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Ibrahim MAALOUF - S3ns (2019)
Par DERWIJES le 4 Décembre 2019          Consultée 481 fois

Ibrahim MAALOUF, c’est un artiste qui fait du bien. Déjà parce qu’il fait de la bonne musique. Une musique à la fois abordable et recherchée qui ne prend pas l’auditeur pour un gogo. Mais il fait surtout du bien parce que le succès public et critique qu’il rencontre secoue le status quo. Eh oui, en 2019 un trompettiste de jazz peut avoir du succès, n’en déplaise à ceux qui trouvent le jazz ringard et aux obstinés qui continuent de dire que son métissage des genres n’est pas du jazz !

Alors, quand il sort un nouvel album studio, entre deux B.O. de films et dix collaborations, c’est forcément la fête. Pour cet onzième effort (rappelons que son premier album en tant que leader date de 2007) il a été prendre un bain de soleil du côté de Cuba et des îles caribéennes. Son intérêt pour l’île aux cigares dépasse l’aspect météorologique pour chercher plus loin, auprès d’un traumatisme plus profond : de ses mots lors d’une interview, il retrouve chez les Cubains la même capacité à rebondir et à s’adapter aux instabilités que dans son Liban natal (alors en pleine guerre lors de sa naissance). Il en a en tout cas profité pour ramener dans ses bagages de nouvelles inspirations et trois musiciens cubains : Harold Lopez NUSSA, Alfredo RODRIGUEZ et Roberto FONSECA, comme lui enfants de la culture française.
Mais les guest-stars qui ont fait parler d’elles sont Barack OBAMA et Salvator ALLENDE ! Les deux anciens présidents apparaissent en citation sur le titre d’ouverture « Una Rosa Blanca », le premier récitant un poème de José Marti et le deuxième un discours, deux messages de paix à l’intention d’une région pour qui 2019 aura été une année trouble.

Mais, à l’image de sa pochette, S3NS, comprenez « Sens » (pas très fan de cette mode de mettre des nombres dans les titres d’albums et de chansons, si vous me pardonnez ce commentaire de vieux con complètement inutile), recèle bien d’autres couleurs. Ce serait trop facile de dire qu’Ibrahim MAALOUF a ici fait un disque entièrement latinisé, alors qu’il y cache bien d’autres influences : Pop, africaines, orientales, aucun continent n’échappe à celui qui a l’oreille curieuse. Avec ses rythmiques en béton, ses cuivres qui cassent la baraque et ses percussions endiablées, ce disque a tout pour plaire. Tout, ou presque. Ah, la partie qui fâche ! Que va-t-il lui reprocher ? Les deux premières écoutes de l’album sont passées d’une traite. La musique s’écoute avec facilité, aussi propice à une écoute en arrière-fond qu’à une écoute attentive. Elle met de bonne humeur et donne immédiatement la pêche, la banane, la poire, la pomme. Pourtant ! A partir de la troisième écoute, on commence à voir apparaître quelques broutilles, petit défaut dans une cuirasse qui les cache bien.
Déjà, et c’est évidemment un avis très personnel, il y a une certaine homogénéité dans l’ensemble. Sûr, les ambiances et les influences varient d’un morceau à l’autre, mais ça se sent que ça a été fait dans le même moule. Du coup, j’ai du mal à dégager un morceau plutôt qu'un autre : si je devais choisir un favori, ce serait peut-être la conclusion « Radio Magallanes » qui profite de ses dix minutes pour s’installer confortablement. Ensuite, à partir de la quatrième écoute, il y a une certaine…pas lassitude, le terme est trop fort, mais disons plutôt langueur qui s’installe. Une fois les rythmes latino-cubains apprivoisés, on se rend compte que le tout est bien propice à la sieste.

Alors, 3/5 et 4/5 ce S3NS ? Pas 5/5 déjà, je ne peux m’empêcher d’être injuste et de le comparer à son grand frère Red & Black Light, pour l’instant pièce maîtresse de l’œuvre du trompettiste.
Finalement, cela se jouera à un point près. Malgré ses quelques défauts, c’est tout de même un album réjouissant. Alors que les médias font tout pour nous présenter une actualité musicale aussi morose que possible, la popularité toujours croissante d’Ibrahim MAALOUF est une réalité bien plus agréable.

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   DERWIJES

 
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- Ibrahim Maalouf (trompette)


1. Una Rosa Blanca
2. Happy Face
3. S3ns
4. Harlem
5. Na Na Na
6. N.e.g.u.
7. Gebrayel
8. All I Can't Say
9. Radio Magallanes



             



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