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- Membre : Hudson

Ibrahim MAALOUF - Kalthoum (2015)
Par MARCO STIVELL le 31 Mars 2017          Consultée 674 fois

Comme on a pu le dire pour Red & Black Light, Ibrahim MAALOUF publie deux albums en cette rentrée 2015 et de façon simultanée. Kalthoum est le versant acoustique de ce projet riche en émotions, la face blanche ou le diamant noir. Le trompettiste ténébreux a souvent monté les escaliers avec ses chaussures blanches sous son costume noir pour aller chercher des prix et récompenses ces dernières années.

De façon personnelle, le succès massif d'Ibrahim MAALOUF m'intrigue quelque peu, mais cela ne concerne ni son talent ni sa personne. Sa musique, très spécialisée, absolument pas populaire à l'origine, se retrouve d'un coup sous le feu des projecteurs dans un pays où les goûts "de base" n'ont absolument rien à voir avec elle, les médias aux grands réseaux faisant bien peu d'efforts pour la soutenir d'habitude. Combien de gens savent que depuis quarante ans, les accompagnateurs des CABREL, GOLDMAN etc et musiciens des plus grands tubes en France sont souvent d'anciens instrumentistes de jazz fusion/rock progressif, qui ont fait partie de MAGMA et consorts, qui en jouent encore dans leurs projets "secondaires" ? Et encore, on ne parle que d'eux et elles, ces quelques dizaines d'hommes et de femmes déjà difficiles à nommer, les Top, Delacroix et compagnie qui pourtant sont tout le temps là, plus ou moins dans l'ombre. Combien d'amateurs de pop et de variété écoutent Kalthoum et Red & Black Light avec l'envie de creuser dans cette voie ? Il sera intéressant de répondre à cette question dans quelques temps, en espérant que le succès de MAALOUF (largement mérité) ne sera pas exclusif dans un domaine si exigeant.

Exigeant, ce disque l'est d'ailleurs, tout comme son pendant électrique, en termes de progression musicale, pas de son. Le son, c'est le jazz "que l'on a l'habitude d'entendre", sauf que là ça marche encore une fois, ça plait plus facilement. Et re-encore une fois, ça se comprend, même si d'un point de vue personnel, c'est moins bon qu'en électrique.

L'apport du saxophone de manière systématique apporte autant de richesse à la musique qu'il peut donner le sentiment de faire de l'ombre à la trompette magique. On ne peut nier que les passes entre les instruments sont fortes, tout comme les refrains en choeur, comme c'est le cas dans le "Movement III". La musique est d'une essence jazzy pleine et resplendissante comme développée depuis les années 40-50 en dehors des big-bands, par le bebop, Miles DAVIS et son Kind of Blue. On apprécie la qualité des modes mélodiques orientaux, y compris la fameuse anatole andalouse au milieu du "Mouvement IV" (c'est la même que dans "Hit the Road Jack").

Les musiciens sont aussi différents, Larry Grenadier a beaucoup joué avec Brad MEHLDAU, Frank Woeste avec Médéric COLLIGNON et d'ailleurs, son piano chaleureux s'éloigne considérablement des synthés de Red & Black Light. La rythmique montre la même dynamique, en devant faire preuve de plus de délicatesse notamment dans les passages calmes. Peut-être ceux-ci auraient-ils mérité d'être mieux marqués encore ? Ou est-ce justement la variation des ambiances trop forte avec celles de Red & Black Light, plus jazzement basiques ici ? De toute évidence, votre serviteur a plus de mal à en parler, et à les apprécier d'abord ! D'un point de vue objectif, les non-amateurs de rock progressif se dirigeront plus logiquement vers ce disque-là.

Si on aime Ibrahim MAALOUF, son timbre et le fait d'aller de surprise en surprise, le disque s'écoute très bien et on se sent aisément interpellé à tel ou tel moment. Il est en fait dédié à Oum KALSOUM ou Kalthoum, ambassadrice en musique du monde arabe, cantatrice du peuple comme on l'appelait jusqu'à sa mort en 1975, grâce à son talent, sa carrière et ses engagements caritatifs. De quoi honorer parfaitement le projet du musicien et illustrer majestueusement l'idée commune entre les deux facettes proposées : parler des femmes avec des notes, rien que des notes, toujours des notes, mais pas les mêmes notes (DALIDA avait en commun avec KALSOUM d'être née en Egypte) !

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   MARCO STIVELL

 
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- Ibrahim Maalouf (trompette)
- Mark Turner (saxophone)
- Frank Woeste (piano)
- Larry Grenadier (basse)
- Clarence Penn (batterie)


1. Introduction
2. Overture I
3. Overture Ii
4. Movement I
5. Movement Ii
6. Movement Iii
7. Movement Iv



             



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