs de guitare, des baguettes en colère, ce titre bénéficie d’une brève rupture de tempo par le biais d’une guitare acoustique pour repartir de plus belle. Avec son intro marquée par deux gros coups de gong, le long « From A Dry Camel » (presque 10 minutes) monte crescendo avec de fréquentes altérations de grain, un morceau qui pourrait s’inscrire sur un disque de Glenn Hugues. Le trio se montre à son aise sur le créatif et mélodique « Often Shadows Felt » avec un long chorus acoustique aux effluves Folk Psyché rappelant certaines inflexions de PROCOL HARUM ou des MOODY BLUES. Mais la meilleure preuve de l’éclectisme du groupe demeure l’excellent « Goin’ Easy », un Folk White Blues débutant en acoustique avec le dobro et dont le groove monte petit à petit avec une ligne de basse bien ronde.
Deux morceaux se détachent de l’album, ceux qui seront édités en single : l’instrumental Rock' n' Roll « Loose Goose » qui donne l’impression de sortir d’une jam au rythme endiablé, la section rythmique s’y montre dévastatrice, on comprend mieux pourquoi Marc Bell intègrera les RAMONES.

Concluons avec le morceau phare de l’album, celui qui ouvre les hostilités : « Stone Woman », titre alléchant au possible (homonyme d’une future chanson de Bryan FERRY). Si le morceau débute curieusement sur un fugace sifflement, il laisse place à une slide qui tel un ouragan dévaste tout sur son passage, une véritable pièce de Heavy Rock colorée de Southern Rock, avec une batterie qui ne lâche pas la cadence une seconde. Un obscur titre du début seventies qui aurait sa place au Panthéon du Hard Rock. Rien que pour ce titre, ce disque éponyme produit sans chichi mérite une note frisant les sommets.

*Lors d’une interview réalisée en 2013, Kenny Aaronson déclarait qu’avoir signé pour Kama Sutra n’avait pas été couronné de succès. Si le disque figurait bien dans la devanture de nombreux disquaires new-yorkais, le manque de suivi et de promotion du label a été fatal au trio.

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   LE KINGBEE

 
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- Richie Wise (chant, guitare)
- Kenny Aaronson (basse, dobro, pedal steel,guitare)
- Marc Bell (batterie, percussions)


1. Stone Woaman.
2. Chasin' Ladies.
3. Goin' Easy.
4. Love Me Hard.
5. From A Dry Camel.
6. Often Shadows Felt.
7. Loose Goose.



             



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